Agriculture et énergie

Vrai - Faux : Quel est le coût de l’électricité éolienne ?

11 octobre 2018 • Philippe François

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François de Rugy, ministre de l’Écologie et de l’Énergie, a déclaré au cours de l’émission Le grand Jury LCI-Le Figaro-RTL du 7 octobre qu' « un kilowattheure qui sort d'une éolienne terrestre en France est au prix du marché ». Une donnée que la Fondation iFRAP conteste car les divers mécanismes de subventions (prix garanti, obligation d'achat, complément de rémunération pendant 20 ans) sont précisément là pour combler un écart de 40 euros entre le prix moyen de 85 euros des megawattheure (Mwh) éoliens terrestres, et les 45 euros de la moyenne des prix sur l'année.

Un écart que nous avons souligné dans un tweet publié cette semaine auquel le ministre a réagi :

Le ministre promet la parité des coûts dans quelques années pour les nouvelles centrales éoliennes. Ce serait une bonne nouvelle, mais à ce jour, aucun projet de supprimer ces subventions n'a été évoqué. Pour rendre cette perspective crédible, les responsables doivent expliquer comment, concrètement, le coût de la production éolienne terrestre pourra être fortement réduit. La Fondation iFRAP propose son évaluation des perspectives d'évolution des coûts.  

Pour la majorité des éoliennes en production, le prix de vente est basé sur le décret de 2006, et donc d’au moins 82 € / Mwh. Peu de centrales approuvées en fonction des décrets de 2014 à des prix de 81 à 84 €, et 2017 à des prix d’environ 75 € / Mwh, sont déjà opérationnelles.

L’appel d’offres « éolien terrestre » clos en juillet 2018 s'est conclu au prix de vente moyen des soumissionnaires de 65,4 € par Mwh plus 2,8 € de prime de gestion, plus 2 à 3 euros si des citoyens locaux participent au projet, soit un total de 70 € par Mwh[1] pour les années 2020 à 2040. Les prix de l’appel d’offres suivant, en septembre 2018, n’ont pas été publiés par le gouvernement. Ces prix sont garantis pour 15 à 20 ans et sont réévalués chaque année en fonction d’un indice incluant notamment la croissance des salaires. Le tout doit garantir aux investisseurs « un juste retour financier ».

D’après l’étude commandée par France Énergie Nouvelle, publiée en octobre 2016 et intitulée Observatoire des coûts de l’éolien terrestre, les coûts de production moyens sur 20 ans des 78 parcs récemment installés se situaient entre 71 et 81 € par Mwh.  

Le coût de production de l’électricité des éoliennes terrestres dépend du montant de l’investissement et du coût annuel d’exploitation.

Montant d’investissement

Le coût d’une éolienne terrestre est d’environ 3 millions d’euros pour une puissance de 2Mw (mât de 150 mètres de haut), la part des divers composants se répartit comme suit (coûts 2015) :  

Répartition des coûts des composants

Composant

 

En %

Éolienne

Rotor

19,2 

Nacelle

35,9

Mat

16,5

Préparation du site

 

2,8

Fondation

 

3,5

Assemblage et installation

 

2,5

Infrastructure électrique

 

8,8

Engineering - Management

 

1,1

Financement

 

2,9

Développement

 

0,9

Contingence

 

6,0

Total

 

100

Coût annuel d’exploitation

Le coût annuel d’exploitation, y compris la location du terrain, représente de 20 à 25 % du prix de vente de l’électricité (21 euros pour un prix de vente de 85 euros). Ce coût constitue une sorte de plancher, en supposant les éoliennes et leurs installations gratuites.

Répartition des coûts d’exploitation, chiffres 2010

Coût d’exploitation

En %

Terrain

15

Opération

60

Maintenance

25

Total

100

 

(source)

Evolution des coûts

L’évolution des coûts de ces différents facteurs est très variable selon leur nature. Les coûts de main-d’œuvre et des matières premières augmentent plus que l’inflation, ceux des technologies matures sont assez stables et ceux des nouvelles technologies peuvent fortement baisser. La quasi-totalité des technologies des éoliennes (ex. turbine) sont matures. On le constate dans les turbines des barrages hydrauliques où, après des décennies de service, les opérateurs n’envisagent que des gains limités (10%) en cas de rénovation majeure.

