Emploi et politiques sociales

Impact social de la Crise - Qui sont les vraies victimes ?

22 janvier 2009 • Philippe François

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D'après les derniers chiffres de l'INSEE, en 2005, le revenu moyen des ménages en France était de 2.617 € par mois et le revenu median de 2.094 €, chiffres prenant en compte les revenus d'activité et du patrimoine, les retraites et les prestations sociales. L'iFRAP n'est pas résigné à ce faible niveau, ni aux 2 millions de chômeurs, ni au million de RMIstes, résultats de décennies de politiques néfastes. Son action vise à ce que cela change. Mais qui la Crise touche-t-elle vraiment en ce début 2009 ?

Du 1er janvier au 31 décembre 2008, les prix n'ont augmenté que de 1%. Une moyenne calculée par l'INSEE, souvent contestée mais qui s'avère valable pour la quasi totalité de la population. (voir notre article sur l'inflation 2008)

C'est un fait : la situation des Français dont les revenus sont indexés sur l'inflation ou ont augmenté d'au moins 1% en 2008, ne s'est pas, à ce jour, dégradée.

Heureusement ces catégories sont nombreuses : fonctionnaires et salariés des entreprises publiques, bénéficiaires du RMI, salariés payés au SMIC, retraités, salariés des organismes sociaux (CNAM Caisses de Retraites ….). Déjà la situation de ces quelque 15 millions de personnes est au pire restée stable. Dans le secteur privé, les catégories sont moins homogènes mais une très grande majorité des salariés et des professions indépendantes ont vu leurs revenus progresser d'au moins 1%. Leur nombre est plus difficile à évaluer. De même, les diverses allocations chômage, familiales et sociales ont toutes été relevées d'au moins 1%.

Occupons-nous d'abord des véritables victimes de la crise

Mais il existe de véritables victimes de la crise dont la situation en ce début 2009 est moins bonne voire beaucoup plus mauvaise qu'un an auparavant :

- D'abord ceux, salariés ou non, qui perdent leur emploi et sont au chômage (62.000 de plus en novembre 2008) ; ensuite ceux qui sont mis en chômage technique et perdent un pourcentage important (souvent 30%) de leur salaire ; et ceux auxquels de moins en moins d'heures supplémentaires sont proposées.
- Les chômeurs et les nouveaux entrants sur le marché du travail qui ont moins de chance de trouver un emploi.

- Les entrepreneurs dont l'entreprise est en difficulté allant de la baisse d'activité à la faillite, sont aussi sévèrement touchés par la crise.

- Les acheteurs de logements incapables de revendre leur logement actuel et piégés par leur crédit relais.
- Les actionnaires qui ont perdu de 30 à 50% de leur patrimoine

La crise semble bien être l'occasion, pour toutes sortes de catégories, de mettre en avant leurs revendications. Elles peuvent être justifiées, améliorer sa situation est légitime. Mais il est important que la solidarité spécifique à la crise s'exerce uniquement envers les victimes de la crise, pas envers ceux qui cherchent à profiter de la situation en se faufilant dans la queue du guichet des aides.

Commentaires

  • Par amygdales60 • Posté le 28/01/2009 à 21:08 Votre dernier commentaire :"ceux qui cherchent à profiter de la situation en se faufilant dans la queue du guichet des aides." est une réalité française incontournable.

    Mais il est à craindre qu'il n'y ait pas seulement les salariés qui tentent leur chance... les fraudes font partie du jeu social français. C'est le sport national tel que dénoncé par un ancien juge vedette du pôle financier du TGI de Paris.

    Un remède : à chaque dispositif nouveau associer le dispositif de contrôle (procédures, moyens, budget) ce qui n'est pratiquement jamais fait. Alors après on s'étonne à l'URSAFF, aux ex ASSEDIC, dans les CAF, même maintenant dans les files d'attente des restos du coeur, qu'il y a de la fraude. Une Loi, un réglement voté sans les moyens effectifs de contrôle et de vérification, c'est comme cela que l'on encourage les fraudeurs.

    Le nouveau dispositif du RSA va ainsi produire son lot de profiteurs du dispositif et tout le monde s'étonnera dans quelques années.

    Quant aux aides diverses envers les entreprises sous le doux vocabulaire "d'optimisation sociale" ce sont près de 40,2 Milliards d'Euros de fraudes aux prélévements obligatoires, 14,6 milliards d'Euros de fraudes aux cotisations sociales dont une part non négligeable dans le transfert en heures supplémentaires d'heures normales de travail et dans le travail illégal, qui ont été pointés du doigt en 2007.(Voir rapport du Conseil des prélévements obligatoires de 2007).

    Quant aux banques et ce qu'elles feront en contrepartie des deniers du contribuable venus en renfort de leurs fonds propres il est à craindre de belles surprises à la hauteur des montants engagés.
  • Par DT • Posté le 28/01/2009 à 12:58 Bien que je possède un important portefeuille d'actions, je ne considère pas avoir perdu quoi que ce soit EN 2008, du fait que je n'ai rien vendu. Ceux qui ont perdu sont les traders et autres vendeurs à découvert qui devraient assumer le risque qu'ils prennent au même titre que les profits qu'ils enregistrent dans d'autres circonstances.

    Pour ceux qui, comme moi, investissent sur le moyen ou le long terme, les pertes sont à venir et risquent d'être sévères. En 2009 et sans doute au-delà les profits des entreprises ont toute chance de diminuer substantiellement et les dividendes avec eux. C'est là que se manifesteront les pertes.
  • Par amygdales60 • Posté le 28/01/2009 à 11:28 Qu'est-ce que comprend cet indicateur et qui concerne-t-il s'agissant des ménages ?

    Par ailleurs le terme revenu ne veut pas dire salaire. Qu'entend-on par revenu... salaires, primes, intérêts d'épargne, loyers encaissés, dividendes boursiers, revenus fonciers, allocations diverses... etc.,etc.

    Sans l'affichage de ces détails l'article s'affiche dans le flou et apporte de la confusion dans les esprits.

    Merci pour vos éclairages.
  • Par Christophe • Posté le 28/01/2009 à 10:47 Il serait temps que l'iFRAP, fasse une étude sérieuse sur le nombre réel de chômeurs en Françe, et cesse une bonne fois pour toutes d'annoncer le chiffre de 2 millions de chômeurs.
    J'en ai vraiment marre de vivre dans l'hypocrisie et le mensonge!

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