Emploi et politiques sociales

Le Monde : « Manipuler les chiffres »

14 mars 2008 • Sandrine Gorreri

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C'est sous ce titre que Philippe Eskenazy, directeur de recherche au CNRS et à l'Ecole d'économie de Paris, a publié une chronique dans Le Monde du 04 mars 2008.

Il y aborde notamment les conclusions du Rapport Attali, reconnaissant que la France a, avec la Suède, le plus fort taux de dépenses publiques, loin devant la Grande-Bretagne. Mais l'explication est selon lui assez simple : la France aurait, à peu près, le même taux de dépenses régaliennes que la Grande-Bretagne. En revanche, c'est pour les dépenses sociales et culturelles que la France s'illustre avec 31,4% contre 23,3% pour la Grande-Bretagne. Et de conclure « Si on transfère une bonne part de la protection sociale de la Sécurité sociale à des assurances privées obligatoires (par exemple des caisses de retraite mutuelles paritaires), comme en Suisse ou en Finlande, la France sera enfin dans la moyenne des dépenses publiques en Europe. » Ainsi donc il ne s'agirait que d'un simple transfert à ses yeux ! Qu'un chercheur au CNRS, professeur d'économie, puisse laisser entendre cela, laisse sans voix... Car il semble, bien au contraire, qu'en transférant à des caisses en situation de concurrence le poids des prélèvements serait considérablement abaissé ! Car il est évident à la lecture des dizaines de rapports des corps d'Inspection ou de la Cour des Comptes que des gains de productivité considérables sont possibles en matière de dépenses sociales. L'auteur termine par ces mots : « Les citoyens et les politiques ont tout à gagner à savoir décrypter les chiffres pour mieux poser les débats démocratiques ». Au moins là-dessus nous sommes d'accord !

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