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  26 février 2009

Pôle Emploi - Le point sur la fusion ANPE-Unédic

Quelle mission pour le service public de l’emploi ?

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Ce que la Nation attend d’abord d’un service public de l’emploi, c’est qu’il contribue efficacement à résorber le chômage, qui mine l’économie et surtout la société française depuis 1975. Disons-le tout net, la solution réside plus dans la santé et la croissance de notre économie.

Une croissance forte et durable, supérieure à 3 % l’an, ferait chuter dans d’importantes proportions le taux officiel du chômage, mais surtout, elle permettrait d’élever considérablement le taux d’emploi (proportion des personnes occupant effectivement un emploi au sein de la population des personnes âgées de 16 à 64 ans).

La France réalise dans ce domaine une performance médiocre, fluctuant autour de 63 %, alors que l’Allemagne se situe au niveau de 68 %, malgré le handicap né de la réunification avec l’ex-RDA, USA et Royaume-Uni sont à 72 %, Danemark et Suisse à 77 %. Le service public de l’emploi ne crée pas la croissance, ni ne freine la récession d’ailleurs.

Son rôle principal est d’assurer la fluidité et la transparence du marché du travail, afin qu’une offre de travail donnée rencontre, sur son bassin d’emploi, une demande suffisante (et non excédentaire), répondant aux conditions nécessaires de disponibilité, de compétences et de motivation, et d’assurer des mises en relation rapides et pertinentes entre employeurs et demandeurs.

En temps de récession, s’y ajoute la préservation des compétences individuelles des personnes dont le chômage se prolonge.

Une fusion, pour quels services aux usagers ?

Le Pôle Emploi continuera pendant deux ou trois années à assurer la collecte des cotisations et la gestion des indemnisations. Si la collecte ne pose actuellement pas de problèmes, les indemnisations, en revanche, se font en ce moment avec un retard atteignant quelques semaines pour les nouveaux demandeurs d’emploi inscrits, et le chômage ne cesse de s’amplifier depuis août 2008.
On peut donc être inquiet dans le contexte de récession qui s’installe.

Le « référent unique »

Les rôles essentiels dévolus à Pôle Emploi sont la qualité de sa relation à l’entreprise d’une part, et celle de ses prestations en faveur des demandeurs d’emploi d’autre part : informer et conseiller les employeurs, écouter, accompagner, orienter les demandeurs d’emploi avec la psychologie requise par ces populations fragilisées.

Tout cela reposera sur le nouvel homme-orchestre de Pôle Emploi, le « référent unique », qui réunit les savoir-faire des exconseillers de l’ANPE et des exagents de prestations des Assédic. Ces derniers bénéficieront pour cela de sept jours de formation. Ceux de l’ANPE auront trois jours pour assimiler les 52 régimes d’indemnisation du chômage.

Comme les centres de formation de l’ANPE, les seuls qui savent délivrer ce type de formation n’ont pas les effectifs de formateurs suffisants. On recrute à tour de bras depuis quelques semaines des agents dans les réseaux ANPE pour les transformer en formateurs.

Ils reçoivent à cet effet quatre jours de formation, dont, d’après un leader syndical de l’ANPE, ils sortent profondément inquiets et troublés. En lisant les divers documents relatifs aux fonctions de référent unique, on ne trouve nulle part de mention relative aux visites d’entreprises, jusqu’ici assurées, tant bien que mal, par les conseillers ANPE.

Doit-on en conclure que l’essentiel de la relation avec les entreprises sera assuré par téléphone, fax, messagerie électronique et par le site anpe.fr qui changera de nom ?

L’accueil des demandeurs d’emploi

La nouvelle direction a prévu de diminuer au maximum le flux de visiteurs dans les agences, en développant les services par Internet et les plateformes téléphoniques, déjà expérimentées au sein des deux structures qui fusionnent.

Il n’en reste pas moins qu’il faudra que les référents uniques procèdent aux inscriptions, dans un temps imparti de vingt minutes qui paraît excessivement court pour à la fois informer sur l’indemnisation et saisir les nombreuses informations nécessaires.

