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Société Civile n°51 - 20 octobre 2005

La productivité des cheminots est 2 fois moins bonne en France qu'aux Etats-Unis


Aux Etats-Unis, la productivité par salarié des sociétés de transport par rail est 2,5 fois plus élevée que celle d’un cheminot français. Comparaison entre deux systèmes différents.

La productivité des salariés qui travaillent dans les entreprises en France est comparable à celle des autres pays développés. Un exemple : les dirigeants de Ford considèrent qu’il est rentable de fabriquer dans la région de Bordeaux les boîtes de vitesse de la plupart de leurs voitures vendues aux Etats-Unis. Par contre, globalement, les gains de productivité en France (moins de 1%) sont inférieurs à ceux des Américains (2,5%) car la productivité dans nos services dits publics est très faible. La SNCF en est un bon exemple.

Aux Etats-Unis, chaque salarié des compagnies de transport ferroviaire (privées et cotées en bourse) génère plus de 250.000 dollars de chiffre d’affaires par an en moyenne alors que les cheminots français atteignent tout juste 96 000 euros. En retenant une parité d’un euro pour un dollar, la SNCF a un chiffre d’affaires égal à ceux de Burlington Northern et de Union Pacific réunis qui n’emploient que 86 000 salariés, ce qui signifie que, si nos 230 000 cheminots travaillaient comme leurs collègues américains, 140 000 emplois (presque les deux tiers) de la SNCF pourraient être supprimés !

Les contribuables français (dont le salaire médian brut est de l’ordre de 2 000 euros) financent 140 000 cheminots qui ne produisent pas de services payés par des clients tout en recevant des salaires supérieurs à 2 600 euros en moyenne (10 milliards d’euros au total !). C’est un avantage acquis, prétendent les bénéficiaires et les hommes politiques qui défendent ce qu’ils présentent comme un modèle social qu’il faut préserver et que le monde entier nous envierait.

Aux Etats-Unis, la productivité par salarié des sociétés de transport par rail est 2,5 fois plus élevée que celle d’un cheminot français. C’est le résultat logique et bénéfique de la concurrence entre des entreprises sur des marchés bien organisés qui fonctionnent correctement. Le transport par chemins de fer aux Etats-Unis dégage des bénéfices, ce qui contribue à alimenter les caisses de l’Etat au lieu de les vider chaque année d’une bonne dizaine de milliards d’euros comme c’est le cas en France (ce qui s’ajoute à des dettes à long terme d’une soixantaine de milliards d’euros).

En France, c’est le contribuable qui paye, aux USA, c’est la productivité

Des gains de productivité globalement de 2,5% dans l’ensemble des entreprises conduisent à une croissance du PIB de 3,5% aux Etats-Unis. En France, les dizaines de milliards d’euros qui sont abandonnés en subventions aux services publics pénalisent la croissance, bloquent la diffusion des innovations et maintiennent le chômage à un niveau élevé. Ces ressources manquent aux ménages (pour consommer) et aux entreprises pour investir.

Les Etats-Unis ne sont pas une hyper-puissance dominatrice, mais une nation où l’économie de marché fonctionne d’une façon satisfaisante pour le plus grand bénéfice de l’ensemble de la population (c’est aussi le cas au Royaume-Uni). C’est social. C’est le résultat logique de la réussite du libéralisme qui est un modèle social.

NorfolkBurlingtonUnion PacCSXTotauxSNCF
Chiffre d’affaires en milliards US$7,31210,94612,6558,02038,93322,059 €
Effectifs 200428 47538 00048 00035 847150 322229 877
CA / salarié $256 787288 053263 646223 729258 99795 960 €
Sources : comptes consolidés des rapports annuels de gestion des sociétés

150.000 salariés travaillent dans les quatre principales sociétés de transport par rail aux Etats-Unis pour un chiffre d’affaires cumulé de 39 milliards de dollars, alors que la SNCF paie 80.000 cheminots de plus pour un chiffre d’affaires de 22 milliards d’euros seulement.

Les charges de personnel (9,779 milliards d’euros !) représentent 85% de la valeur ajoutée à la SNCF alors que la norme est de 60%. Aucune entreprise privée ne pourrait survivre dans ces conditions. La SNCF est un des derniers grands dinosaures survivants de l’ère communiste qui pérennise les moyens techniques obsolètes du XX° siècle.

Bernard Zimmern
Jean-Pierre Chevallier 

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