Éducation et culture

Universités : ce qui s'est vraiment passé pendant les grèves

28 octobre 2010 • Gonzague de Chantérac

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La contestation touche les Universités mais reste un relatif échec. La rentrée tardive et les questions afférentes (logement, bourses, choix des matières) ont empêché les agitateurs de prendre pied.

Nombreuses sont ainsi les AG (Assemblées Générales) qui ont dû être annulées par manque d'étudiants comme à Metz, Aix-Marseille 1, Nîmes, Orléans, Le Mans. Interdits de parole comme à Strasbourg, ou se voyant interdits de participer au comptage des voix comme à Saint-Etienne, les étudiants qui veulent défendre leur liberté d'étudier sont soumis à une chape de plomb redoutable. Le local du MET Sciences Po a ainsi été vandalisé quelques heures avant la tenue d'une « réunion d'information » sur la retraite. Le peu de facultés bloquées le sont toujours par une minorité fortement politisée : ils n'étaient par exemple que 0,75% des plus de 24 000 étudiants pour bloquer l'université de Caen.

L'Institut de Formation Politique


Institut de Formation Politique
Indépendant des partis politiques, l'Institut de Formation Politique propose aux étudiants des week-ends de formation aux idées et techniques politiques, ainsi que des conférences régulières sur des sujets d'actualité.

Créé en 2004 par Alexandre Pesey, Jean Martinez, avocat, et Thomas Millon, chef d'entreprise, l'IFP a déjà formé près de 400 étudiants.

Pour plus d'informations, consulter le site Internet : www.ifpfrance.org

Mais ces poignées d'activistes n'hésitent pas à agresser physiquement leurs contradicteurs. A Nantes et à Rennes 2, des étudiants ont reçu des coups de poings après avoir annoncé la réouverture immédiate suite au vote, moins de 24h après la fermeture administrative. Au Havre, à Reims ou encore à Brest, des militants du MET (Mouvement des Etudiants) et du collectif « Stop la Grève » fondé en 2003 ont été pris à parti, entraînant plusieurs jours d'ITT (Incapacité Temporaire Totale) et ont dû porter plainte. A La Roche-sur-Yon, les manifestants ont saccagé les façades des établissements d'enseignement privé, ainsi que les habitations des étudiants opposés aux blocages, qui ont déposé une plainte. A Paris, au site de Tolbiac, malgré une majorité d'étudiants pour reprendre les cours, les bloqueurs (dont beaucoup sont des éternels étudiants de première année, voire même n'ayant aucun lien avec l'Université) ont annoncé la poursuite d'un mouvement pourtant très minoritaire. A tel point que la manifestation à l'initiative des syndicats étudiants de l'UNEF et lycéens de l'UNL et de la FIDL n'a rassemblé que 1.300 personnes à Paris le jeudi 21 octobre selon l'AFP.

Les Présidents d'Université tolèrent ces situations de désordre, refusant d'appeler les forces de l'ordre pour assurer la continuité du service public de l'Enseignement Supérieur.

Dans toutes les villes de France, les cortèges lycéens ont été encadrés par la CGT, FO ou même les anarcho-syndicalistes de la CNT, professeurs en tête. Si les proviseurs d'établissements ont négocié des blocus filtrants permettant aux élèves qui le souhaitent d'étudier (en particulier les prépas, BTS et terminales), certains établissements ont banalisé des jours de cours, allant jusqu'à distribuer le cours photocopié aux élèves bloqueurs.

Grâce à l'UNI, au MET (Mouvement des Etudiants) ou à l'Institut de Formation Politique, des contre-feux ont pu être mis en œuvre. C'est en effet grâce à des sessions de formations poussées, les préparant à tous les scénarios possibles que les jeunes, entraînés à la conception de tracts, à la prise de parole en public et devant les médias, ont pu mettre en place des réseaux actifs et efficaces contre les blocages. En dépit du caractère jugé unanimement inabouti de cette réforme, ils en ont expliqué pédagogiquement les avantages. Pétitions, vidéos témoignages, micros trottoirs, sites internet dédiés, contre-manifestations virtuelles ont rassemblé des centaines de milliers de Français opposés à la terreur de la rue, soulignant qu'une journée de grève SNCF génère une perte de 20 millions d'euros, soit l'équivalent de 1200 SMIC par an et que chaque jour de grève nationale, ce sont près de 1.500 emplois qui sont ainsi détruits, engendrant par ailleurs un manque à gagner pour l'Etat de 400 millions d'euros, soit un bouclier fiscal tous les 2 jours ! Cette mobilisation a payé puisque l'IFOP a publié samedi 23 octobre un sondage montrant que 56% des Français estiment désormais que ce mouvement de contestation, devenu un mouvement de casse sociale, doit s'arrêter.

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