Combien de minutes restera-t-il pour écouter, comprendre la problématique individuelle du demandeur d’emploi et s’entendre sur un « contrat », surtout si les flux s’accroissent en fonction du taux de chômage ? Et ces référents devront également assurer des entretiens individuels mensuels, assurer des permanences téléphoniques, traiter les appels, fax et courriels des employeurs, organiser des recrutements, participer à l’accueil et à l’animation d’une zone de libre-service, etc. Les entretiens mensuels devront s’accomplir dans un esprit de coopération et de confiance mutuelle entre le demandeur et son référent.

Mais il est probable que cette relation sera fortement biaisée par le fait que le référent aura une obligation de repérer les manquements des demandeurs d’emplois à leurs devoirs, en vue de sanctions éventuelles. Comment obtenir franchise et vérité dans ces conditions ? Tout cela, bien sûr, se mettra en place au fur et à mesure des formations et validations de référents uniques.

En attendant, chaque ex-ANPE et chaque ex-Assédic assureront leur service comme avant la fusion. Mais Laurent Wauquiez, Secrétaire d’État à l’Emploi, estime que tout sera terminé pour fin juin 2009. Est-ce bien sérieux ?

Le point de vue des contribuables

Dans les arguments du Gouvernement pour justifier la fusion, figurent les économies budgétaires à réaliser grâce à une organisation plus rationnelle. Économies immobilières tout d’abord : un bâtiment unique là où il en fallait deux.

En attendant, nombre de sites actuels de l’ANPE sont inaptes à réunir les nouveaux effectifs. Il faudra de nouveaux locaux. Mais les baux de l’ANPE continuent à courir jusqu’à leur échéance. Quant aux bâtiments propriété des Assédic, souvent trop exigus pour la nouvelle organisation, que va-t-on pouvoir en faire ? En attendant que les synergies espérées de la fusion produisent leurs effets, il faut s’attendre à une lourde facture immobilière supplémentaire. Le Gouvernement annonce des économies dans la gestion courante. Il y aura un seul entretien là où il en fallait deux.

On regroupera les plateformes téléphoniques, qui devraient d’ailleurs devenir « virtuelles », c’est-à-dire sur le lieu habituel de travail, ce qui économisera des frais de déplacements. Ceux-ci diminueront encore avec la quasi-disparition des visites d’entreprises.

En revanche, le budget des frais de déplacements et de séjours vers les centres de formation grimpera fortement. Et puis, il y a tous les frais exceptionnels occasionnés par la fusion : toute la documentation à revoir, les sites Internet à changer, la signalétique, les honoraires de prestataires, etc.

L’informatique, évidemment, est à réorganiser, et le plus vite possible ! La principale source de dépenses supplémentaires sera constituée par l’augmentation de la masse salariale globale. On a promis une fusion sans aucune réduction d’effectifs. Il y aura donc pléthore de cadres à rémunérer. Et puis, il y a l’épineux problème des différences de salaires entre agents des deux organisations.

La mise à niveau se fera forcément vers le haut de la fourchette. Le Gouvernement et la direction générale prévoient que cela se fera très progressivement… Si l’énorme pression qu’exercent les syndicats, appuyés par l’ensemble du personnel de l’ex-ANPE, ne les oblige pas à accélérer cette évolution. Toutefois, le contribuable sera peut-être épargné. Au départ, le Gouvernement finance 30 % du projet et les partenaires sociaux, c’est-à-dire l’Unédic, 70 %.

Mais, on peut penser que le Gouvernement pourrait se désengager petit à petit pour finir par abandonner toute la responsabilité du nouvel organisme aux partenaires sociaux. À notre sens, ce serait une excellente démarche.

Or, les partenaires sociaux disposent, pour financer Pôle Emploi, des apports des fédérations patronales pour une petite partie, et surtout des cotisations d’assurance- chômage. Vingt-cinq millions de cotisants salariés et quelque deux millions d’employeurs sont donc concernés.

L’augmentation récente des inscriptions de chômeurs et la diminution du nombre des offres d’emploi posent le problème de l’indemnisation des demandeurs d’emploi. Le patronat refuse toute majoration des cotisations et persistera probablement dans cette position sage de refus d’augmentation des prélèvements obligatoires.

Alors, faut-il s’attendre à une diminution du montant ou de la durée de l’indemnisation ?

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bonjour, je me permets ce mail suite à la bonne surprise due à la lecture de votre article. Je suis "agent" pôle  (...) Lire la suite

fusionella - 10/03/09 17:59

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lolo13 - 26/02/09 21:36

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