Emploi et politiques sociales

"ISF TEPA" donne un coup d'accélérateur au capital-risque

09 octobre 2008 • Sandrine Gorreri

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La semaine dernière nous avons évoqué le manque de business angels qui est le problème numéro 1 du financement des entreprises en France, et non l'absence de capital-risque.

Un autre argument souvent avancé pour défendre le capital-risque est le retard français comparé à la référence européenne en la matière, c'est-à-dire le Royaume-Uni. Les informations sont souvent difficiles à comparer et les plus connues sont celles de l'EVCA [1]. Pour 2007, cette association professionnelle basée à Bruxelles, nous dit que le Private Equity, l'industrie du capital-risque au sens large, représente en Europe 74 milliards d'euros d'investissement dans 8400 entreprises. Le Royaume-Uni représente 27% des investissements (soit 21 milliards €) et arrive en tête des pays bénéficiaires, la France représente 15% (soit 11 milliards d'€)

Même si l'essentiel de ces investissements est encore mobilisé par les opérations de LBO [2], les opérations de capital-développement pourraient rattraper le niveau du Royaume-Uni. L'AFIC (Association Française des Investisseurs en Capital) annonce des chiffres qui ont bondi au 1er semestre 2008 sous l'effet de la loi ISF-TEPA [3] : +70% en fonds levés en capital-développement, +55% en entreprises soutenues dans ce créneau d'intervention. Au total, les fonds représentent 8,8 milliards d'€ au premier semestre 2008 contre 10 milliards € en 2007 (année pleine). Le retard français en capital-développement devrait donc se résorber.

Mais, il faut souligner que le Royaume-Uni bénéficie de financements en amorçage bien supérieurs à ceux réunis en France, notamment grâce à des dispositifs fiscaux - EIS [4] et VCT [5] - fléchés vers les petites entreprises et dont les plafonds de défiscalisation sont très supérieurs aux nôtres (800 000 £ contre 40 000 € pour le Madelin de déduction d'IR pour un ménage). Des incitations aux Business Angels anglais qui permettent de mobiliser près de 1 milliard d'€. Des chiffres qui nous rappellent que, pour développer la chaîne de financement qui permet de faire croître nos entreprises, tous les niveaux d'intervention ont besoin d'être encouragés et que sans business angels, sans financement en amorçage, le capital-risque ne peut pas trouver d'entreprises à développer.

[1] European Venture Capital Association : Association européenne des sociétés de capital risque

[2] Leverage Buy Out, ou rachat par effet de levier

[3] Plus précisément les mesures de la loi travail emploi et pouvoir d'achat votée en août 2007

[4] Enterprise Investment Scheme, consistant à donner un avantage fiscal aux personnes physiques investissant dans les PME

[5] Venture Capital Trust, équivalent de nos fonds communs de placement

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