Agriculture et énergie

Hervé Mariton

"SNCF : 10 Mds d'euros par an de contribution publique, alors que seulement un quart du réseau ferré est bien entretenu."

SNCF, transports publics et autres danseuses de la République

10 septembre 2004 • Nicolas Lecaussin

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Entretien avec Hervé Mariton, député de la Drôme, auteur d'un Rapport consacré à la dette de la SNCF

Société Civile : Monsieur le Député, pourquoi ce Rapport et quel est son "historique" ?

Hervé Mariton : Nous avons commencé le travail en février 2004 et auditionné 28 personnes. La Cour des Comptes nous a accordé son concours et je tiens à souligner que cette collaboration a été très importante et qu'elle devrait se pérenniser. De même, la Caisse des Dépôts a analysé la dette de la SNCF et la DREE (Direction des relations économiques extérieures) a réalisé une note sur les enjeux de financement du système ferroviaire au Royaume-Uni, en Allemagne et en Italie.

SC : Dans votre Rapport, vous analysez les comptes de la SNCF. Faites-vous confiance aux chiffres fournis par l'entreprise publique ?

HM : Il est vrai que les comptes de la SNCF sont contradictoires et incohérents. Mais l'une des propositions du Rapport préconise justement la transparence des chiffres : il faut que tout le monde ait accès aux vrais comptes de l'entreprise. D'ailleurs, nous avons trouvé à côté de la dette propre de l'établissement public SNCF, l'existence d'un "objet financier non identifié" que constitue le service annexe d'amortissement de la dette (SAAD) d'un montant de 5,5 Mds d'euros. Nous avons demandé une clarification rapide de cette partie de la dette.

SC : Dans les conclusions, vous faites 36 propositions de réforme. Quelles sont les plus importantes ?

HM : J'en vois cinq essentielles : d'abord, connaître les chiffres de l'entreprise, ensuite, réformer l'entretien du réseau car, sur 32.000 km de réseau, seulement ¼ est bien entretenu ; il faudrait aussi ouvrir à la concurrence les transports régionaux, valoriser les gares en les confiant à une structure unique dans laquelle pourront intervenir des investisseurs extérieurs et recentrer la SNCF sur ses véritables missions. Je tiens aussi à préciser que ces conclusions ont été approuvées par l'ensemble des parlementaires et la Commission des finances a voté à l'unanimité les propositions.

SC : Quelles ont été les réactions des dirigeants de la SNCF ?

HM : M. Gallois a été auditionné une première fois au mois de juin et il le sera à nouveau après la publication de ce Rapport dans le cadre de ma mission de rapporteur spécial des crédits de l'équipement et des transports terrestres, ce qui marquera le début d'une nouvelle relation entre le Parlement et l'entreprise publique.

SC : Vous préconisez l'ouverture à la concurrence et l'implication d'investisseurs extérieurs dans certains services assurés par la SNCF. Pourquoi ne pas envisager une véritable privatisation ?

HM : Parce que personne ne l'achèterait. Vu la situation financière de l'entreprise, qui aurait le courage de mettre de l'argent et d'investir ?

A lire également dans ce dossier :

- De larges extraits du livre de Christian Gérondeau : "SNCF, transports publics et autres
Les danseuses de la Républiques"

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