Perspectives d’évolution des coûts en euros constants par an sur 20 ans (estimation iFRAP)

Facteur de baisse

%/an

Facteur de hausse

%/an

Design de la nacelle

-0,5

Frais d’études

+1,0

Design des  pales

-0,5

Main-d’œuvre

+2,0

Design des mâts

-0,5

Travaux publics, transports

+1,5

Durée de vie des éoliennes

-1,0

Baisse de qualité des sites

+1,0

 

 

Frais de raccordement

+1,0

 

 

Terrains

+2,0

 

 

Matériau des mats (acier ou béton)

+1,0

 

 

Matériau des socles (béton)

+1,0

 

 

Taux d’intérêt

+0,1

Coût exploitation annuelle

-0,0

Coût exploitation annuelle

+0,0

En 2018, le coût brut de l’électricité éolienne terrestre est 2 fois supérieur à celui de la moyenne de la production en France, 3 fois pour le coût complet en tenant compte de son caractère intermittent et aléatoire. Des possibilités de baisse de coût existent, mais aussi des risques de hausse. Pour que la promesse d’une production éolienne compétitive se matérialise, il faudrait que les baisses l’emportent fortement sur les hausses. Aucune rupture technologique n’étant envisagée dans ce secteur, l’évolution probable des coûts à 20 ans doit faire l’objet d’un engagement. Se contenter d’affirmer qu' « on est en phase d’apprentissage » et de promettre que « cela va baisser » ne suffit plus. 

Rapport de la Commission de régultion de l'énergie portant sur le fonctionnement des marchés de gros de l'électricité en 2017 (voir ici et ici).

Comme le montre cette courbe rouge (France), les prix sont rarement supérieiurs à 45 euros par Mwh.

Conclusion

Contrairement à l’électronique, les éoliennes ne suivent pas la loi de Moore, leur puissance ne double pas tous les 18 mois, à coût constant. En première estimation, l’évolution de leur coût s’apparente à celle de la construction de bâtiments plus à celle d’engins mécaniques. L’application des perspectives d'évolution aux coûts d'investissement et d'exploitation conduit à des coûts bruts qui resteront, au mieux, en France, autour de leur valeur actuelle[2] soit 70 à 80 euros/Mwh. Un niveau prohibitif tant que des technologies de stockage de l’électricité ne seront pas opérationnelles et rentables.

Pour crédibiliser la stratégie énergétique 2020-2040, il est nécessaire que soient publiés des scénarios d’évolution des coûts de production à 20 ans des éoliennes terrestres, en indiquant où se situeraient les potentiels de forte baisse. L’augmentation du prix des énergies carbonées pénalise déjà fortement l’économie française et le niveau de vie de la population. Elle est, au moins, justifiée par la lutte contre le changement climatique. Une augmentation concomitante du prix de l’électricité dû à un mauvais choix de technologie pour une production d’électricité décarbonée ne serait pas acceptable. Cette filière technologique doit s’engager sur une baisse significative du prix de production de l’électricité pour continuer à être soutenue.

1) Le coût moyen de la production actuelle classqiue en France est d'environ 45 € /Mwh pour une fourniture modulable en fonction de la demande et des prix sur le marché.

2) A moins que les tarifs accordés actuellement par l'Etat soient très  excessifs, ce qui ne semble pas le cas, les prix étant similaires en Allemagne.  

