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22 septembre 2008

Réforme et gouvernance de l’hôpital public : un pas en avant


L’hôpital public, alors qu’il représente 64 % des dépenses d’Assurance maladie, a souvent été le « grand absent de toutes les réformes » a rappelé le président de la République cette semaine. Sur les pas du rapport Larcher, Nicolas Sarkozy a réaffirmé que l’hôpital public ne peut fonctionner s’il n’a à sa tête « un patron, quelqu’un qui décide, qui prenne ses responsabilités ». Le projet de loi "Hôpital, patients, santé, territoire" qui sera discuté au Parlement en octobre fait un pas en avant pour réformer l’hôpital : « ouverture du recrutement des directeurs, extension du contrat pour les praticiens, regroupement des hôpitaux publics au sein de communautés hospitalières de territoires, souplesses de gestion en matière de marchés publics ou de gestion immobilière ». L’ouverture du recrutement des directeurs et leur responsabilisation est une nécessité que nous avons eu souvent l’occasion de souligner. Comme l’est l’obligation enfin prévue pour les établissements hospitaliers de présenter des comptes certifiés ou la rémunération en partie au mérite des praticiens hospitaliers.

Mais la vraie révolution qui s’amorce est celle qui consiste à rendre publics pour tous les établissements quelques « indicateurs simples comme le taux de mortalité ou le taux d’infections ». Jusqu’à présent, les chiffres officiels comme l’indice Icalin qui concerne les infections nosocomiales sont fondés sur la base de réunions d’informations du personnel soignant et des litres de produits antiseptiques stockés dans les établissements et non sur le taux d’infections constatées suite à une hospitalisation ! Tous les pays qui ont réussi la réforme de l’hôpital sont passés par la transparence et la mise en ligne accessible à tous du classement des hôpitaux publics et privés, service par service, hôpital par hôpital. En France, pour l’instant, seule la presse fait ce travail de classement des établissements hospitaliers alors que la publication officielle des indicateurs de qualité par pathologie est le meilleur moyen de lutter contre ce que l’on appelle communément la « médecine à deux vitesses ».

Gageons donc que ces quelques indicateurs deviennent rapidement de nombreux indicateurs, que les établissements affichant des taux de mortalité ou d’infections records soient rapidement fermés. Parions aussi que l’on recrute enfin des directeurs d’hôpitaux parmi les managers formés dans le privé pour une meilleure gouvernance de l’hôpital. Cela dit, pour aller plus loin dans la réforme de l’hôpital public, il serait judicieux de mettre au point une expérimentation consistant à confier, avec une délégation de service public et une charte de déontologie stricte, les hôpitaux publics d’une région soit à une chaîne d’hôpitaux mutualistes soit à une chaîne de cliniques comme cela se fait en ce moment au Royaume-Uni, en Allemagne et comme cela s’est fait dès 2000 à Stockholm. La mission des gestionnaires serait de restructurer l’offre de soins publics avec des plateaux techniques performants et de reconvertir les hôpitaux dangereux comme cela s’est fait depuis 1999 dans les cliniques privées dont 300 ont été fermées.

Agnès Verdier-Molinié 

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Vos meilleures réactions :

Les frais de santé nous emmeneront-ils dans la tombe?

Je suis affligé par certaines réactions à votre article. Si l'on reprend les besoins prioritaires de l'homme pour sa survie, avant son bien-être on y trouve : 1 : l'air (c'est gratuit). 2 : l'eau (c'est payant) 3 : la nourriture (c'est payant). La soins ne viennent qu'après ces 3 besoins. Pourquoi refuserait-on de payer ses soins alors même que des besoins autrement plus prioritaires sont payants. Le concept de la gratuité en économie est un mythe absolu qu'il convient de combattre. Le "gratuit" c'est le "payé par les autres" ce qui génère une irresponsabilisation totale des utilisateurs. La solidarité ne doit fonctionner que pour les coups durs ou maladies imprévisibles. Mais faire payer par la collectivité les comportements à risque est anormal et engendre la gabegie que nous connaissons. Au rythme où les choses se passent, la totalité de nos revenus finira pas assumer notre consommation de soins! Que nous restera-t-il comme revenu disponible? Nous en arriverons à l'opposé de cette citation de Balzac "un avare est un imbécile qui se laisse mourir de faim pour garder de quoi vivre" et nous aurons quelque chose du genre "Un Français est un imbécile dont les dépenses de santé ne lui permettent plus de se nourrir". Le même Balzac disait "En amour il ne s'agit pas d'aimer mais de préférer". En économie c'est pareil. On ne peut tout avoir et des choix s'imposent. Le curseur est déjà bien trop décalé vers la gabegie. Enfin, pour vous faire part des réflexions d'une connaissance exerçant au service informatique d'un hôpital public, c'est clair, l'hôpital fonctionnerait exactement dans les mêmes conditions avec 35 à 50% de personnel administratif en moins. Alors, que l'on cesse de se retrancher derrière la "qualité des soins" pour refuser de bouger.

