Emploi et politiques sociales

Introduction. Où est le pouvoir à l'hôpital ?

Colloque "Hôpital public : quel avenir ?" Partie II. 1

23 mars 2005 • Agnès Verdier-Molinié

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Par Paul-Henri Cugnenc. Modérateur

Je ne suis pas sûr que l'intitulé de cette deuxième table ronde soit un bon titre. Je le dis d'autant plus librement et d'autant plus simplement que c'est moi qui l'ai choisi. Je me méfie des mots, surtout quand ils risquent d'occulter la réalité et le bon sens. A l'hôpital, nous savons tous où est la crise et nous ne savons pas très bien où se situe le pouvoir. L'hôpital ne doit pas échapper à une approche pragmatique, simpliste, démocratique. Si j'emploie ce terme, c'est parce que, dans une démocratie qui est faite pour le citoyen, nous n'imaginerions pas un débat sur le pouvoir qui ne correspondrait pas à ce que souhaite le citoyen. En parallèle, l'hôpital est fait pour les malades et nous pourrions très bien imaginer un débat sur le pouvoir, sans jamais consulter les malades ou sans savoir ce qu'ils attendent.

Ce que les malades attendent du pouvoir, ce n'est pas du tout ce qui est au cœur de nos débats d'aujourd'hui. Les malades cherchent, à l'hôpital, des équipes qui ont un pouvoir sur la maladie, quant à nous, lorsque nous parlons du pouvoir à l'hôpital, nous sommes un peu éloignés de ce type d'attente. C'est pourquoi je me méfie des mots, d'autant qu'à l'époque où nous étions encore jeunes, nous avons vu des équipes qui ne se souciaient pas du problème des malades et qui débitaient néanmoins toute leur stratégie en expliquant que le malade était au cœur de leurs préoccupations.

En fait, la maladie, je sais ce que c'est. La thérapeutique ancienne ou la thérapeutique nouvelle, je crois savoir. La gouvernance, ancienne ou nouvelle, je ne suis pas sûr de savoir. C'est pourquoi je pense qu'il faudrait en revenir à des choses simples que tout le monde comprend, à des éléments de bon sens qui pourraient nous rapprocher et à partir desquels nous pourrions réellement construire quelque chose. Je rêve quelquefois d'une espèce d'audit en toute originalité, qui ne serait pas établi par un grand médecin, ni par un haut fonctionnaire, ni par un ancien directeur d'hôpital hautement responsable qui n'aurait fait le constat que l'hôpital marche mal qu'après avoir été lui-même hospitalisé. Je rêve d'un audit qui serait fait par quelqu'un qui ne connaîtrait rien à l'hôpital, un individu de bon sens. Je n'ai pas dit un Français moyen car, en dehors de l'hôpital, le Français moyen est celui qui a du bon sens. A l'hôpital, l'individu moyen, c'est celui qui n'en a pas.

Cet article fait partie du colloque sur l'avenir des hôpitaux public.

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