Commentaires

  • Par papiou • Posté le 25/10/2018 à 19:29 lle prix des kwh éoliennes sera toujours au moins le double du kwh moyen;heureusement la production francaise ne représente que 1%dela production française et ne dè passera jamais plus de 3% (voir les factures EDFen 2me page)avec ses inconvénients trés antiécologiques...
  • Par p.francois • Posté le 23/10/2018 à 17:29 Réaction de G. Larosée Votre présentation reste en partie biaisée .En effet, le prix de production de 45 euros est essentiellement un prix de production nucléaire dont il est assez reconnu ( Cour des Comptes, Commissaires aux comptes EDF,divers analystes.......) qu'il reflète imparfaitement la réalité du cout de démantèlement des centrales ,De surcroit, il semble bien qu'il ne permet en aucun cas de financer le renouvellement à venir et proche d'une grande partie des centrales; Enfin la référence de comparaison pertinente justement pour les années à venir , ne doit -elle pas être le prix du MW Futur qui sera produit par les EPR dont l’avènement parait pour le moins délicat .A Hinkley Point le prix qui sera facturé aux consommateur s'élève à 92 Livres/MW !!!!!
  • Par MIKA • Posté le 19/10/2018 à 15:15 une escroquerie très lucrative sur le dos des Français, avec la bénédiction du gouvernement, pour enrichir les promoteurs et fabricants étrangers, allemands, danois et espagnol ou autres. Pauvre France!
  • Par Jean-Denis Muys • Posté le 18/10/2018 à 05:40 Il est acceptable de dire que le prix à payer pour réduire notre bilan carbone est d'avoir une énergie plus chère, bien que peut-être, il vaudrait taxer les énergies fossiles plutôt que subventionner les énergies renouvelables. Mais de manière plus importante, je ne vois pas la volonté d'optimiser le mix énergétique pour minimiser le bilan carbone. Il est clair que l'éolien a des effets pervers dus par exemple à la nécessité de gérer l'intermittence. Mais quel serait la fraction idéale de la production éolienne pour avoir le meilleur bilan carbon dans un certain nombre de scénario? Ce que je reproche (un peu) à ce débat, est qu'il n'est envisagé que sous l'angle économique. (et j'aimerais aussi qu'on évalue la pertinence de centrales à sels fondus, qui ont de nombreux avantages, et peu d'inconvénients).
  • Par CASALIS • Posté le 15/10/2018 à 10:44 Le traitement de ce dossier par l'IFRAP, réputé pour son sérieux, est de plus utiles tant "l'industrie éolienne" est un système organisé de détournement de fonds publics. Il vient compléter une série d'études dont la plus importante est récemment celle de la Cour des comptes, qui démontre que les fonds dont bénéficient les promoteurs éoliens ont déjà coûté 40 milliards d'euros en pure perte pour l'Etat sur les quinze ans passés. L'effet du mécanisme mis en place est à la fois récurrent et en amplification par les nouvelles installations dont le nombre s'accroit. Sur les méfaits dramatiques de cette filière, en matières sociale, économique, financière et écologique, on doit se reporter à de nombreux autres études et articles qui démontrent l'absurdité d'un système où la France a tout faux, sous la pression, hélas, de groupuscules à vision idéologique alliés à groupes d' intérêts financiers bien peu scrupuleux.
  • Par denis schricke • Posté le 15/10/2018 à 09:37 un constat avec certitude : l' éolien est une immense supercherie qui coûtera très cher à la France et aux français...
  • Par reiller • Posté le 14/10/2018 à 22:46 Une remarque. l'interconnexion des réseaux de distribution permet dans une grande mesure de compenser le caractère aléatoire de la production, au prix de pertes en lignes c'est vrai. Reste le handicap que l'on ne sait pas faire souffler le vent sur commande, ni briller le soleil! Se comparer au prix de production actuel, c'est comparer à une situation que nous sommes incapables de prolonger puisque personne n'accepte de refaire du Paluel ou du Chooz
  • Par ALAIN • Posté le 14/10/2018 à 18:44 Je lis : "L’augmentation du prix des énergies carbonées pénalise déjà fortement l’économie française et le niveau de vie de la population.Elle est, au moins, justifiée par la lutte contre le changement climatique." Comment justifiez-vous la lutte contre le changement climatique alors que lorsque les éoliennes sont à l'arrêt, des usines thermiques prennent les relais? L'Allemagne, championne de l'éolien, est devenue le pays européen le plus pollueur en CO²...
