Emploi et politiques sociales

Conclusion. Par Paul-Henri Cugnenc au nom de Nicolas Sarkozy, Président de l'UMP

Colloque "Hôpital public : quel avenir ?" Conclusion

23 mars 2005 • Agnès Verdier-Molinié

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Nicolas SARKOZY, Président de l'UMP, n'est pas venu conclure, pas par manque de courage, pas par manque d'idées, mais uniquement par manque de temps. Il a demandé à son secrétaire national, délégué à la santé, de le faire à sa place. Cela me permet de faire oralement ce que j'aurais été conduit à faire par écrit et c'est plus simple.

En matière de conclusion, je vais reprendre des termes importants évoqués à cette tribune et dans cette salle : liberté, responsabilité, cohésion des équipes, voilà des priorités auxquelles il faut venir. Si nous voulons adhérer à ces objectifs, comme nous n'avons pas été capables de le faire lentement, de le faire progressivement, je crois qu'il nous est imposé aujourd'hui de le faire vite.

Retrouver une vraie dynamique, c'est à l'évidence des considérations budgétaires sur lesquelles je ne m'étendrai pas parce que nous savons que la santé continue à coûter de plus en plus cher. Mais limiter la qualité de la santé, l'efficacité de nos hôpitaux, à une amélioration de leur budget, c'est à mon avis se tromper complètement de cible et déjà favoriser le gaspillage, parce que l'essentiel est ailleurs. L'essentiel, c'est de retrouver dans nos hôpitaux publics, en France, un autre comportement et une autre stratégie.

Un autre comportement avec, sûrement, plus d'espaces de liberté. Avoir par exemple un conseil d'administration qui administre, qui est porteur et responsable de la procédure budgétaire, avec une vraie gestion des ressources humaines mais peut-être pas tout à fait comme on l'entend aujourd'hui. Une vraie gestion des ressources humaines en réfléchissant courageusement à des rémunérations qui pourraient être différentes en fonction de la pénibilité, en fonction de la disponibilité, en fonction des actes pratiqués dans toutes les catégories de soignants. Ouvrir des perspectives réelles aux soignants qui ne sont pas médecins, avec la possibilité de réaliser des actes médico-techniques, avoir des passerelles entre les carrières paramédicales et les carrières médicales, avec sûrement, à terme, un tronc commun au début des études. Aujourd'hui, puisque nous sommes en train de gérer des générations qui ne sont pas passées par ce tronc commun, il faut réellement créer des passerelles, c'est innovant, c'est moteur et cela intéresse une partie de nos collaborateurs et collaboratrices. Il faut assouplir les conditions de fonctionnement de l'hôpital public, bien entendu au niveau des règles de droit public relatives aux achats, aux marchés, aux investissements, et laisser le pragmatisme s'exprimer dans l'organisation médicale.

L'hôpital, en France, est une structure qui n'a pas de stratégie. Il faut avoir une stratégie avec une orientation, une évaluation, une idée sur les restructurations et sur la gestion des carrières, à tous les niveaux, gestion de carrière de praticiens comme de directeurs d'hôpitaux. En matière de restructuration, la Cour des Comptes nous a fait savoir qu'il y avait plus de 28.000 lits excédentaires en France. Il faut privilégier l'objectif sanitaire de qualité et de sécurité et, dans ce domaine, au détriment des considérations techniques ou comptables. Nous le disons souvent avec Bernard DEBRE, le débat national est de faire savoir à tous les Français qu'il n'y a pas identité entre sécurité et proximité au niveau des hôpitaux et que c'est souvent l'inverse. La restructuration, c'est être capable de mettre à la disposition des Français des structures hospitalières qui fonctionnent en toute sécurité, même si elles sont un peu plus éloignées de leur domicile qu'auparavant. Il faut avoir le courage politique de le dire et on n'a pas ce courage-là. J'espère que nous entrons dans une ère nouvelle en abordant ce sujet. Il y a aussi le cas particulier de l'APHP à Paris et de son régime dérogatoire, et nous l'affronterons directement en temps utile.

Méfions-nous des phrases et des mots. Certains disent qu'en matière hospitalière, il ne peut y avoir que de lentes évolutions. Nous savons que les défenseurs de cette ligne sont ceux qui ne veulent rien changer. Nous sommes persuadés qu'il faut changer radicalement. Comme nous n'avons pas été capables de le faire progressivement, il faut maintenant le faire vite, avec intelligence, avec efficacité, avec pragmatisme, avec une restructuration dictée par des impératifs de sécurité. La démographie des médecins et des infirmières impose cette restructuration pour que les Français soient soignés en sécurité. Personne n'a eu le courage de le leur dire précisément. L'hôpital est fait pour les malades et pour ceux qui s'en occupent et pas du tout pour satisfaire des impératifs philosophiques ou arithmétiques de gestion. Il faut dire clairement que la réorganisation hospitalière impose un autre entraînement de l'équipe. La capacité d'un entraîneur ne dépend pas de sa spécialité ou de l'école dont il est issu. C'est autre chose, dans le caractère, et nous avons besoin d'entraîneurs.

Je vais terminer sur le terme maléfique du pouvoir à l'hôpital. Ce terme est celui qui empêche la classe politique de toucher quoi que ce soit à l'hôpital. Tout le monde pense qu'il y a une lutte de pouvoir à l'hôpital et que c'est tellement difficile que, si on y touche, tout va exploser et qu'en définitive on aura beaucoup plus d'ennemis à la sortie qu'au départ. Mais il faut avoir le courage de dire que le pouvoir à l'hôpital n'est pas cela. Il faut se remettre au niveau des Français. Pour les Français, s'il existe un pouvoir à l'hôpital, c'est le pouvoir sur la maladie que nous avons ensemble, infirmières, gestionnaires, directeurs et médecins. Quand nous aurons persuadé la classe politique que c'est cela le pouvoir à l'hôpital pour les Français et que ce n'est pas des luttes entre des clans, peut-être que les politiques accepteront de s'occuper de l'hôpital. Merci.

Cet article fait partie du colloque sur l'avenir des hôpitaux public.

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