Éducation et culture

Témoignage : le mérite selon les syndicats de l'Education nationale

02 avril 2008 • Julien Lamon

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La FSU, syndicat majoritaire à l'éducation nationale (via le SNES ou le SNUipp), défend une ligne idéologique très fortement ancrée sur la défense des « acquis sociaux ». Selon ses propres mots, « Elle combat la conception managériale de la gestion des personnels qui soumet le déroulement normal des carrières à un « mérite supposé » et remet en cause les statuts ». C'est la théorie. Et sur le terrain ? Une lectrice de l'iFRAP, professeur de l'Education nationale, nous délivre un témoignage qui illustre parfaitement l'état d'esprit d'une minorité d'agents opposés à toute réforme allant dans le sens d'une plus grande responsabilité des enseignants. Ainsi, elle raconte :

« J'ai moi-même été fonctionnaire de l'enseignement public. J'ai dû me faire opérer d'un oeil et ai programmé l'opération aussitôt après la fin des cours afin d'avoir une bonne convalescence pendant l'été. A la rentrée un syndicaliste m'a demandé de ne pas donner le mauvais exemple ! Me faire opérer, oui, mais pendant mon temps de travail ! »

Elle ajoute par ailleurs :

« J'ai été en butte à la vindicte d'un inspecteur pendant 10 ans pour lui avoir dit que je pensais que les performances de mes élèves au bac étaient sans doute en rapport avec les efforts que je déployais tout au long de l'année. Il m'a répondu qu'il n'en avait rien à faire... Les résultats de mes élèves ne l'intéressaient pas... sic ! »

On ne peut évidemment pas généraliser cette expérience édifiante à l'ensemble de l'Education nationale. Mais cet état d'esprit explique sûrement, en partie, que les comparaisons internationales ne placent la France qu'en 17ème position des nations développées (source : OCDE) en termes de performances d'éducation.

Commentaires

  • Par Anthon Saphon • Posté le 22/02/2009 à 11:40 C'est l'enseignant qui se paye lui-même ces congés puisque je rappelle qu'il n'est pas payé durant les vacances (mais la rémunération est bien annualisée),

    Le choix de la date pour subir une intervention médicale n'est pas si évidente:

    -soit l'agent malade sacrifie son congé qu'il se paye lui-même,

    -soit c'est l'établissement qui supporte financèrement l'absence, et parfois les élèves si le remplacement n'est pas assuré.
    Une absence durant le temps scolaire pose un autre problème: bien souvent, l'enseignant n'est pas remplacé si l'absence est inférieure à 2 semaines (théoriquement le chef d'établissement est tenu de le faire avec les professeurs à disposition). Et même si il est remplacé, le remplacement est aléatoire suivant la personne qui l'effectue. Le coût financier et humain pour l'éducation est donc réel.
    Si dans le privé, l'agent se fait opérer en dehors de ses congés, c'est par peur que son patron le prenne mal, ou bien pour éviter un surplus de travail non rémunéré à ses autres collègues.
    En définitive qui doit payer une absence, due à un problème de santé. Les contribuables ou l'agent?

    Du point de vue du contribuable radin, que nous sommes tous, ce serait l'agent qui devrait payer.

    Du point de vue du citoyen solidaire avec ceux atteints de maladie, c'est la société (contribuable et agent) qui doivent payer. Donc, tant que choisir de se faire opérer durant les vacances scolaires ne sera reconnu ni financièrement ni humainement par l'institution scolaire, il n'y a aucune raison de le faire.
    Si les élèves en "payent" les conséquences c'est parce qu'il n'y a pas dans l'éducation, de système de remplacement efficace, ou de forme d'incitation pour choisir de se faire opérer durant ses chers congés.
    Un professeur.
  • Par Michel CARBONNIER • Posté le 18/02/2009 à 12:26 On constate dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres le clivage entre un secteur public arrogant et sûr de son pouvoir... syndical, et un secteur privé dont les impôts remplissent les caisses que ces messieurs vident sans soucis.
    La rémunération sur les résultats (critère beaucoup moins subjectif que le mérite) est monnaie courante dans la vente, le commercial, le conseil, l'encadrement etc... et elle ne choque personne.
    Évidemment le secteur public ne veut en retenir que les sommes versées à des dirigeants qui ont eu de mauvais résultats, ce qui en bonne logique ne devrait pas avoir cours mais est l'arbre qui cache la forêt.

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