Emploi et politiques sociales

Buziness Angels, affairistes angéliques ?

03 décembre 2008 • Bernard Zimmern

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C'est le message reçu au cours d'une récente émission, d'un auditeur par fax… faute d'orthographe donc incluse (car jusqu'à présent, en anglais comme en français cela s'écrit « business »).

Les idées fausses ont la vie dure dans notre pays, car vraisemblablement, dans l'esprit de notre honorable auditeur, un Business Angel, c'est un voleur qui vient déposséder le créateur d'entreprise de son effort en prenant, par l'argent, le contrôle de l'enfant qu'il a fait naître à force d'énergie, de labeur et d'audace.

Un tel déroulement s'est peut-être produit mais, s'il s'est produit, c'est de façon rarissime.
Une première raison est, qu'en France, du moins, le bénéfice des mesures fiscales qui encouragent un particulier à devenir Business Angel limitent sa participation au capital au maximum à 30%.

Une seconde raison est qu'un Business Angel investit dans une entreprise mais surtout avec l'idée de ne pas avoir à s'occuper de la gestion au jour le jour. Les Business Angels que nous connaissons ou tels qu'ils ont été décrits dans une monographie américaine portant sur plusieurs milliers d'entre eux, d'abord ne sont pas des gens très riches, à dizaines de millions d'euros. Car, pour ceux qui sont dans ce groupe, investir quelques centaines de milliers d'euros dans une entreprise n'a pas de sens ; ils jouent dans la cour du capital-risque à coups de millions d'euros.

Un Business Angel, c'est le plus souvent soit un cadre supérieur d'une entreprise, soit un entrepreneur qui a réussi et vendu son affaire et qui n'a aucune envie de recommencer la vie d'un créateur d'entreprise avec ses quatorze heures de travail par jour sept jours par semaine, stress en prime. Ce qu'il recherche, c'est participer à une autre aventure entrepreneuriale mais sinon en spectateur, du moins en acteur d'arrière plan.

Une estimation américaine que nous avions convertie serait que l'Ange moyen aurait une fortune de l'ordre de 3 à 4 millions d'euros et que donc un investissement de 150.000 euros, moyenne observée dans les pays étrangers, représenterait de l'ordre de 5% de son patrimoine.

Une règle, pour un Business Angel, est en effet que le caractère extrêmement risqué de l'investissement dans une entreprise qui se crée ou débute (la période la plus critique de la vie d'une firme) ne l'expose pas à des pertes qui mettraient en jeu son équilibre économique familial. Son investissement n'excéde donc pas 10 à 15% de son patrimoine. Nous sommes très loin de l'affairiste cupide et sans scrupule.

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