  • Par student • Posté le 14/10/2018 à 16:20 Car l'étude de l'iFRAP est imparable : en 2018 l'éolien produit un kWh entre 70 et 80 €/MWh sans grande perspectives de réduction. Et surtout sans tenir compte de l'intermittence, qui rend ce kWh "impropre à la consommation" s'il n'est pas épaulé par des moyens de compensation, essentiellement des centrales modulables (au gaz, hydrauliques ou nucléaires). Et le coût de ces moyens n'est évidemment pris en compte par le ministre : il faut donc majorer ce kWh intermittent par un % équivalent au "taux d'intégration" du moyen intermittent dan le mix électrique. Soit 40 % pour un mix composé à 40 % d'éolien ou de solaire, et ce % croît exponentiellement au-delà. Ce n'est pas tout : les moyens intermittents étant la plupart du temps décentralisés, ils impliquent de créer un réseau de collecte de l'électricité produite qui majore encore le coût du kWh. C'est intolérable qu'un ministre, qui dispose de conseillers scientifiques (qu'apparemment il n'écoute pas - car on ne peut imaginer qu'ils soient incompétents !) arrive à énoncer de telles contre-vérités !! A moins qu'il ne défende des lobbies, qu'ils soient financiers ou politiques, mais ça c'est inimaginable dans une république comme la nôtre ...
  • Par jean-pierre lac • Posté le 13/10/2018 à 18:59 Il serait grand temps que notre ministre de l'écologie soit renseigné sur l'énergie nucléaire propre et le développement d'Astrid!
  • Par Pellen • Posté le 13/10/2018 à 14:38 Il ne faut surtout pas perdre de vue que l’incompétence manifeste et l’aveuglement partisan de nos trois derniers ministres de la transition énergétique amènent ces derniers à minorer gravement, sinon à zapper le poste peut-être le plus important et le plus pérenne du prix de revient de l’éolien : son caractère non pilotable. Or, pour s’affranchir d’une telle carence technique, il ne suffit pas de sur dimensionner le parc national d’aérogénérateurs, avec des marges prohibitives, animé par le seul souci de compenser arithmétiquement la puissance de production des parcs nucléaire et thermique, en toute saison. Les Allemands fournissent aujourd’hui la preuve éclatante que, quelle que soit la dimension d’un tel parc éolien, il n’est et ne sera jamais possible de se passer de l’essentiel des kW authentiquement pilotables du nucléaire et du thermique. Par authentiquement pilotables, on entend les réglages sophistiqués et de tous les instants liés au maintien rigoureux de l’équilibre production-consommation : les réglages fréquence-puissance primaire, secondaire et tertiaire, de même que les réglages tension primaire secondaire et tertiaire. Or, en ces matières, un système électrique bouclé et interconnecté à l’échelle européenne exige de ses outils de production des caractéristiques et des performances techniques auxquelles l’éolien ne peut répondre de façon satisfaisante, libellées notamment en réserves de puissances active et réactive dont il arrive fréquemment que le besoin se fasse sentir très loin du générateur dont on les sollicite.
  • Par Jannot • Posté le 12/10/2018 à 18:42 Votre présentation est bien mais il semble manquer une explication sur la liaison entre puissance et production. Il est toujours cité une puissance (avec le mot crête parfois) mais cette puissance ne donne pas la production en kwh pendant une période (le mois, l'année,...). Car la production dépend de la force du vent : sans vent, la production est zéro, avec un peu de vent par intermittence , la production sera peut-être de 10 % de la puissance crête,.... Autrement dit, il faudrait donner au moins une idée de la production en kwh pour une période selon la puissance du vent pendant cette période. Je suppose que pour une éolienne donnée à construire dans un endroit précis, les prévisions envisagent la production effective moyenne pendant une année. Vous ne pouvez donner un prix pour 1 Mwh sans dire à quelle production il correspond. Jannot
