
Les dépenses publiques locales représentent 212 Milliards d’euros en 2007. C’est 20% du total des dépenses publiques (991 Milliards d’euros). Elles ont été multipliées par 2 en vingt ans, alors que le PIB l’a été seulement de 1,5. Quant à la fonction publique locale elle a augmenté de 51% alors que l’ensemble des administrations augmentait de 17%. Un rythme explosif. En tête des augmentations, les régions ont le carton rouge avec +92% d’effectifs, suivent les intercommunalités avec +89% et les Départements avec +42%. Théoriquement, le mouvement de décentralisation devait se traduire par une réduction des effectifs de la fonction publique d’Etat.
Mais les doubles emplois continuent de perdurer. Et c’est là que le bât blesse. La décentralisation, loin d’être une vertueuse simplificatrice, génère de nombreux doublons.
Note du Figaro : Agnès Verdier-Molinié, vice-présidente de l’Institut français pour la recherche sur les administrations publiques (iFRAP) et Sandrine Gorreri, directrice de la rédaction de Société Civile, le mensuel de l’iFRAP, prennent position en faveur d’une réforme des collectivités locales, à certaines conditions, indispensables à leurs yeux pour réussir sa mise en œuvre.
Dans un rapport de 2007 sur les relations entre l’Etat et les collectivités locales, le sénateur Alain Lambert évoque « l’enchevêtrement des compétences et la contractualisation polymorphe » ayant « un coût élevé » et entravant « l’efficacité des politiques publiques ». La multiplication des intercommunalités n’a rien arrangé car elles ont une fiscalité propre et utilisent souvent des personnels payés par les communes n’apparaissant pas dans leurs budgets.
L’autre raison est le principe de « libre administration ». L’Etat reste compétent sur tout et les collectivités locales peuvent régler leurs « affaires de compétences », dit le rapport Lambert, « sans qu’une définition précise et limitative en existe ». Dans le domaine de l’enseignement scolaire et supérieur, on trouve au titre des superpositions« l’accompagnement éducatif, les bourses et fonds sociaux, l’information et l’orientation ».
Pour alimenter la confusion entre les acteurs publics locaux et nationaux, se trouve aussi une fiscalité touffue. Les finances locales reposent sur un trépied constitué par les taxes locales (taxes foncières, taxes sur les propriétés bâties et non bâties et taxe professionnelle), la fiscalité transférée (TIPP et Taxe sur les Conventions d’Assurances) et les concours de l’Etat (sous la forme de crédits budgétaires et de prélèvements sur recettes).
La fiscalité locale est enserrée dans des normes étroites et les concours de l’Etat sont comprimés par les objectifs de baisse des dépenses de l’Etat. Ce stress accru sur les finances locales pourrait permettre de poser la question de la réforme de l’assiette des taxes locales. A condition de revoir les mécanismes de péréquation qui anesthésient les décideurs locaux en les déresponsabilisant au profit de l’administration centrale.
Dans ce contexte, une concurrence interrégionale reposant sur une autonomie fiscale plus poussée serait intéressante. Il pourrait s’ensuivre, comme en Suisse, une péréquation dégressive et un mécanisme permettant de prohiber les doublonnages des interventions centrales et locales sur les mêmes tâches.
En un mot, il ne suffit pas pour réformer les collectivités locales de supprimer un échelon, il convient de repenser le partage des tâches entre l’Etat et les acteurs locaux, revoir les assiettes fiscales et identifier les doublons d’effectifs publics que ce soit entre l’Etat et les collectivités ou entre ces dernières. Supprimer seulement un échelon serait un leurre.
On ne sortira jamais de ce millefeuille administratif sans quelques lois organiques voire même constitutionnelles et la première d'entre elles pourrait s'énoncer comme suit : " Celui qui décide paye". Dès lors, pour chaque citoyen il y aura une liaison simple, lisible et transparente entre l'élu qui décide, les impôts à payer et le bulletin de vote. Ensuite la pression sur les élus se fera d'elle-même.
PhL
LEMBO - 29/10/08 18:02
Ancien maire (pendant 31 ans) je souhaite souligner que l'état s'est débarrassé de nombreuses tâches sur les collectivités locales (Aide sociale, permis de construire, etc...). Cela explique l'explosion des charges dans les collectivités locales.
Mais l'état n'a pas supprimé ses charges de personnel pour autant.
Deuxième raison : l'accumulation de plus en plus forte de règlementations diverses, de plus en plus inapplicables. Chaque prétendue simplification s'est traduite par des complications. Il faudrait confier la simplification des règlementtation à des cabinets d'organisation privés, et surtout pas à des fonctionnaires !
Bruno Denis - 29/10/08 10:17
Tout à fait d'accord avec votre article; est-il possible que nos brillants énarques n'aient pas encore pensé comme vous. Quant à moi, je pense qu'il faut supprimer le Sénat et les Conseils généraux et redistribuer les taches entre l'Etat (en se souvenant qu'il y a l'Europe au-dessus),les Conseils régionaux et les communautés de communes; quelle économie à réaliser à la condition de ne plus embaucher de fonctionnaires pendant peut être 10 à 15 ans
BRENET Bernard - 28/10/08 19:02
Il faut d'abord définir avec précision les tâches administratives à accomplir (en quoi consiste la tâche, que faut-il pour l'accomplir et qu'elle qualification est requise. Seulement ensuite créer l'organisation pour les accomplir et les contrôler.
Voir tous les principes de contrôle qualité.(ISO 9000 et suivantes)
Aujourd'hui on a l'impression que l'on a déjà une ou plusieurs organisations qui se battent pour conserver et/ou créer de nouvelles tâches pour demander toujours plus de fonctionnaires et donc d'argent. Ce qui ne permet plus aux industries et au commerce de se développer car la charge publique est de plus en plus lourde et personne ne peut ou ne veut créer de la richesse pour les autres.
MORELLI ALBERT - 28/10/08 17:45



