Emploi et politiques sociales

Déficit de l'Assurance Maladie : les assurés paient

Les Complémentaires santé augmentent, malgré les affirmations du gouvernement

12 décembre 2008 • Philippe François

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Si vous n'avez pas reçu un courrier de ce genre de la part de votre mutuelle ou complémentaire santé, ce sera pour bientôt, des millions sont déjà arrivés :

"Les mesures gouvernementales annoncées le 29 septembre 2008 sur la diminution du déficit de l'Assurance Maladie prévoient que, dès le 1er janvier 2009, tous les Organismes intervenant en complément du Régime Obligatoire devront contribuer à la couverture de ce déficit à hauteur de 1 milliard d'euros. Une partie de cette augmentation sera répercutée sur votre contrat via une majoration de 3% appliquée à la prochaine échéance 2009".

En annonçant que "Les complémentaires santé n'auront aucune raison d'augmenter leur tarif", le gouvernement avait outrepassé son rôle qui n'est pas de gérer les entreprises. Comme prévu, les complémentaires santé vont plus ou moins rapidement répercuter ce prélèvement de 1 milliard sur les assurés.

En 2006 c'était la taxation anticipée des PEL (Plans d'Epargne Logement), en 2007 le forfait de 18 €, en 2008 les Franchises médicales et pour 2009 c'est la taxation des Complémentaires santé. Tant qu'aucune réforme de fond de notre système de santé ne sera mise en place, chaque année, les gouvernements appliqueront de nouvelles rustines et les assurés-contribuables combleront le trou permanent de l'Assurance Maladie.

La réforme nécessaire est pourtant connue et appliquée dans des pays très proches comme l'Allemagne et les Pays-Bas : ouverture à la concurrence de l'assurance maladie obligatoire. Cette mesure entraînera rapidement la restructuration nécessaire de notre système de soins, à commencer par celle des hôpitaux, et une véritable prise en charge des assurés, d'abord par la prévention, puis tout au long des phases de la maladie.

Commentaires

  • Par Dr J-F HUET • Posté le 19/03/2010 à 13:03 La commission Legmann chargé de réfléchir sur la refondation de la médecine libérale s'est réunie dans une quasi-clandestinité et probablement inutilement tant qu'on se refusera a envisager le remplacement du système d'assurance maladie actuel.

    La médecine libérale est co-gérée par l'Etat et par des syndicats anti-libéraux non représentatifs des cotisants et des contribuables, et qui ne font que la tolérer. Les barons syndicaux du système s'accrochent à la gestion des comptes sociaux qui est le dernier pré carré de leur pouvoir illégitime

    Dans ces conditions la poursuite du "fourbi" solidaire constitue une fuite en avant à la fois vers des formes de dirigismes imbéciles et inefficaces et des déficits de plus en plus difficiles à combler

    La vraie question n'est pas "faut-il conserver la médecine libérale" mais "faut il conserver la sécurité sociale dans son état actuel" qui compromet non seulement l'exercice libéral mais aussi l'exercice médical salarié comme l'ensemble du tissu sanitaire , sans même parler de la catastrophe à retardement que constitue les centaines de milliards d'euros de ses déficits cumulés

    Face à ce problème plus que trentenaire le "fantasme" des parangons du système prétendument solidaire est de mettre les medecins "au pas" pour en résoudre les problèmes.

    Adoptant la méthode Coué ils réaffirment d'année en année ,les principes fondateurs de LEUR système imposé à tous, au gré de leurs 25 réformes bidons, sans obtenir la moindre solution effective ni en matière de gestion ni en matière d'économie

    Face à ce désastre médico-social de grande ampleur, les syndicats de médecins "valident" le système tout en "râlant" pour obtenir du système exsangue,des augmentations d'honoraires...que le fisc réduira presque totalement à néant
    On se demande donc avec anxiété quand le concours de bêtise va finir..

    Dr J-F HUET
  • Par AL • Posté le 04/03/2009 à 15:27 Comment peut-on sans cesse parler d'un déficit à la Sécurité Sociale quand on ne voit jamais le bilan avec ses recettes et ses dépenses.
    Sur quoi se base t'on pour affirmer des déficits aussi importants.
    Il serait peut-être temps de faire dispaeraître la C M U qui grève le budget de la " Sécu", sans aucune rentrée d'argent.
  • Par CN • Posté le 19/12/2008 à 08:16 C'est tellement plus facile de boucher les trous avec l'argent des autres que de gérer correctement, d'adopter n'importe quelle mesure, en s'abritant dérrière le principe de solidarité, sans se préoccuper de l'équilibre budgétaire !

    Cette course ne peut avoir d'autre fin que la ruine du système.

    Il serait temps de remplacer les politiques par des gestionnaires.
  • Par Courtois • Posté le 17/12/2008 à 19:18 Contribuables Associés a mentionné il y a peu de temps, tous les prélèvements, impôts et taxes qui avaient été institués par nos brillants gouvernants pour boucher les trous de la Sécu et dont les "rentrées" n'auraient pas été attribuées à la Sécu, mais auraient été utilisées pour boucher d'autres trous.
    Par ailleurs, une analyse sérieuse de l'organisation de cette Sécu, de sa coûteuse hiérarchie, etc., générerait de grosses économies, comme savent le faire les grandes sociétés bien gérées.

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