Crise financière et PME : l'enquête de l'iRDEME confirmée par Ipsos

27 novembre 2008 • Julien Lamon

Avec un temps d'avance, l'iRDEME avait envoyé, via notre lettre numérique d'information un questionnaire destiné aux chefs d'entreprises. L'objectif était de comprendre les effets de la crise sur leur activité, et notamment leur accès au crédit. Les conclusions de cette enquête montraient que un tiers des entreprises faisaient face à des réduction de découvert, un tiers manquaient de capitaux et qu'elles étaient environ 30 % a souffrir du manque de flexibilité du droit de licenciement.

Un sondage Ipsos-Oséo (panel de PME françaises représentatives, présenté au ministre des PME Hervé Novelli le 18 novembre dernier semble aller dans le sens de ces remarques. Les difficultés d'embaucher et licencier le personnel, alors que des nuages s'amoncèlent pour l'année à venir posent des problèmes pour une majorité d'entre elles. En effet, dans les mesures à prendre en priorité, elles citent d'abord l'allègement des charges salariales et en deuxième position l'assouplissement des conditions d'embauche et de licenciement. Elles sont 42% à manquer de fonds propres soit légèrement plus que dans l'enquête iRDEME.

Si l'année 2009 risque d'être difficile pour nombre de PME (et notre enquête montre que les PME sous-capitalisées sont celles qui souffrent le plus), l'avenir semble plus radieux à moyenne échéance. Selon une étude de « l'intelligence unit » du journal « The Economist » financée par le cabinet Celerant Consulting, réalisée auprès de 222 responsables, les professionnels du capital investissement (private equity) sont 73% à estimer un ralentissement de leur activité en 2009. En revanche la même enquête montre que plus de la moitié d'entre eux (51%) considèrent que l'activité aura pleinement récupéré au cours du premier semestre 2010.

Les actions du gouvernement ne doivent donc pas se tromper de cible. Ce sont les plus petites entreprises (celles qui n'intéressent pas le capital investissement) qui risquent de souffrir le plus du ralentissement économique. Il convient donc de prendre des mesures permettant de diriger rapidement des capitaux vers les PME en phase d'amorçage. Les amendements défendus par les députés Forissier et Courson, destinés à cibler les défiscalisations d'ISF des holdings vers les PME de croissance vont dans le bon sens.

Commentaires

  • Par Rene • Posté le 28/11/2008 à 18:29 Certes il faut aider les PME ... mais elles doivent aussi faire des efforts pour rationaliser leur gestion.
    En effet, nombre de chefs de ces petites entreprises se plaignent depuis des années du manque de fonds propres, mais ils commencent toujours par se servir eux-mêmes sur l'entreprise : voiture de fonction, plutôt vers le haut de gamme, embauche de l'épouse à un tarif non syndical, et salaire trop important ...
    Ensuite ils s'étonnent que les banques soient frileuses, mais si celles-ci les aident en ces moments difficiles, les banques devront rembourser à l'Etat les sommes qu'elles ne recevront plus de PME imprudentes.
    Aide-toi le "ciel" ou l'Etat t'aidera !
  • Par Ponthieu2 • Posté le 28/11/2008 à 10:59 Nous avons entériné en France la liberté laissée aux acheteurs en gros de payer à 90 jours, voire plus : ceci fait le bonheur des banques qui endossent les traites ou font des avances de trésorerie sans aucun risque. Cette ponction sur l'économie est mal vue par l'Europe qui a mis la France en demeure de réduire les délais de paiement autorisés. Je ne sais pas où on en est, mais une accélération du paiement des factures sauverait certainement beaucoup d'artisans et de TPME de l'asphyxie.
  • Par Anonyme • Posté le 28/11/2008 à 09:19 enquête iRDEME : "elles sitent d'abord"

    ne serait-ce pas plutôt "elles citent"?
  • Par F. A • Posté le 27/11/2008 à 18:20 Le pompier pyromane
    Tout est parti de la crise des subprimes. J’aurais tendance à traduire par : prêts foireux. Par la titrisation, les banques qui s’étaient prêtées à ces manœuvres imprudentes, ont pu repasser le mistigri à d’autres banques. Dès que la machine s’est grippée suite au retournement du marché de l’immobilier, la répercussion sur l’ensemble du système était inévitable.
    S’agit-il là, au-delà des fluctuations normales des marchés et de leurs ajustements sains et nécessaires, d’une défaillance du capitalisme libéral ?
    A y bien regarder, on découvre que Fannie Mae et Freddie Mac, deux sociétés au cœur du tremblement de terre dont l’épicentre est aux Etats-Unis, sont des entreprises semi-publiques, liées au parti Démocrate et ayant bénéficié de faveurs très particulières. Encore une fois, là où la politique côtoie de trop près l’économie, les conséquences sont toujours désastreuses.
    Et ceux qui maintenant crient au scandale de marchés débridés et hors contrôle, oublient-ils que la crise actuelle s’est déclenchée et déroulée sous l’égide d’un arsenal de lois et de règlements concoctés par les politiques ? N’est-ce pas au contraire le nombre trop important de soi-disant garde-fous qui a rendu cette crise possible ? Tous les Etats veulent maintenant « refonder le capitalisme ». Ils oublient, eux aussi, que c’est à l’intérieur d’un corset qu’ils lui ont imposé que les évènements actuels se sont produits. Nous n’avons aucune garantie qu’ils feront mieux avec leurs dispositions nouvelles. Peut-être même feront-ils pire.
    Je m’interroge également sur la pertinence des « plans de relance ». A-t-on déjà vu ces dispositifs keynésiens fonctionner ? Ils seront sans doute encore moins opérants dans une économie mondialisée.
    On en vient à se demander s’il n’eût pas mieux fallu se résigner à la faillite de quelques banques mal gérées, ayant bénéficié de l’incompétence ou de la collusion des Organismes de Notation. Sans parler de la totale inefficacité des multiples agences officielles censées surveiller les marchés financiers.
    Enfin, cette crise est pain béni pour les gouvernements qui n’avaient pas su, ou pas voulu, procéder aux réformes depuis longtemps nécessaires, pour ne pas dire impérieusement indispensables, et qui vont ainsi trouver de bien faciles excuses pour accroître leurs déficits et enfoncer un peu plus encore une dette déjà insupportable. Les interventionnistes de tous poils jubilent : ils vont à nouveau pouvoir s’immiscer dans l’économie, et lui faire subir tous les maux dont s’accompagnent toujours les velléités étatistes. Vous ne voyez pas à qui, en particulier, je fais cette discrète allusion ?
    Heureusement, malgré tout, qu’il reste un peu d’Europe : celle-ci nous empêchera, peut-être, d’aller trop loin dans l’errance.