  • Par papiou • Posté le 12/10/2018 à 17:13 En 2me page des factures qu'EDF vous envoie, il est imprimé am milieu de la page et en petit caractères, l'origine de la production française d'électricité d'une année précédente en 2016 : 89.13% NUCLEAIRE' et seulement 5,53% de renouvelables dont 4,51% d'hydraulique. Il ne reste donc que 5,53-4.51= 1,02%pour le total
  • Par RAPANUI85 • Posté le 12/10/2018 à 15:52 Si une éolienne coûte 3 millions, dans ce prix est-il compris le coût des câbles du transport de l'électricité sur le Poste Source EDF par ERDF ...? cet enfouissement des câbles HT 63 000 volts ou 225 000 volts entre le Parc éolien et le Poste Source ne fait jamais parti du dossier d'enquête publique... c'est mis en annexe...
  • Par JCB • Posté le 12/10/2018 à 15:33 L'obligation d'achat par edf tue le mécanisme de marché. Normalement le marché devrait s’équilibrer entre offre et demande. Quand la demande est inférieur à l'offre, le prix de marché (s'il y a un marché libre) diminue et tous ceux qui n'ont pas un cout marginal de production inférieur au prix de marché doivent logiquement arrêter leur exploitation faute de client prêts à payer assez pour eux. Quand l'offre est inférieure à la demande, le prix de marché devrait monter en flèche et ceux qui ont des moyens utilisables lors de ces pointes devraient alors pouvoir les rentabiliser (ce qui suppose de moduler les tarifs à une échelle inférieure à l'heure, y compris pour les particuliers). Comme il est inimaginable de se mettre à la merci d'un black-out, un pays raisonnablement bien géré a des réserves de production mobilisables en pointe et ses moyens utilisables en base sont normalement à bas cout d'exploitation. Il est donc particulièrement stupide d’effacer ces moyens pour absorber l'énergie produite par des éoliennes quand elles ont des conditions favorables. Les éoliennes ne sont pas une bonne solution pour les pointes et elles ne sont pas non plus une bonne solution en base puisqu'elles sont intermittentes. La conclusion coule de surce.
  • Par Laura Kaplan • Posté le 12/10/2018 à 15:21 Je ne crois pas à l'éolien terrestre car les éoliennes sont à l'arrêt lorsque l'on a le plus besoin d'énergie, c'est à dire en cas de forte chaleur ou de grand froid. Peut-être y aura-t-il un jour des méthodes de stockage de masse. Le principal avantage est à mon avis que, grâce aux redevances payées aux propriétaires des terrains concernés, cela aide nos agriculteurs à vivre.
  • Par technodiversité • Posté le 12/10/2018 à 15:14 Votre article est très intéressant. l'énergie nucléaire est indispensable mais dans vos calculs avez-vous pris en compte les coûts dus au retraitement des déchets à la Hague et surtout le démantèlement des veilles centrales. je reste persuadé que nous aurons besoin pendant un temps encore long du nucléaire et de ces évolutions futures plus sûres et moins polluantes en déchets. Sur les éoliennes, il y a aussi des progrès et des prix à la baisse. notamment avec les éoliennes offshores qui peuvent plus nombreuses à l'hectare et qui vont produire plus. reste que cette énergie comme le solaire est intermittent. A certain moment elles produisent trop et à d'autres pas assez. D'où l’intérêt de pouvoir stocker massivement et à moindre coût l'énergie électrique en surplus et la restituer au réseau électrique dès que nécessaire. Un de mes partenaires et moi même avons déposé un brevet pour atteindre cet objectif. Il s'agit d'un système non polluant, posé au fonds des océans et utilisant la pression de l'eau. Ce brevet est en phase d'étude détaillée et un démonstrateur devrait être produit d'ici un ou deux ans.
  • Par p.francois • Posté le 12/10/2018 à 13:27 L'iFRAP vient de recevoir le chiffre officiel du prix moyen d'achat des Mwh éoliens terrestres pour 2017, un peu supérieur à nos estimations : 88,1 €/MWh avec un surcoût d'environ 46,0 €/MWh.
  • Par g.jacquin • Posté le 12/10/2018 à 11:34 Vous oubliez juste le cout de la stabilité du réseau ! Imaginez une ville sans EDF et alimentée par une éolienne. Si pas de vent, il faut un groupe électrogène pour substituer l'éolien et si le vent est variable, un régulateur pour compenser l'énergie de production manquante de l'éolienne par le groupe électrogène. Actuellement, les éoliennes qui sont sur le réseau n'ont jamais financées cette régulation. Ce sont tous les français qui l'on payée. Il serait grand de remédier à cette carence. On ne voit pas non plus dans votre article le coût des raccordement, modifications ou autres du réseau 400 et 225 KV ? Enfin, il y a bien quelqu'un qui fait la gestion entre ce que doit donner comme paiement EDF aux producteurs et ce que doit donner l'état à EDF (gestion de la CSPE) à moins qu'il ai été décidé d'augmenter le déficit d'EDF.
