Ce dossier sur la SNCF date de 2001 et vous pouvez trouver une version actualisée : SNCF : bilan et avenir
La retraite à 50 ans payée par les contribuables : 14 milliards
Des salaires élevés et des primes « à la pelle »
Un Comité d’entreprise très charitable : un régime de Santé propre, des vacances cinq fois moins chères
Au total : 75 milliards pour les contribuables
La différence de 61,5 milliards est donc payée par l’Etat et les Collectivités locales. Il faut ajouter 14 milliards (insuffisance compte retraite), qui n’apparaissent pas dans le compte de résultat.

Le total est donc de 75,5 milliards. Il est intéressant de remarquer que les recettes commerciales couvrent à peine les salaires + charges (46,5 milliards) et la contribution de 36,29 % pour la retraite. 75 milliards, c’est trois fois et demie le budget de la Justice, c’est l’équivalent de 650 000 d’emplois payés au SMIC, c’est une somme de 3200 francs que chaque Français actif doit mettre du côté au début de l’année qu’il prenne le train ou non. C’est surtout 1% du PIB. Monsieur Gallois dégage des « bénéfices » au prix de manipulations sans scrupules en transférant les pertes sur le RFF (Réseau Ferré de France) créé de toutes pièces en 1997 pour reprendre le passif colossal de la SNCF. Pourquoi une dette de 232 milliards de francs ? Pourquoi cette contribution annuelle de 75 milliards de francs ? Ce sont des questions auxquelles nous allons essayer de répondre dans ce dossier.
travail à vie,
des salaires 23 % plus élevés que dans le privé (203 000 contre 163 940),
des retraites doubles
et départ à la retraite à 50 ans pour les roulants et 55 ans pour le reste du personnel,
une semaine de travail de 25 heures (les conducteurs du TGV),
gratuité du transport pour les agents et pour leurs familles
La pension de retraite normale est accordée à l’âge de 55 ans. Néanmoins, certaines catégories de personnel comme les agents de conduite peuvent partir à 50 ans après 25 années de service. A la SNCF, on raisonne en années d’activité. Toute année d’activité donne droit à une pension de retraite égale à 2 % du dernier revenu avant la retraite. Par exemple, 37,5 années d’activité (pour les non-roulants) débouchent sur une retraite à 75% du dernier revenu. La SNCF dispose d’une caisse de retraite propre. Le coût de la retraite est de 24 milliards de francs. La différence de 14 milliards de francs qui assure l’équilibre de la caisse reste à la charge de l’Etat donc du contribuable.
Parmi celles-ci : La prime de fin d’année, la gratification de vacances et la gratification annuelle d’exploitation, c’est-à-dire un surcroît de rémunération de l’ordre de 7,70%. S’y surajoutent des « primes de travail » de la filière concernée, des indemnités pour heures supplémentaires, des allocations de déplacement (non imposables), des primes supplémentaires pour conduite de TGV, des primes de parcours, etc. Les conducteurs ont même exigé, et obtenu, une prime spéciale de congé afin de compenser la perte des primes de conduite pendant leurs congés. Un comité d’entreprise très généreux Mais on ne peut pas oublier le Comité d’entreprise (CE) pour lequel le contribuable français paye 600 millions de francs à l’année. En fait il y a 27 CE régionaux qui versent au CCE (Comité Central d’Entreprise) une part importante. Et c’est le CCE qui gère ensuite le parc immobilier de la SNCF et les vacances des cheminots. Le patrimoine peut être évalué à soixante-six centres de vacances et douze maisons familiales, à quoi s’ajoutent les campings.
A la SNCF il y a une Caisse de prévoyance instituée en vertu des dispositions d’un décret du 6 août 1938 qui a fixé le régime spécial d’assurance des agents. Elle a été mise en place par décision du Conseil d’administration de la SNCF en date du 18 janvier 1939. Les cheminots peuvent se faire soigner gratuitement sur leur temps du travail dans les 23 centres médicaux régionaux, les 200 cabinets de la SNCF et 15 900 établissements de soins agréés SNCF. La caisse est en relation avec 292 000 professionnels de santé agréés SNCF parmi lesquels les plus grands spécialistes de France. La plupart des spécialistes des centres médicaux de la SNCF viennent des hôpitaux ou des cliniques privées et sont payés à l’heure par la SNCF. Pour un agent de la SNCF tout est gratuit y compris les soins dentaires à condition qu’il se fasse soigner par les médecins agréés par la Société. Le Rapport annuel 1998 de la Caisse de Prévoyance nous montre des ressources totales de 9 milliards de Frs. Mais en regardant plus attentivement on trouve une contribution de la SNCF de 2,8 milliards de Frs. Comparaison avec l’étranger : Dix fois plus de personnel qu’au Japon (rapport : voyageurs transportés par agent). Réforme en Europe : La plupart des pays du vieux continent se trouvent sur la voie de l’ouverture à la concurrence sauf la France qui n’a pris aucune mesure pour réduire les dépenses, pour rendre le réseau plus efficace. Ainsi, la Suède, les Pays-Bas ou l’Allemagne ont réformé le transport ferroviaire pour diminuer leurs effectifs. A la SNCF, on a un Crédit Lyonnais tous les deux ans et cela depuis 20 ans. A l’exception du « Rapport interdit » sur la SNCF de Christian Julienne paru en 1996 et de quelques articles, personne n’en parle. Est-ce qu’on peut continuer à cacher aux Français cette réalité au nom du service public ?
Merci de votre soutien.
Ces chiffres, qui ont près de 10 ans, ont été actualisés dans notre dernier dossier :
SNCF : bilan et avenir du système ferroviaire français
Peut-on sauver la SNCF de la faillite programmée ?
Il a été publié dans la revue Société Civile n° 84 d'octobre 2008.
Vous trouverez une courte synthèse sur notre site à l'adresse suivante :
Peut-on sauver la SNCF de la faillite programmée ?
La rédaction (iFRAP) - 10/12/08 9:59
Remarquable.
Mais ce serait bien de réactualiser les chiffres et de préparer quelque communiqué à sortir à la presse quand la SNCF publiera officiellement ses chiffres.
En effet, écoutant de temps à autre BFM lorsque je suis en voiture, j'étais sidéré au printemps dernier de les entendre annoncer le "bénéfice" de la SNCF sans aucun esprit critique...
Le bon journalisme se perd.
PhL
LEMBO - 10/12/08 9:59