Arnaud - 01/10/08 10:16

passion encore

Votre article est majeur pour qui connait le sujet. Mais les réactions sont tout aussi intéressantes. Ceux qui comptent et savent compter prennent en compte l'argument social. Oui, 20% de majoration des coûts pour mission de service public. Mais... Ceux qui ne veulent pas ou ne savent pas regarder des chiffres refusent de ne voir d'autres arguments que ''sociaux''. Hors, pourquoi les soins devraient-ils faire abstraction de la logique économique ? A les rendre moins coûteux on pourrait en faire plus ou bien sûr s'attacher à rester dans des enveloppes compatibles avec nos moyens... Symboliquement, cette optimisation économique ne correspond-t-elle pas à une bonne irrigation du réseau social ou hospitalier ?

sergio - 23/09/08 16:07

consternation !

J'avais écrit ma contribution avant de lire les autres. Pauvre France, tu es bien mal partie. Ces contributions sont faites d'ignorance du problème (je suis gastro libéral, ex hospitalier) et de dogmes. La médecin libéral est parfaitement accessible à tous, surtout depuis la CMU. Si on recourrait plus souvent aux spécialistes d'astreinte, il n'y aurait plus de problème d'engorgement des urgences et des économies considérables seraient faites.

bm - 23/09/08 15:10

Croyances

J'admire votre adhésion à des croyances d'un autre âge qui est redevenu moderne par renversement du processus de socialisation ! Votre argumentation serait juste si le champ de réflexion était pertinent mais l’hôpital n’est pas uniquement un établissement de production de soins, il est avant tout le lieu de recours. C’est donc un espace social qui doit être géré en tant que tel. Le culte du chef, de la performance, de classement, sont passéistes et ont toujours mené l’humanité au désastre. La démocratie sociale, la culture métier sont des concepts qui ont disparu des discours convenus.
L’histoire jugera, mais quel gâchis

Frédéric P - 23/09/08 11:52

Médecine à 2 vitesses

Oui, il faut éviter cette médecine à 2 vitesses, vous avez raison. Un seul type de médecine où tous les patients peuvent aller quel que soit leur niveau social, où les cas les plus graves peuvent venir à toute heure, où les transferts secondaires sur des arguments économiques n'existent plus, où les indications chirurgicales et médicales sont indépendantes de leur valorisation, bref un seul système, le système public actuel avec non pas un, mais des patrons, ces patrons qui ont fait nos CHU et qui n'étaient pas parés du beau titre de cadres médicaux. (Quant aux indicateurs, je vous livre un scoop concernant la mortalité au CHU de Rennes, le meilleur service est la médecine du sport et les moins bons les soins de longue durée et les réanimations; d'ailleurs nous envisageons de les fermer tellement ils sont peu rentables).

jf.p - 23/09/08 11:03

médecine à deux vitesses

La médecine à deux vitesses ne concerne qu'une comparaison entre l'allopathie qui en tant que serial killer n'est pas une médecine, et les soins naturels ; quand on parle de médecine naturelle, il s'agit d'une expression redondante car il n'y a que les soins naturels pour la constituer, les Anciens savaient cela, les Modernes ne s'en préoccupent pas.
Des reportages sur Arte dont un hier soir sur les poisons, montrent bien que dame Nature est pourvoyeuse de ce dont on a besoin, chaque remède ne pouvant se déduire que par application de la loi de similitude...
A tout hasard j'ai été atteint d'une maladie d'Alzheimer dès mes 30 ans et je m'en suis sorti par homéopathie !

cp - 23/09/08 7:45

10 pas en arrières

On ne peut croire que vous êtes indépendants, plutôt pro Sarkozy, oui. Un pas en avant, l'hôpital ? Plutôt dix en arrière. A quand la taxation à 0.5% des mouvements boursiers ? Il y en aurait assez pour rendre les soins gratuits, les transports de même, l'éducation totalement gratuite, redorer les services publics. Voila quels devraient être vos commentaires. Un Français d'en bas.

HS - 22/09/08 21:07

Réforme de l'hôpital

Vous auriez pu ajouter que la réforme de l'hospital est la clé du retour à la compétitivité de la France.
En effet, selon les chiffres mêmes de la DDASS, une intervention hospitalière dans le secteur privé coûte 50% moins cher que dans le public. Si, comme l'admet cette administration, certaines missions d'intérêt général justifient un écart de prix de l'ordre de 20%, il reste 30% d'économies à faire soit de l'ordre de 9 milliards d'euros... 2 fois la prime de retour à l'emploi pourtant généreusement octroyée à des centaines de milliers de bénéficiaires !
Diminuer la dépense maladie, c'est très directement diminuer les charges sociales, améliorer la compétitivité donc augmenter l'emploi qui assurera une meilleure rentrée des cotisations... La spirale vertueuse.
Et sur un plan politique, pourquoi ne commence-t-on pas par là puisque ces personnels ne peuvent faire grève que dans la mesure où celle-ci ne gêne pas le bon fonctionnement de l'hôpital et n'entraîne aucune conséquence irréversible pour la santé des clients ? Cordialement à vous.
PhL

PL - 22/09/08 20:40

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