  • Par velkavatar • Posté le 12/10/2018 à 11:16 C’est un simple comparatif de rapport puissance/prix ? La formule est plus complexe et comprend quelques variables, aussi et surtout d’anticipation sur l’avenir. En y intégrant à présent les paramètres de dérèglement climatique, la géopolitique et autres guerres economiques. Surtout, il y a l’évolution logique vers la diversification des technologies, donc des expertises et autres progrès qu’il faut suivre et même précéder. Le manque d’anticipation ou d’adaptation étant économiquement destructeur pour les entreprises et il suffit de faire l’inventaire des ex fleurons trop lents à muter pour s’en convaincre. Par analogie, c'est comme si l'on comparait le prix d'infrastructures dédiées à la téléphonie ou au télétel, par rapport à l'internet des débuts. Il n’y avait aucun intérêt à adopter internet qui obligeait à se remettre en question, à changer les infrastructures, consommait de la bande passante et privait des operateurs de rentes confortables. Sauf que le changement a (heureusement) eu lieu et que certains en ont tiré profit alors que d’autres en ont été victimes. On peut supposer que plus la technologie est ancienne, plus le leadership est important, plus les liens irriguent le tissu économique et décisionnel rendent difficile le changement de modèle. Cela ne porte pas à conséquence si tous les paramètres sont pris en compte, et à ce sujet quel est le prix de revient réel des réacteurs ? Anciens remis en état ou neufs, les tarifs du MWh de l'EPR semblent plus proches du prix actualisé que des centrales amorties depuis longtemps. Cela n’enlève rien à la fonctionnalité du nucléaire et au fait que la France a quasiment tout misé sur cette technologie. Il y a 40 ans déjà, une génération de techniciens et d'ingénieurs. Autre variable, celle des liens avec d’autres secteurs stratégiques qu’il faut apparemment prendre en charge. Ce fut apparemment le cas suite à la dénucléarisation militaire, pourquoi pas, mais autant en intégrer les coûts en toute transparence et ne pas passer cela en pertes et profits. Reste que si quasiment tous les pays déjà développés en sortent, c’est que les problèmes post-fonctionnement semblent nombreux et difficiles à résoudre. Pour des politiques responsables, la logique voudrait que l’on mette tout les éléments de la formule sur la table avant de décider, tout comme pour l’éolien. Rien d’insurmontable, à condition de ne pas en nier la réalité et de ne pas laisser aux générations futures le soin de réparer d’éventuelles inconséquences.
  • Par PIERREM • Posté le 12/10/2018 à 11:13 Merci pour votre article qui permet d'y voir un peu plus clair dans un domaine où l'intox est reine. Je trouve intéressant que vous mettiez en évidence les capacités de production en stand-by dont on ne parle jamais et dont on n'affecte pas le coût aux énergies intermittentes qui en sont la cause alors que leur retour sur investissement devient déplorable. En outre, j'aimerais savoir dans quelle mesure le fait d'ignorer ce coût des centrales en stand-by ainsi que l'obligation d'achat des énergie fatales a pesé sur l'orientation des investissements récents, en particulier le basculement du gaz vers le charbon et la lignite dont le résultat est une forte dégradation du bilan carbone et de la pollution. A qui imputer le coût d'une telle situation et combien de temps va-t-elle durer ?
