Agriculture et énergie

Christian Gérondeau - Albin Michel

Ce qu'on dit et ce qu'on ne dit pas sur l'écologie

Ecologie : La grande arnaque

31 août 2007 • Nicolas Lecaussin

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Et si la politique environnementale nous coûtait encore plus cher que les éventuels désastres écologiques ? Et si les "actions écologistes" étaient les vraies menaces pour notre planète ?
Voici quelques questions auxquelles répond Christian Gérondeau. Ingénieur, spécialiste des transports, il publie un ouvrage qui provoquera sûrement plus qu'un scandale.

Toutes les rentrées ont leurs bonnes et mauvaises nouvelles. En matière d'écologie, les mauvaises sont les agitations des politiques et les gaspillages d'argent public, le ministère du développement durable, le "Grenelle de l'environnement" ou les déplacements du ministre Borloo pour "constater la fonte des glaces". Mais il y a aussi de bonnes nouvelles comme les parutions de livres de plus en plus critiques à l'égard de la façon dont on fait de l'écologie et aussi contre les écologistes, ces "khmers verts", plus défenseurs d'une idéologie totalitaire que de la nature. À cela s'ajoutent des livres très approfondis sur l'état de la planète et la vérité concernant le réchauffement climatique au-delà des clichés médiatiques. Les ouvrages de l'ancien ministre Claude Allègre, "homme de gauche", en font partie et constituent une mine d'arguments pour tous les sceptiques à l'égard de l'écologie du XXIe siècle.

Or, voici qu'un nouveau livre paraît ces jours-ci (le 27 septembre) : Écologie. La grande arnaque (Albin Michel) de Christian Gérondeau dont l'approche est originale et mérite qu'on lui accorde la plus grande attention. L'auteur de Candide au pays des libéraux ne se contente pas de critiquer nos écologistes de service, il donne, chapitre par chapitre, un chiffrage précis de ce que nous coûte notre politique écologique. S'il ne nie pas le réchauffement climatique, ni le rôle de l'homme dans ce réchauffement (tout en rappelant que ces changements ont toujours existé), Gérondeau montre avec moult arguments que les initiatives politiques pour empêcher ou retarder ce phénomène sont grotesques et extrêmement coûteuses et pourraient même provoquer les effets inverses de ceux souhaités. Comme par exemple la construction de la ligne ferroviaire Lyon-Turin dont le montant total des travaux s'élève à 15 Mds d'euros ! Pour les politiques et les écolos, ce projet est "crucial pour réduire les émissions de gaz carbonique et le sauvetage de notre planète". Or, précise l'auteur, le tunnel évitera chaque année le rejet dans l'atmosphère de 125 000 tonnes de gaz, ce qui correspond à onze minutes des émissions chinoises actuelles ! Développer l'énergie solaire dans des pays où il n'y a pas de soleil ou annoncer en grande pompe l'ouverture des stations à éthanol alors qu'il n'y a pas de voitures pour l'utiliser relève de la même démagogie écologiste.

Il faut être réaliste et se débarrasser de l'idéologie et des initiatives coûteuses et inutiles, soutient à juste titre l'auteur. Par exemple, dire qu'il faut diminuer de 10 % nos émissions de gaz carbonique n'a pas de sens car cela ne fera réduire que d'une centaine de milliards la quantité de gaz présente dans l'atmosphère en 2050, c'est-à-dire à une quantité totalement négligeable. Ces réductions seront d'ailleurs difficilement contrôlables car aujourd'hui c'est le tiers-monde que rejette plus de la moitié du gaz carbonique dont 20 % par la Chine seulement. Imposer à ces pays des réductions drastiques tient du voeu pieux, leur croissance étant liée à la consommation du gaz et du charbon et, même en les obligeant à une réduction, comment vérifier qu'ils appliquent leurs éventuels engagements.

Nos gouvernants devraient être réalistes et arrêter de proposer des solutions irréalisables ou de désinformer la population. S'attaquer à la circulation routière et interdire les voitures n'a aucun sens, celles-ci ne représentant que 12 % environ de la production de gaz à effet de serre ; encourager les énergies éolienne et solaire coûte très cher et dans certains pays comme le Danemark, la production est insuffisante, extrêmement coûteuse… et polluante, car il faut construire des centrales à charbon pour compenser le manque d'énergie lorsqu'il n'y pas de vent ou de soleil… Leur hypocrisie n'a plus de limites et l'argent public ne compte pas. Pourquoi dépenser 12 Mds d'euros par an (plus que pour nos universités) pour le transport par rail alors que celui-ci ne représente que 4 % des transports en France ? Pourquoi continuer à encourager le fret à coups de milliards de subventions alors qu'il n'arrivera jamais à remplacer le transport des marchandises par camions, à moins de construire des voies ferrées tous les 100 mètres ? Et ceux qui nous obligent à renoncer à la voiture ou bien à ouvrir notre portefeuille n'ont aucun scrupule pour eux-mêmes : ils ont plusieurs voitures avec chauffeur, prennent l'avion ou l'hélicoptère toutes les semaines ou bien polluent allègrement la planète. Comme l'ancien vice-président américain Al Gore dont le film sur le climat a obtenu deux Oscars et dans lequel il implorait les Américains d'économiser l'énergie. Le problème, c'est que certains journalistes ont découvert que la facture d'électricité de Monsieur Gore s'élève à 25 000 dollars par an, soit vingt fois plus élevée que celle de l'Américain moyen et que sa piscine seule consomme plus qu'un pavillon américain classique ! Drôle de manières pour "sauver la planète".

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