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Société civile n°99 - Le 15 février 2010 par Agnès Verdier-Molinié

RGPP : passer la vitesse supérieure ou… faire faillite

RGPP : passer la vitesse supérieure ou… faire faillite

Dossier : RGPP : accélérer ou échouer

Comme l’a rappelé la première conférence sur les déficits publics, l’effort potentiel demandé à l’Etat pour revenir en 2013 à un déficit représentant 3% du PIB, devrait être considérable puisqu’il s’élèverait à 50 milliards d’€ d’économies par an. Dans ces conditions, une réévaluation de l’ensemble des dépenses de l’Etat (285,2 milliards d’€ pour 2010) devient une nécessité. Or précisément, un tel exercice a été engagé voilà près de 3 ans en juillet 2007 sous le nom de RGPP "Révision générale des politiques (...) Lire la suite

« La question à se poser, c’est jusqu’où, mission par mission, l’État intervient seul ; et jusqu’où il doit laisser d’autres agir à sa place », nous dit Jean-François Copé, le président du Groupe UMP à l’Assemblée nationale. Cette question est, plus que jamais, cruciale. En effet, que ce soit en Grèce, Espagne ou Portugal, les effets collatéraux des dettes publiques exponentielles menacent désormais plusieurs de nos partenaires européens. De son côté, la France s’est engagée à un effort soutenu pour remettre notre économie sous le seuil des 3 % de déficit public d’ici 2013 contre 8,2 % actuellement.

Au lendemain de la première conférence des déficits publics qui aboutira en avril à des propositions concrètes, il est temps de faire un bilan de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), exercice qui consiste à passer au crible nos dépenses publiques pour dégager des économies.

À elle seule, la RGPP ne nous sauvera pas. Tout juste permettra-t-elle d’éviter d’emprunter quelques milliards supplémentaires. Le gouvernement et le Parlement doivent avoir en ligne de mire des objectifs clairs communs sur la réduction des effectifs publics, qui pèsent chaque année 300 milliards de dépenses, que ce soit au niveau central mais aussi au niveau local, ainsi que des objectifs de réduction du nombre de couches du millefeuille administratif qui ralentit la France.

Ramener la part des Français occupés dans la fonction publique à 15 % de la population active comme dans la moyenne des pays de l’OCDE contre 20 % en France aujourd’hui et la part des dépenses publiques dans le PIB du niveau record de 55 % du PIB à 45 ou 50 %. Ces objectifs demandent que la Cour des comptes et le Parlement fassent enfin équipe pour de vraies évaluations des politiques et des dépenses publiques suivies de sanctions. Voilà l’antidote contre la faillite.





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