Société civile

Budget et fiscalité

Budget 2014 : entre économies virtuelles et incertitudes sur les recettes

N° 140 • 30 novembre 2013 • Samuel-Frédéric Servière

« Les économies pour 2014 seront sans précédent (…) : 10 milliards d'euros d'économies, ça ne s'est jamais vu », a déclaré le Premier ministre. Ça ne s'est jamais vu et cela ne se verra pas en 2014. 2014 sera encore une année de hausses d'impôts (10 milliards d'euros estimés), contrairement a ce qui avait été promis, notamment car les baisses de dépenses annoncées sont en partie fictives. Dans cette étude, la Fondation iFRAP s'est penchée sur les documents budgétaires 2014 et remet fortement en question le montant des économies qui seront réellement effectuées. 

Difficile de donner un chiffre précis compte tenu d'un certain manque de transparence, mais entre 1,3 et 2,7 milliards parmi les 8,6 milliards documentés seraient des économies virtuelles. Soit un quart des annonces d'économies gouvernementales sur le budget de l'État.

Dans cette étude spéciale sur le budget 2014, la Fondation iFRAP met en avant les résultats suivants :

  • La dépense publique totale va encore augmenter en 2014 et dépasser 1.200 milliards ;
  • On compte 687,6 milliards de dépenses brutes au total pour l'État ;
  • Un déficit structurel sous-évalué qui dépassera 3,6% en 2014, rien que pour l'État ;
  • Les 15 milliards d'euros d'économies annoncées sur l'ensemble des dépenses publiques sont en partie fictifs ;
  • Stabiliser la dette demanderait 30 milliards d'économies en plus ;
  • La masse salariale de l'État fuite vers les opérateurs (plus de 18.000 agents sur deux ans) ;
  • La dotation aux collectivités locales baisse en apparence mais est sur-compensée en pratique (+2,03 milliards contre -1,5 milliard d'euros) ;
  • Les programmes d'investissement d'avenir (11 milliards d'euros dont 9,5 au budget général) jouent sur les déficits publics à hauteur de 4,5 milliards d'euros (via les dépenses de fonctionnement des opérateurs) ;
  • Entre 15,8 et 21,9 milliards d'euros de surévaluation des recettes publiques.