Emploi et politiques sociales

Ecart entre salaire brut et salaire net - Comparatif public privé

15 octobre 2009 • Agnès Verdier-Molinié

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Dans un précédent article s'appuyant sur les chiffres de l'INSEE, l'iFRAP mettait en exergue le fait que, pour un salaire moyen brut sensiblement identique de 2661 euros dans le privé et de 2682 euros dans le public d'Etat, soit 21 euros d'écart, l'écart entre les salaires nets était lui de 247 euros (2244 euros nets pour le public d'Etat face à 1997 pour le privé).

Les salariés du privé se retrouvent donc en moyenne avec 226 euros (247 – 21) en moins sur leur fiche de paie par rapport à leurs homologues du public d'Etat. Le salarié moyen du privé cotisant 226 euros de plus par mois.

Certains ont souhaité avoir des informations complémentaires pour comprendre d'où venait cet écart de 226 euros différence qui implique des taux de cotisation plus élevés pour le privé.

Cette différence vient des écarts de taux de cotisation majoritairement sur trois aspects : Assurance maladie, Assurance chômage et retraites.
Les taux de CSG et CRDS étant identiques pour les salaires public et privé et se calculant de la même façon sur 97% du salaire brut.

Si on additionne les taux de cotisations maladie, chômage, retraite et retraite complémentaire, la somme est d'environ 13,7% pour le secteur privé (attention, certains taux peuvent varier en fonction du montant du salaire) tandis que, pour les mêmes risques, la somme est de 6,73% dans le public d'Etat, soit au moins 7% de différence, on retrouve donc bien approximativement l'écart constaté entre les salaires nets du privé et du public.

Preuve que la solidarité sur la maladie, le chômage et les retraites ne joue pas à plein entre le secteur protégé et le secteur exposé.
Une « contribution solidarité » au chômage de 1% a été ajoutée ces dernières années mais nombre de fonctionnaires ne comprennent pas pourquoi ils doivent cotiser sur un risque qui ne les concerne pas étant donné qu'ils ont la garantie de l'emploi.
Il faut dire qu'en 2003, selon les chiffres de la DGAFP, seulement 52 agents de l'Etat avaient été licenciés sur plus de 2 millions.

Comparatif des taux de cotisations salariales
entre secteur privé et secteur public d'Etat
Salariés du privé
(salaire brut)
Salariés du public
Assurance

maladie
0,75 % 0 % *
Assurance

chômage
2 ,4 % Contribution solidarité de 1 % du salaire net
Retraite
6,75 % 7,85 % du traitement brut (hors primes) soit environ 5,5 % du salaire brut **
Retraite

Complémentaire
3 % RAFP
(seulement sur les primes et plafonné à 20 %)
0,77 % = 0,23 % du salaire total
AGFFF (retraite complémentaire à 60 ans) 0,8 %
Somme *** 13,7 % 6,73 %
* Le traitement du substitution est pris en charge par l'état et non par l'AM

** les primes représentent en moyenne 30 % du salaire brut

(source Ministère de la Fonction publique)

*** estimation car certains taux sont variables en fonction du salaire

Commentaires

  • Par PG • Posté le 17/10/2009 à 12:24 A quand une vraie réforme des régimes de "protection sociale" dans tous leurs aspects: cotisations sociales et couverture (maladie, chômage...etc) ET RETRAITES?
  • Par AM • Posté le 16/10/2009 à 12:04 Tant que le salarié du privé sera pénalisé de cette façon là en cotisations et plus tard en retraite par rapport au salarié du public il est pour moi évident que l'on ne trouvera que des gens qui veuillent travailler dans l'administration et non dans le privé.
  • Par nuncius • Posté le 16/10/2009 à 08:42 Il serait intéressant de calculer le cumul du déficit de cotisations des fonctionnaires par rapport aux privés depuis 50 ans par exemple, et de le comparer à la dette publique.

    Il y a peut-être le même ordre de grandeur. Dans ce cas, le confort social des fonctionnaires d'aujourd'hui est payé à crédit sur le dos de nos enfants. C'est totalement immoral.
  • Par M.FM • Posté le 15/10/2009 à 16:49 Votre article est très bon mais on voit bien que ces comparaisons sont très difficiles à faire et sujettes à contradiction pour un oui pour un non.
    Une seule chose à faire : prôner le "salaire complet". A partir de là, tout serait clair et rendrait les objections sans objet.

    Cordialement

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