Agriculture et énergie

Les SAFER s'attaquent aux lopins de terre et aux jardins

21 décembre 2009 • Philippe François

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Sur les ventes de propriétés agricoles, les SAFER prélèvent des commissions, de 6 à 8% pour les transactions de gré à gré, et de 10 à 12% en cas de préemption. Des taux en général supérieurs à ceux des agences immobilières.

Pour les SAFER, opérer sur le marché des propriétés de prestige est très rentable. Mais, à défaut, elles opèrent aussi sur celui de terrains vraiment petits. Ni les uns ni les autres ne semblaient pourtant faire partie de leurs missions.

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Annonces de la SAFER

46 ares 42 centiares, pour ceux qui auraient oublié ces unités, correspondent à moins de ½ hectare, exactement à 4642 m2. C'est le terrain que la SAFER des Alpes-Maritimes cherche à rétrocéder dans le petit village de Cantaron de la banlieue de Nice, par cette annonce parue dans Nice-Matin. Surface agréable pour une maison à la campagne, mais très insuffisante pour « installer un jeune agriculteur » ou « consolider une exploitation agricole existante », les deux grandes « missions » des SAFER. A Gréolières, village de montagne de l'arrière-pays niçois, les 11 parcelles à vendre ne constituent au total que 2 hectares 44 ares et 67 centiares, soit une moyenne d'environ 2.000 m2 par parcelle.

Pour être acquise puis rétrocédée par la SAFER, chacune de ces parcelles aura suivi un long périple administratif.
- Etude d'utilité de la parcelle en fonction des missions de la SAFER
- Procédure d'achat amiable ou de préemption par la SAFER

- Mise en vente, appel à candidature, publicité légale par la SAFER

- Etude des candidats acheteurs par les personnels de la SAFER
- Avis du Comité technique de la SAFER

- Avis des Administrateurs de la SAFER

- Approbation des deux Commissaires (Finances et Agriculture) du gouvernement

- Attribution du terrain à l'un des candidats

On savait que simuler de façon administrative le fonctionnement d'un marché libre est complexe et inefficace, mais appliqué à des lopins de terre cela devient ruineux. L'utilité des SAFER est en général douteuse, mais dans des cas extrêmes comme ceux-ci, leur intervention est-elle tolérable ?

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Commentaires

  • Par Philippe François • Posté le 21/12/2010 à 17:18 Plusieurs SAFER semblent dans une situation financière difficile, sans doute après s'être lancées dans des interventions tout azimut, châteaux, propriétés de haut de gamme. Au cours de leur congrès, les SAFER ont d'ailleurs osé demander la création d'un nouvel impôt en leur faveur. Face à ces difficultés, il est à craindre qu'elles fassent feu de tout bois pour trouver de l'argent et préemptent pour revendre plus cher même les petits lopins.
  • Par Rage • Posté le 21/12/2010 à 17:18 Sur un terrain de moins de 7 ares la safer fait préemption pour une somme dérisoire même pas au niveau de l'achat du terrain il y'a plus de quinze ans. A l'époque ce sont les domaines qui l'avaient vendu !

    Les organismes se revendiquant du bien public ne font visiblement office de régulateur que lorsque le vendeur n'est pas l'administration.
  • Par FRED • Posté le 02/11/2010 à 05:58 Bonjour je suis agriculteur dans les alpes maritimes et je suis scandalisé par vos propos! Remettre en cause l'utilité de la SAFER dans une région ou l'urbanisation à été poussé à son extréme m'est insuportable. Encore heureux que la safer peut intervenir sur des petites parcelles! Il serai peut être bon de dire que sur notre belle région un maraicher peut s'installer et bien vivre avec seulement 4000m2 , un chevrier se sort un smic avec seulement 30 chévres qu'avec 600m2 on peut récolter 30 000 € de safran... autant dire que l'agricutlture des alpes maritimes est unique et que sont fonctionnement l'est aussi. Pour la premiére fois le chiffre des jeunes installés à dépassé celui des départs et peut-être en partie grace à la Safer. A bon entendeur.
  • Par MC • Posté le 27/01/2010 à 15:12 Je crois avoir trouvé un cas encore plus spectaculaire que ceux que vous avez décrits dans votre article. Carrément un terrain à bâtir de 1300 m2 pour 310.000 euros. Qui dit mieux ?
    Espérons que la SAFER ne l'a pas acheté ou préempté au malheureux propriétaire comme terrain agricole à moins de 5.000 euros. Si la SAFER applique son taux de commission habituel de 6% sur ce terrain, elle aura gagné 18.600 €. Quelqu'un peut-il me dire en quoi cette vente a le moindre lien avec la "mission" de cette SAFER ? Qu'en disent les deux commissaires du gouvernement ?
    http://www.proprietes-rurales.com/fr/achat,vente,propriete,haute-savoie,...

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