Agriculture et énergie

SNCF
Droit de retrait illégal après l'agression d'un contrôleur

07 octobre 2011 • Bertrand Nouel

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Un contrôleur grièvement blessé après une agression au couteau dans un train corail Lyon-Strasbourg. Intense émotion des « roulants » de la SNCF, exercice par les cheminots de leur droit de retrait, arrêt des trains du Sud-Est au Nord de la France, des dizaines de milliers (combien à vrai dire ?) de voyageurs soudainement bloqués et contraints de dormir à la belle étoile – ou dans des wagons -, les gares parisiennes désertées par force, le service public interrompu brutalement et pour une durée indéterminée.

L'exercice du droit de retrait, rappelons-le encore une fois, légitime la suspension du travail par un salarié en cas de crainte imminente pour sa santé. Rien de tel dans le cas présent. Quel que soit le caractère révoltant de l'agression et de ses conséquences, cette agression est un fait passé et l'agresseur a été arrêté. Si ce dernier est un « fou », comme l'indique le président de la SNCF, on ne peut hélas rien faire pour prévenir les actes commis par les fous (ce que la CFDT reconnaît d'ailleurs honnêtement) ou alors il faut que les syndicats qui ont appelé à ce mouvement illégal (Sud-Rail au premier chef) nous disent s'ils veulent armer les contrôleurs.

Nous ne sommes en face de rien d'autre que d'une exploitation éhontée d'une légitime émotion. Et l'on atteint l'absurde lorsqu'on entend dire que l'attitude des cheminots quant à la poursuite de cette suspension illégale et insupportable du trafic dépendra… du sort du blessé !

Le président Pépy est dans son rôle en exprimant comme il le fait sa solidarité. Mais la mort d'un camionneur du fait d'un chauffard, d'un chauffeur de taxi du fait d'un client « fou » ou simplement voleur, ou encore celle de l'équipage d'un avion victime d'une catastrophe aérienne, n'ont jamais justifié l'arrêt de l'exploitation du camionnage, du réseau de taxis ou du trafic aérien. M. Pépy, vous soignez votre popularité, mais vous signez hélas votre impuissance à faire respecter la loi en face de syndicats qui vous dictent la leur, et vous ne vous comportez pas en patron chargé de la continuité du service public. Ce n'est pas la première fois, M. Pépy, il faut que ce soit cette fois la dernière.

Dernière minute

On vient d'apprendre de la bouche des syndicats qu'ils décidaient la reprise du travail au motif que, en substance, « 24 heures c'est bien, mais après on n'est plus payé ». Que s'est-il passé pendant ces 24 heures qui justifie la fin de l'exercice du droit de retrait ? Rien, sinon que la Direction a fait les gros yeux et apparemment établi une jurisprudence- spécifique à la SNCF-, suivant laquelle on transigeait sur 24 heures d'arrêt de travail payé et pas plus. Car évidemment toutes les réunions des partenaires sociaux, même si elles aboutissaient à un doublement des effectifs de contrôleurs, n'empêcheront jamais le genre d'incident qui s'est produit hier. C'est encore la preuve que le droit de retrait invoqué par les contrôleurs n'a aucun rapport avec l'exercice du droit de retrait légal.

Bien entendu ce sont les premières 24 heures qui sont les plus pénalisantes pour les « usagers » pris totalement au dépourvu et obligés de dormir dans le froid. Mais alors, pourquoi donc tolérer 24 heures de perturbations du service que rien ne justifie ?

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