Agriculture et énergie

Electricité éolienne, un prix décidé à l'envers

Pour la transparence des coûts

27 août 2009 • Philippe François

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L'énergie éolienne se développe très rapidement en France depuis 4 ans grâce à l'obligation d'achat à prix fixé par le gouvernement. Certains critiquent les éoliennes du point de vue esthétique. Mais pour qu'elles soient acceptées au moins du point de vue économique, il faut améliorer la transparence de leurs coûts.

Le prix de l'électricité éolienne est bien connu puisqu'il est fixé par l'Etat. D'après le site du ministère du développement-durable, l'électricité éolienne est achetée par EDF 85,6 € par MWh (indexé sur l'inflation) pendant les 10 premières années de production. Pour être tout à fait précis, il faudrait y ajouter le coût de modification et de gestion du réseau de transport électrique et les divers subventions (ADEME, Région …) dont cette énergie bénéficie.

Ce prix d'achat a été calculé par le Ministère en partant du coût de production des centrales éoliennes, de façon à assurer une rentabilité attractive aux trois intervenants : investisseurs, communes et propriétaires de terrain. Il a rempli son rôle puisque les centrales éoliennes se multiplient à travers la France.

Dans un marché normal, s'il est bon que les fournisseurs soient satisfaits, il est aussi souhaitable d'avoir l'opinion des clients sur les prix proposés. EDF et ses concurrents ayant une obligation d'achat à ce prix, il est impossible de connaître la véritable utilité et donc le véritable coût pour EDF et ses concurrents du MWh éolien. La bonne méthode serait la démarche inverse. Des appels d'offre devraient être lancés auprès d'EDF et de ses concurrents pour l'achat de la production de centrales éoliennes. Le résultat de ces enchères indiquerait, quelle valeur ces entreprises attribuent à cette production. Elles sont bien les seules à pouvoir le faire, région par région, en fonction des caractéristiques de leur production propre et de consommation de leurs clients. [1]

Pour permettre à la filière éolienne de poursuivre son développement, l'Etat compléterait ce prix par une subvention ramenant le prix payé au propriétaire d'éoliennes à 85,6 €. Les éoliennes resteraient aussi attractives pour les investisseurs, mais la transparence des coûts y gagnerait considérablement.

[1] Les centrales nucléaires et hydrauliques produisent à un coût de 30 à 40 € / MWh.

Commentaires

  • Par jeanpi • Posté le 12/03/2010 à 10:52 Il faut également se préoccuper de l'intérêt de cette filière pour la collectivité. Le surcoût (85,6 - 35 prix de production EDF) plus l'obligation de renforcer le réseau pour y injecter la production éolienne, plus l'obligation de construire des centrales thermiques pour faire face aux imprévisibilités de la production éolienne, devrait avoir un intérêt. L'ADEME prétend que cette production diminue la production de gaz à effet de serre. Or la CRE et l'Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques prouvent le contraire; position que je partage. La vérité semble que l'éolien permet d'acheter des voix lors des votes!
  • Par Henri GIRAUD • Posté le 10/02/2010 à 23:50 Une caractéristique fondamentale des éoliennes est l'intermittence du vent et donc de la production d'électricité. On parle d'une disponibilité de 25 à 33 %. Si donc on compte sur la capacité installée d'un parc éolien , il faut le doubler d'un parc thermique de puissance équivalente susceptible de démarrer sans délai dès que les éoliennes sont défaillantes (trop de vent ou pas de vent). Le CO2 émis n'est que de 75 à 67 % de celui émis si le parc thermique marchait en permanence . En final , un parc d'éoliennes émet du gaz carbonique ! Par ailleurs l'investissement total est copieux : parc éolien + raccordements +parc thermique .

    Pour échapper à cette malédiction, une seule solution un parc de secours hydraulique (pas commode au DANEMARK ou en ALLEMAGNE ) ou ne rien faire .

    Les "études" publiées par le syndicat des énergies renouvelables n'ont pas encore pris en compte cette contrainte. Enfin, il n'y a pas de vent quand il fait froid ou chaud en France donc les besoins en heure de pointe ne peuvent être satisfaits par les éoliennes ...

    Comme on le voit , cette fuite en avant écologique est ubuesque et on peut se demander si le gouvernement a consulté des experts sérieux non courtisans ou lu ou fait lire quelques livres techniques de base. Que font les ingénieurs du corps des mines ?
  • Par Dennis Grier • Posté le 11/01/2010 à 09:49 Pour plus de transparence, lisez le rapport suivant:
    http://www.instituteforenergyresearch.org/germany/Germany_Study_-_FINAL.pdf
  • Par Philippe François • Posté le 08/01/2010 à 17:24 La position de l'iFRAP sur les éoliennes est définie dans un texte un peu ancien il est vrai mais disponible sur notre site :

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