Emploi et politiques sociales

DSK, France Télécom et la Poste

25 novembre 2008 • Bertrand Nouel

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Interviewé par Le Parisien (21 novembre) sur la crise et l'intervention de l'Etat, et interrogé en particulier sur le point de savoir s'il ne regrettait pas d'avoir privatisé France Télécom, Dominique Strauss-Kahn a eu la réponse la plus limpide et éloignée de la langue de bois qui soit : « Si on ne l'avait pas privatisée, France Télécom serait morte. Cela lui a permis de trouver des capitaux pour se développer dans la téléphonie mobile. » Diable docteur, c'est aussi grave que ça ?

Le parallèle avec La Poste s'impose évidemment, non pas seulement parce que cette déclaration est faite la veille même de la manifestation des postiers contre la privatisation de leur entreprise, ou encore parce que il y a deux décennies, téléphonie et poste étaient réunies dans les « P et T ». Mais parce que c'est exactement le même raisonnement que tient aujourd'hui Jean-Paul Bailly, l'actif Président de La Poste, raisonnement transposé dans les métiers de La Poste déjà ouverts à la concurrence pour lesquels des capitaux sont nécessaires. Le discours socialiste et syndical parle quant à lui de « casse du service public » et on ne saurait trop remercier DSK de s'en départir.

Après tout, certains peuvent toujours rêver d'un France Télécom resté au temps du 22 à Asnières dans la seule spécialité du téléphone fixe. On peut aussi rêver d'une Poste restée au temps du facteur de Jacques Tati assumant héroïquement sa tournée vélocipédique au nom du service public. Dans tous les cas de figure c'est la concurrence qui prend le relais pour les autres activités. Mais la différence c'est qu'avec la solution qui a été retenue de faire appel aux capitaux privés, nous avons maintenant une entreprise nationale florissante comme France Télécom qui assume tous les métiers et dans laquelle l'Etat est le seul actionnaire de référence et celui qui contrôle l'entreprise : certes l'actionnariat flottant (en Bourse) détient 69%, mais avec l'ERAP, l'Etat détient près de 28% de France Télécom, aucun autre actionnaire n'atteignant 5%. Pourquoi en serait-il autrement pour La Poste et où serait le problème ? Et si l'on voulait en revenir à l'époque héroïque, il faudrait aussi licencier des centaines de milliers de fonctionnaires qui n'auraient plus de travail. Est-ce vraiment ce que veulent les syndicats ?

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