Emploi et politiques sociales

Les Français et l'entreprise - Réponse de Eric Besson

Colloque "Mettre l'emploi au coeur de la campagne"

12 février 2007 • l'équipe de la Fondation iFRAP

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La question que je voudrais vous poser au nom de nos 100 000 entrepreneurs est la suivante : Même s'il est naturel que les entrepreneurs se prennent en main pour aller raconter leur expérience à des jeunes, que pouvez-vous faire, vous, les politiques, pour nous aider, bien au-delà des mesures techniques, pour véhiculer dans ce pays la culture d'entreprendre et faire qu'un jour, en France, on aime nos entrepreneurs autant qu'on aime nos footballeurs ?

Éric Besson - Au-delà de la question, c'est plus globalement la réconciliation des Français avec l'entreprise ; c'est en tout cas comme ça que Ségolène Royal souhaite aborder cette campagne électorale. Je crois qu'il faut réconcilier les Français avec le progrès technologique, social et avec l'entreprise, avec ce que vous venez d'évoquer et qui est très juste ; c'est l'économie « casino » qui est en général médiatisée et critiquée : très gros salaires, parachutes, stock options, etc., et tout le monde sait bien que ce n'est pas le quotidien de 95 % des chefs d'entreprise de France, mais c'est malheureusement ce que l'on entend dire et qui porte préjudice à l'image de l'entreprise.

Ségolène Royal a fait des propositions pour le rapprochement entre les entreprises, l'école et l'université. Convenons que ce n'est pas traditionnellement le discours que l'on entend chez les candidats de gauche. Elle a par ailleurs fait des propositions concrètes pour accompagner les créateurs – je la cite textuellement, « sécuriser le parcours des jeunes créateurs par le soutien et la simplification à la création d'entreprise, la généralisation des ateliers de la création dans toutes les régions – elle fait référence à ce qu'elle a fait en Poitou-Charentes –, l'amélioration de la protection sociale des entrepreneurs et la mise en place d'un mécanisme de cautionnement mutuel pour ceux qui garantissent les emprunts de leur entreprise sur leur patrimoine privé ».

Hervé Morin a eu raison d'évoquer le Small Business Act, la loi initiale, même si elle a été souvent amendée, mais la grande leçon de ce que font les Américains, et ce qui est vrai aussi pour les Canadiens, c'est que contrairement à ce que l'on croit en France, la création d'entreprise est une affaire d'État au sens où l'État s'implique de façon extrêmement importante. Il y a un tissu d'aides à la création d'entreprise extrêmement développé, qui coûte cher et sur lequel les États-Unis s'investissent, avec un accompagnement en amont, mais aussi en aval. Au Canada, par exemple, le créateur d'entreprise, après son acte de création, bénéficie d'aides gratuites d'un plafond limité pour obtenir l'assistance d'un directeur des ressources humaines ou du marketing ou encore d'un directeur financier, pendant les deux premières années de la création de l'entreprise.

Vous avez raison, réconcilier les Français avec l'entreprise passe par une révolution culturelle, mais aussi par un certain nombre d'outils concrets.

Cet article fait partie du colloque Mettre l'emploi au cœur de la campagne

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