Agriculture et énergie

Baisse du pétrole : la taxe poisson se prend dans les filets

22 janvier 2009 • Bertrand Nouel

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C'était en 2006, puis en novembre 2007 et pour la dernière fois en mai 2008 : l'augmentation du gazole provoque les mouvements des pêcheurs avec blocage des ports. En novembre 2007 le chef de l'Etat, descendu au Guilvinec, promet un ensemble de mesures et très vite est créée une taxe de 2% sur la vente du poisson dans les grandes surfaces, destinée notamment à financer les aides à la modernisation de la pêche.

Cette taxe est immédiatement attaquée à Bruxelles par la grande distribution qui crie à la mesure anticoncurrentielle. Le procès n'a pas encore trouvé d'issue en janvier 2009.
Entre temps Paris a débloqué des fonds pour les pêcheurs à la suite des blocages de ports de mai 2008, puis Bruxelles retoque une partie des 15 mesures prévues par le gouvernement.

Mais le prix du gazole vient de s'effondrer cet hiver. Du coup la Fédération du Commerce et de la Distribution, auteur du recours judiciaire contre la taxe, demande au gouvernement de supprimer cette taxe qui n'a plus de raison d'être. Logique ? Pas si simple.

Le produit de la taxe ne va pas directement de la poche du consommateur de poisson au marin-pêcheur via la grande surface. La modernisation du secteur, mesure structurelle au demeurant indispensable, ne va pas s'arrêter parce que le prix du gazole s'effondre. On pourrait aussi logiquement dire qu'il revient dorénavant aux pêcheurs et non plus au contribuable de financer cette modernisation. Plaisanterie très française bien entendu, on ne supprime pas des aides au prétexte que les circonstances qui lui ont donné naissance ont disparu !

Mais il y a quelque raison de rester vigilant : le prix du gazole, c'est certain disent les économistes, va réaugmenter. Et si, comme ce n'est pas impossible, les pêcheurs reprennent le blocage des ports pour obtenir de nouvelles aides, alors là, il y aura matière à rappeler l'historique auquel nous venons de nous livrer !

A suivre donc.

Commentaires

  • Par Bertrand Nouel • Posté le 23/01/2009 à 09:10 Très juste, cette prime est aussi à classer dans les mesures-cliquet d'assistanat, celles qui persistent même quand les circonstances qui leur ont donné naissance ont disparu.
    La prime est de 200 euros pour les personnes non-imposables ayant une facture de fuel domestique d'au moins 200 euros entre septembre 2008... et le 31 mars 2009! Personne n'a voulu envisager le cas où le prix du fuel s'effondrerait, ce qui est effectivement surprenant
  • Par Gilles • Posté le 23/01/2009 à 09:10 Il y a plusieurs mois, quand le fuel a grimpé en flèche, notre bon gouvernement a créé une "prime à la cuve" pour les foyers défavorisés. Maintenant que le fuel est bien redescendu, quelqu'un a-t-il pensé à supprimer la dite "prime à la cuve" ?
  • Par Bertrand Nouel • Posté le 23/01/2009 à 05:27 Cette taxe s'ajoute à la TVA au taux réduit de 5,5% sur les produits alimentaires. Une généralisation ne serait pas possible autrement qu'en changeant le taux réduit.
  • Par Sceptique • Posté le 23/01/2009 à 05:27 Je suis surpris d'apprendre que la taxe "poisson" ne s'applique qu'au commerce des grandes surfaces. Je pensais qu'elle concernait tout le négoce du poisson, une fois celui-ci vendu par les pêcheurs aux mareyeurs (on sait la marge prise par ces derniers sur une marchandise très périssable, dont les pêcheurs doivent se débarrasser au plus vite). Dans ces conditions, la taxe et son utilisation sont très attaquables.

    Sa généralisation, à un taux plus faible frappant le chiffre d'affaires du négoce du poisson, national et importé, permettrait le financement de réformes structurelles, et l'abondement des caisses de retraite et d'une assurance "perte d'exploitation".

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