Un caténaire endommagé par un train, et encore 20.000 clients qui se sont retrouvés coincés le 5 septembre pendant des heures gare Montparnasse. Et de nombreux autres dans tout l’ouest de la France.
Le leader CGT de la SNCF, Didier Le Reste, a affirmé que le problème provenait du manque de personnel et des suppressions d’emplois. L’iFRAP pense qu’il s’agit d’un problème d’organisation.
Depuis 1997, l’infrastructure, les voies de chemin de fer et les caténaires n’appartiennent plus à la SNCF mais à Réseau Ferré de France (RFF). C’est donc bien RFF, responsable des infrastructures, qui doit faire en sorte que les caténaires soient de la qualité requise pour que ses clients puissent faire rouler leurs trains aux vitesses convenues. Après tout, la SNCF et les autres transporteurs paient RFF pour l’utilisation des sillons ferroviaires.
Mais RFF ne peut faire entretenir son réseau que par la SNCF qui a réussi à se faire attribuer par la loi le monopole de ce marché. Sans doute que RFF lui-même ou d’autres entreprises pourraient le faire mieux et beaucoup moins cher. C’est ce qu’assurent des rapports indépendants, l’ancien Président de RFF et le bon sens : la concurrence permet d’obtenir un meilleur service.
Tant que les 55.000 cheminots qui travaillent en réalité pour RFF seront employés de la SNCF, l’entretien du réseau sera trop coûteux et de qualité insuffisante. C’est bien un problème d’organisation qui dégrade les caténaires, pas le manque de personnel.

Pertinente la réfléxion de jfB du 17.9.2008.
Moi aussi je me suis souvent posé la question de ces incidents sur le réseau ferré. On retrouve un peu le même problème sur le réseau de la R.A.T.P.
Je suis certain que ces problèmes se renouvelleront. Je crains même des accidents plus graves car le matériel ferroviaire sera de plus en plus sollicité. Tout le monde a oublié les accidents mortels qui ont eu lieu au milieu des années 80 sur certaines lignes S.N.C.F.
Il serait intérressant d'évoquer l'état du réseau emprunté par les trains corail.
christophe - 19/09/08 14:37
Ce n'est pas la première fois que cela arrive. Ne s'agirait-il pas d'un sabotage, créé par la CGT qui ne peut plus faire grève ? C'est ce que pensent beaucoup de clients de la SNCF. Mercredi dernier accompagnant quelqu'un à la gare Montparnasse, j'ai posé la question à une employée au bureau d'accueil en tête des quais de TGV : le 5 septembre, n'y a-t-il pas eu un sabotage ? Elle a réagi positivement, en ce sens qu'elle aurait pu me critiquer. Ce qu'elle n'a pas fait; elle était plutôt positive.
J F B - 17/09/08 12:48
Est-il normal que les employés de la SNCF et leur famille voyagent pratiquement gratuitement (avantage non imposé)? Avec cet argent on pourrait peut-être entretenir le réseau ?
Oncpicsou - 16/09/08 21:42
Vu le courage politique des gouvernants et de la majorité de nos parlementaires dont une partie non négligeable est issue de la fonction publique, avec un statut de privilégiés semblable à celui des salariés de la SNCF et du RFF, je ne crois pas que la solution de bon sens et de bonne gestion préconisée sera mise en oeuvre de sitôt!
ydt - 16/09/08 14:13
Il faut quand même se souvenir que les grands réseaux US et japonais, privés et rentables, ont conservé une organisation intégrée. Rien ne dit que le modèle séparant le réseau du ou des exploitants soit la solution la plus performante. Les Suisses qui sont parmi les meilleurs en Europe conservent aussi un modèle intégré. Les grands monopoles, par leur simplicité pour l'utilisateur, la confiance et leur aspect rassurant, leur capacité à bénéficier de rendements croissants, avaient aussi un bon niveau de performance. En Grande-Bretagne, on a renationalisé le gestionnaire du réseau. Pas si simple.
Pierre - 10/09/08 4:37
Le fait que la concurrence soit la seule garantie à la baisse des coûts et à l'efficacité reste idéologique, quoique, on pourrait le vérifier sans doute. Par ailleurs, la proposition faite dans un schéma simpliste et qui ne reflète pas la complexité de la chose semble loin d'être la meilleure. Peut-être des pistes différentes, provenant de rapports différents permettraient d'éclairer la chose. Il ne s'agit pas d'une critique qui tend à dénigrer le contenu de l'article, mais il n'est pas possible d'avoir un parti pris et une vision aussi simpliste pour un sujet aussi complexe, important et passionnant.
martialbot - 10/09/08 1:03
La séparation des infrastructures et des opérateurs de trains est indispensable à partir du moment où il y a plusieurs transporteurs. Et elle force en plus à clarifier les comptes et savoir ce que chaque activité coûte, ce qui n'était pas du tout le cas jusqu'à présent. La situation en Grande-Bretagne est maintenant bien stabilisée et efficace selon ce schéma de séparation complète qui va être appliqué en Allemagne. Si RFF manque de culture ferroviaire (ce qui n'est pas prouvé), raison de plus pour lui tranférer les 55.000 cheminots qui travaillent pour RFF.
Philippe François (iFRAP) - 09/09/08 18:47
Le système ferroviaire est très complexe. Si l'évolution de l'articulation RFF/SNCF est aujourd'hui au point mort c'est bien parce que les bien-pensants de cette nouvelle organisation (séparation infrastructure et transport) sont bien ennuyés. Les compétences sur ce système étant pour beaucoup transverses, mettre une frontière entre ces 2 fonctions apporte nombre de dysfonctionnements pouvant à l'extrême nuire à la sécurité des utilisateurs (voir la GB qui en revient actuellement!). Le pb actuel vient de ce que les "gestionnaires" de RFF ont une culture non ferroviaire et uniquement financière. Les décisions d'investissement se bornent à une réduction des moyens par manque de financement... à l'époque du développement durable, c'est triste.
philk - 09/09/08 18:47



