Agriculture et énergie

Christian Gerondeau - Éditions du Toucan

CO2 : un mythe planétaire

10 février 2010 • Sandrine Gorreri

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La lecture du livre de Christian Gerondeau, CO2, un mythe planétaire apporte un éclairage important et différent des rapports officiels et du sommet de Copenhague.
Polytechnicien, Christian Gerondeau est un spécialiste des questions de transports et a déjà, dans de précédents ouvrages, dénoncé le terrorisme intellectuel du politiquement correct en matière d'écologie.

Dans ce livre, il donne à réfléchir sur le paradoxe suivant : comment croire que les ressources en pétrole et gaz ne vont pas être utilisées jusqu'à épuisement et en même temps croire que l'on va réduire les émissions de CO2 qui en sont la conséquence et sont responsables de l'effet de serre ? Comment croire que le pétrole que nous renoncerons à utiliser ne serra pas utilisé par des Chinois ou des Indiens qui en ont un besoin impérieux pour leur développement et pour sortir leurs pays de la misère ? Si nous ne pouvons souscrire à de telles affirmations, alors nous devons convenir que lorsque nous réduisons nos émissions de CO2, nous ne réduisons rien du tout.

Christian Gerondeau résume la situation ainsi : « Économiser pour réduire nos dépenses et ne pas gaspiller les ressources du globe, oui, bien sûr ; préparer par ailleurs l'après pétrole, évidemment.
Mais s'imaginer que le CO2 éventuellement épargné à cette occasion puisse contribuer à « sauver la planète » relève de la science-fiction puisqu'il sera émis par quelqu'un d'autre, en Chine ou ailleurs.
Dilapider l'argent du contribuable ou du consommateur dans cette illusion est alors coupable. »

Et c'est bien là le problème : aujourd'hui, la préoccupation écologique est partout.
Pas un jour sans qu'un média n'évoque le réchauffement climatique et qu'on ne nous propose de nouvelles idées pour réduire nos émissions de gaz carbonique.
Le foisonnement des initiatives est tel que l'on se demande parfois si elles sont raisonnables.
C'est particulièrement le cas en matière de politiques publiques mises en oeuvre pour modifier nos comportements énergivores.
Grenelle de l'environnement, taxe carbone ou encore certificats d'économies d'énergie délivrés par l'administration en gage des efforts menés pour baisser la consommation d'énergie : tous ces exemples montrent les nouvelles taxes et les nouvelles dépenses conçues au nom de la lutte contre les émissions de CO2.

En présentant les résultats de travaux de scientifiques qui contestent l'origine humaine du réchauffement climatique, notamment en présentant des indicateurs contradictoires entre concentration de gaz carbonique et réchauffement de l'atmosphère, Christian Gerondeau remet en cause les prévisions particulièrement alarmistes qui selon lui visent une manipulation de l'opinion.
Cet ouvrage propose finalement de prendre du recul sur les informations dramatiques abondamment relayées dans la sphère médiatique et de réagir de manière plus raisonnée sur ces questions environnementales.
Une recommandation qui trouve particulièrement à s'appliquer en matière de conduite des politiques publiques.

Commentaires

  • Par salgrev • Posté le 11/02/2010 à 14:11 J'approuve que quelqu'un ait le courage de dire que nous sommes menés en bateau par un lobby puissant et qui n'a rien de "scientifique", mais qui cherche au contraire à faire illusion en jouant la morale de Tartuffe.

    Il faut lire ce livre !!!
  • Par JRBIG • Posté le 11/02/2010 à 11:27 M. Gérondeau nous présente des arguments tout à fait recevables sur la difficulté, voire l'impossibilité de réduire d'un facteur 2 nos émissions de CO2 d'ici 2050. On l'a vu à Copenhague, les PVD et en particulier le BRIC n'y sacrifieront pas leur développement, même s'ils se déclarent décidés à améliorer leur efficacité énergétique, ce qui est en soit un demi succès pour cette conférence.

    En revanche, M. Gérondeau s'égare lorsqu'il conteste l'origine du réchauffement sur la base de quelques avis isolés et quelques erreurs relevées dans les travaux du GIEC. S'il est réel, le réchauffement anthropogénique n'est ni de gauche ni de droite. Il n'appartient pas plus à de quelconques irresponsables écologistes. Il appartient à la communauté scientifique mondiale d'en faire le diagnostic. Le GIEC fait la synthèse de ces travaux et chacun peut consulter son dernier rapport de 2007. L'origine anthropique du réchauffement est tenue pour probable à plus de 90% sur la base de plus de 600 publications aboutissant à des modèles climatiques générés par 14 équipes distinctes. Leurs résultats sont remarquablement cohérents dans la reconstitution du climat des 100 dernières années (cf ar4-wg1-chapter8 FAQ 8.1, Fig. 1) et leur diagnostic sur le réchauffement s'en trouve fortement étayé.

    En face, on négligera la manipulations climategate qui ne met pas en cause la communauté des scientifique et détourne le sens du mot "trick". L'erreur sur la fonte des glaciers himalayens est plus grave parce qu'elle a été fréquemment reprise par les média. Mais elle ne vient pas de la partie scientifique du rapport et elle a été reconnue par le GIEC.

    Les scientifiques sceptiques ont des arguments faibles. En France, Allègre abaisse le débat en confondant climatologie et météorologie. Courtillot fait erreur sur erreur dés lors qu'il sort de son domaine de compétence pour publier sur le climat.

    A l'étranger, la polémique est de meilleur niveau. Elle porte sur l'influence des variations du flux d'énergie solaire et il y a un désaccord irréductible pour le moment entre les deux partis, avec une énorme majorité pour l'anthropogénie.

    IL appartient en tout état de fait à la communauté scientifique de trancher sans se laisser influencer par le tombereau de manipulations et arguments tronqués que l'on voit fleurir aujourd'hui. La formation de polytechnicien de M. Gérondeau devrait l'aider à ne pas s'y laisser aller.

    Ensuite, nous ne pourrons que travailler pour économiser l'énergie et pallier aux effets du réchauffement en évitant les fausses solutions comme par exemple certains agrocarburants dispendieux ou le photovoltaïque exorbitant.
  • Par Philippe GALTEAU • Posté le 11/02/2010 à 09:57 Bien sûr que l'écologie est devenue le faux nez de tous les antis, -capitalistes, -libéraux et pour des raison bassement démagogiques, le Président a fait de cette invraisemblable nullité de J.L.Borloo un Ministre d'Etat!

    Malheureusement, le soupçon généralisé à l'égard des scientifiques, surtout s'ils sont sérieux, donc intellectuellement prudents et nuancés, laisse libre cours aux J.Bové, NKM (et n'est-elle pas polytechnicienne?), et autres Nicolas Hulot. Mais ils ont le talent d'exploiter les medias.
  • Par Pierre Allemand • Posté le 11/02/2010 à 09:14 Christian Gerondeau s'attaque à forte partie : en effet, le "réchauffement climatique", c'est surtout et avant tout une religion. Les personnes "croient" au réchauffement parce que cela constitue une sorte de punition de leur comportement : le CO2, ce n'est que la marque de leur consommation, et consommer, c'est "mal". Partant de cette constatation, il est évident qu'aucun raisonnement scientifique ne viendra à bout de ce dogme. Il est donc également essentiel d'affirmer avec force que ce n'est pas "bien" de consommer moins. C'est simplement mieux pour son portefeuille personnel, ce qui n'est déjà pas si "mal". Cette affirmation, peu ou pas du tout de scientifique sérieux non convaincu par le dogme, ne la porte haut et fort.

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