Emploi et politiques sociales

Dépenses de protection sociale : La France championne d'Europe

... et du monde !

04 décembre 2009 • Bertrand Nouel

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C'est une statistique Eurostat de fin octobre qui est passée inaperçue, probablement parce que les Français s'intéressent peu aux comparaisons internationales. La France est, depuis 2007, championne du monde des dépenses de protection sociale, calculées en pourcentage du PIB (30,5%). Eurostat fournit les données pour l'Europe à 25, et l'on sait aussi qu'aucun autre pays dans le monde n'atteint les chiffres européens. Nous extrayons ci-dessous les données pour cinq pays significatifs ainsi que la moyenne européenne.


Dépenses totales de protection sociale en % du PIB

Lecture : La France, contrairement aux autres pays et particulièrement aux pays scandinaves traditionnellement en pointe à ce sujet, est le seul pays à ne pas avoir contenu ou diminué mais au contraire augmenté ses dépenses entre 2000 et 2007.

Rappelons que la protection sociale, à ne pas confondre avec la seule Sécurité Sociale, comprend les prestations de maladie/santé, vieillesse/invalidité, chômage, famille, logement et exclusion sociale.

Le total de ces dépenses se montait en 2007 à 550 milliards d'euros, dont environ les deux tiers au titre des deux premiers postes, ce qui soulève bien entendu les problèmes lancinants de la santé et des retraites.
Par ailleurs, Eurostat nous apprend aussi que la France consacre 4,1% de ses dépenses aux coûts administratifs de gestion. Elle se situe cette fois 1 point au-dessus de la moyenne de l'UE, ce qui fait quand même plus de 5 milliards d'euros (plus de 11 fois le coût du fameux bouclier fiscal) que l'on peut attribuer chaque année à une gestion laxiste ou déficiente du système.

Les années 2008 et 2009, pour lesquelles on ne dispose pas encore de chiffres comparés, doivent se traduire par une nouvelle augmentation des dépenses. On sait d'ores et déjà que les comptes sociaux seront dans le rouge de plus de 23 milliards d'euros pour 2009, et plus de 30 milliards sont attendus pour 2010.

Les Français sont, comme beaucoup d'autres, dans l'expectative la plus complète sur la résorption des déficits publics en général, ce qui n'est guère étonnant dans la mesure où la solution dépendra d'événements mondiaux. Mais la réduction du déficit des comptes sociaux en particulier est une question « structurelle » sur laquelle il n'est pas normal de ne rien entendre de précis de la part du gouvernement. Il faudra certainement faire feu de tout bois : résoudre le problème des retraites qui ne l'a absolument pas été en 2003, monter le taux ou élargir l'assiette des cotisations, réduire les niches sociales…Mais il faut aussi que l'on s'attaque sérieusement à stopper la progression des interventions de l'Etat, et en profiter pour baisser les coûts de gestion.

La France ne va pas pouvoir faire cavalier seul !

Commentaires

  • Par Simon Leblanc • Posté le 30/09/2010 à 10:51 la progession des dépenses de protection sociale en proportion du revenu national a été une des expressions du progrès économique et social de nos sociétés. En 1950, cette part ne dépassait pas 10% et on ne peut pas nier que depuis 1950 des progrès énormes ont été fait pour assurer une qualité des soins médicaux et garantir un plus grande sécurité d'existence des citoyens. Les prélèvement réels (frais d'administration)nécessaires au financement de la protection sociale sont minimes (moins de 5% des dépenses, la plus grande part sont des transferts inter-générationnels ou des transferts liés aux risques de l'existence (maladie par ex. On pourrait bien entendu diminuer ces transferts au profit des assurances privées mais cela ne changerait tien sur le plan économique puisque les coûts du viellissement resteraient identiques mais couverts d'une autre façon. Sur le plan de la cohésion sociale, ce n'est, bien entendu pas la même chose. La question qu'un tel tableau doit inspirer est de savoir quelles sont les forces et le faiblesses du système français qui a comme caractéristique (mais ce n'est en soi ni une qualité ni un défaut) d'être un des pays qui consacre beaucoup d'importance à financer sa protection sociale.
  • Par carole • Posté le 14/12/2009 à 14:44 Comme dans l'éducation ou l'exemple vient des parents,pour la population l'exemple doit venir des gouvernants sinon pas d'effets;en Suède vous oubliez de dire que le train de vie et les salaires des dirigeants ont été revus à la baisse:rien de tel pour favoriser les conduites responsables;en France les gabegies sont telles à tous niveau(tiens ,fait du jour:7.5millions d'euro pour la communication à l'Elysée!) que chacun ne se sent plus gêné d'abuser des droits.J'ai beau me soigner seul pour ne pas abuser de la sécu mais l'état gaspille 1.5 milliard dans un vaccin,des petits vieux désireux de mourir ?on leur fait des dizaines d'examens,scanners,opération et tutti...au fait Johnny a-t-il payé ses impots français?
  • Par Bertrand Nouel • Posté le 11/12/2009 à 19:44 Mais non, les riches ne payent pas "de moins en moins": les impôts qui les frappent viennent ces dernières années d'être augmentés (ou réaugmentés) de façon importante, à la seule exception du bouclier fiscal qui profite à très peu de personnes et aussi aux classes moyennes. Ne soyez pas victimes de l'intox et renseignez-vous sur les impôts même s'ils ne vous concernent pas.

    Quant au "système financier", je suppose que vous visez les banques, il n'a pas coûté un sou au contribuable.
  • Par bertrand • Posté le 11/12/2009 à 19:44 Ce qu'il faut réduire ce sont les dépenses inutiles, les gaspillages, les évasions fiscales ... et non la protection sociale qui doit permettre à ceux qui sont en difficulté de s'en sortir grâce à la solidarité.
    Ce qui claire c'est que les plus riches payent de moins en moins et qu'actuellement la solidarité avec les personnes en difficulté se fait de moins en moins avec eux.
    Avec la crise financière on voit même que c'est le contribuable moyen qui vient au secours du système financier mis à mal par les plus riches.
    Cordialement vôtre

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