  • Par Bovy • Posté le 12/10/2018 à 11:02 L'éolien coute selon https://fee.asso.fr/comprendre-leolien/les-couts-de-leolien/; 19% de la CSPE en 2016 Me chauffant à l'électricié à l'aide d'une PAC-EnR, la CSPE se monte à 205€ por la saison 2016-17 Donc, je subventionne l'éolien à concurrence de 39€ sur l'année ! Mais, le Législateur rencontré suite à requête dénonçant les taxes TCFE (& CSPE) considère qu'il n'y pa lieu de réduire les taxes supportées par les consommateurs vertueux utilisant une PAC-EnR pour se chauffer, bien que l'augmentation du kWh de + 60% depuis 2008 ne permet plus d'amortir le cout total sur 20 ans de l'installation ! Le dossier présenté à la conseillère du député JN.Barrot, considére qu'il ne faut pas "distinguer les bons des mauvais consommateurs"...qu'il n'y a pas lieu de faire bénéficier de taxe réduite les consommateurs vertueux !!! Un dossier complet renseigné depuis l'application en 2011 des ces taxes "plombant" le prix du kWh (CSPE + de 300% depuis 2011), est à disposition de l'IFRAP HBovy qui a besoin de comprendre le raisonnnement de ce Législateur
  • Par Marc003 • Posté le 12/10/2018 à 10:13 Oui les éoliennes fournissent un KWH 2 fois + cher que l'EDF . Nous le payons dans les factures d'EDF .De plus c'est "moche" pour l'environnement. Compte-tenu des besoins mondiaux croissants en énergie , seul le nucléaire peut y répondre . En plus "c'est propre" . Les techniques actuelles doivent permettre d'enfouir les déchets de façon satisfaisante . Mais il faut "travailler" l'opinion public pour les convaincre du bien fondé de ce type d'énergie . Les Médias font le contraire .
  • Par JeanRen • Posté le 12/10/2018 à 10:11 Rappelons qu'en Allemagne, l'électricité pour les particuliers est 80% plus chère qu'en France. La capacité allemande en énergies renouvelables (éolien, solaire) représente 30% de la consommation annuelle d’électricité. Mais le réseau allemand est insuffisant pour la véhiculer vers les zones industrielles Ces énergies ne sont pas forcément produites quand on en a besoin, mais elle doivent être impérativement écoulées. C'est pourquoi leur mise à prix aux enchères journalières du marché européen est à zéro. En 2017, le prix effectif a été négatif pendant 7 jours. Le résultat global est que les subventions aux énergies renouvelables se montent à 23 milliards €/an malgré le prix élevé de l'électricité. Ceci oblige l'Allemagne à consommer massivement du charbon et de la lignite, suite à l'arrêt en cours du nucléaire et à la fermeture des centrales à gaz devenues non rentables . De ce fait, les émissions de CO2 ne baissent plus depuis 10 ans. Les allemands aussi n'ont pas pensé que le cout de l'éolien doit intégrer le cout de l'intégration au réseau, de l’extension de celui ci, et de l'intermittence de sa production. La politique allemande de développement des énergies renouvelables est un échec complet économiquement et environnementalement.
  • Par BMD • Posté le 12/10/2018 à 09:35 Vous n'avez pas traité deux points: -le premier est le coût du démantèlement et des déchets, qui n'est jamais évoqué, et qui est probablement, par kWh effectivement produit au moins égal à celui d'un réacteur nucléaire- le deuxième est le coût d'un éventuel stockage, qui en tout état de cause s'ajoutera à celui de l'éolien.
  • Par Trebor25 • Posté le 11/10/2018 à 23:25 Il faut dire ,et répéter ,que pour remplacer ,à puissance égale ,une tranche de centrale nucléaire il faut environ 1000 éoliennes ou même 2000 si l'on tient compte de l'intermittence du vent. ( 1000Mw pour l'une et 1Mw pour l'autre). Assez curieusement on peut avoir le même résultat pour le solaire , il faut 1 hectare de panneau pour 1 Mw , donc 1000ha pour fournir la même puissance qu'une tranche de nucléaire. Et plus encore en tenant compte de l'intermittence de l'ensoleillement . Tout raisonnement ou commentaire qui ignorerait cela est sans valeur. Robert25
  • Par Gerardgm • Posté le 11/10/2018 à 20:52 Le vrai problème de l'énergie - prétendue verte- éolienne est son irrégularité ! Quand le vent tombe (ou quand il est trop fort !) on n'a plus aucune production d'énergie, soit pendant 50% du temps environ. Comme une centrale nucléaire ne peut pas démarrer instantanément et que de nombreuses régions françaises n'ont d'énergie hydraulique, on est obligé d'installer des centrales THERMIQUES à gaz (russe ?) ou à charbon (d'Afrique du Sud). Bonjour le CO2 !! C'est ça l'énergie "renouvelable" "verte" etc.. ?? Et accessoirement, il n'y a pas d'entreprise française dans l'éolien; il faut donc acheter allemand, danois ou que sais-je.. Bravo ! Tout ça pour de l'énergie qui coûte au moins 2 fois le prix marché. Hallucinant !! Le prétexte écolo est arrivé au niveau du ridicule

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