
La Burlington Nothern Santa Fé railway (BNSF) évoque les grands espaces de l’ouest et du sud des Etats-Unis, peut-être même les films de cow-boy pour certains. Mais il s’agit d’une entreprise. En 2008, son chiffre d’affaires était de 18 Mds $ et son bénéfice de 2 Mds $. La même année, le chiffre d’affaires de Fret SNCF était de 1,7 Md € et ses pertes de 350 M €. Un bénéfice de 10 % du CA d’un côté, une perte de 20 % de l’autre. Au rythme actuel (2009) des pertes de Fret SNCF, l’équivalent des 7 milliards d’investissement que l’Etat va consacrer au fret sera détruit en moins de 10 ans.
Pour survivre puis réussir, les chemins de fer américains se sont drastiquement réformés. D’après les données de la Federal Railroad Administration publiées par Le Monde, les sept plus importants opérateurs de fret représentant 90% du trafic ont, depuis 1990, réduit le nombre de salariés de 23% et la taille de leurs réseaux de 43%. Depuis 1980, leur productivité a augmenté de 93%. A Fret SNCF, la productivité a baissé sur la même période.
Cet investissement privé spectaculaire dans le fret ferroviaire américain a entrainé en France des commentaires enthousiastes sur ce « modèle » où le chemin de fer serait prépondérant par rapport à la route. En réalité, toujours d’après la Federal Railroad Administration, le chiffre d’affaires du fret ferroviaire ne représente que 57 Mds $ par an contre 680 Mds pour le fret routier. En poids transportés, les données sont très différentes, les chemins de fer remportant 40% du marché exprimé en Tonne x kilomètre.
L’exemple de la BNSF et de Warren Buffet montre qu’une entreprise de fret ferroviaire n’est pas nécessairement en déficit si elle est gérée. On le savait déjà grâce à la Deutsche Bahn. Mais espérer, sur notre continent, un report massif du trafic camion sur le ferroviaire est illusoire. D’abord, les frontières nationales restent des espaces où une très grande partie des marchandises restent cantonnées. Ensuite, les chemins de fer américains transportent, sur de très grandes distances, des quantités considérables de minerais et de matières premières agricoles. Ces produits sont déchargés dans des ports français rarement situés à plus de 300 kilomètres de leur lieu d’utilisation. Enfin sur des distances de quelques centaines de kilomètres les coûts et délais de transbordement limitent considérablement l’intérêt du chemin de fer.
1) il n’existe aucun risque que Warren Buffet veuille investir dans Fret SNCF tel qu’il est actuellement organisé et géré.
2) la rentabilité des investissements dans le fret ferroviaire en France devrait être soigneusement évaluée avant le lancement de chantiers pharaoniques. Les autoroutes ferroviaires et maritimes actuelles ne survivent que grâce à des subventions massives. C’est mauvais signe alors que seuls les meilleurs créneaux sont exploités.
En Europe, il a la libre circulation des biens. Ce n'est pas parce qu'on ne sait pas faire qu'il faut critiquer les Etats-Unis. (...) Lire la suite
alfred - 19/12/09 11:14
L'une des motivations de W. Buffett en investissant dans Burlington Northern est que le fret ferroviaire va dans l'avenir devenir (...) Lire la suite
Le gargaillou - 13/11/09 22:26
Le management actuel de fret-SNCF qui a concocté le plan de relance fret est le même qui est responsable de la situation actuelle. (...) Lire la suite
CL - 10/11/09 16:09
Selon ma propre expérience, j'ai pratiqué les transports de pondéreux par rail, l'utilisation de la SNCF est (...) Lire la suite
hledémocrate - 08/11/09 12:27
Le fret SNCF et sa relance prétendue est une véritable mascarade mediatico-borlesque qui n'a aucune chance de se réaliser (...) Lire la suite
jh - 08/11/09 11:12
Les résultats calamiteux de fret-sncf ne se retrouvent dans aucun autre pays européen. C'est d'abord l'échec (...) Lire la suite
Dorle - 07/11/09 13:57


