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  26 février 2009

Pôle Emploi - Le point sur la fusion ANPE-Unédic


Au 1er janvier 2009, l’ANPE et les Assédic disparaissent. Leur fusion donne naissance à l’organisme majeur du service public de l’emploi français, Pôle Emploi, financé à 30 % par l’État et à 70 % par l’assurance-chômage. En France, le service public de l’emploi est éclaté entre plusieurs intervenants, les deux principaux étant l’ANPE et le groupe Unédic-Assédic. La dilution des responsabilités entre organismes opérant plus ou moins indépendamment les uns des autres crée des incohérences et des redondances.

Un projet depuis longtemps évoqué

En janvier 2004, Jean Marimbert, dans un rapport au ministre des Affaires sociales, dressait un panorama du marché du travail français et préconisait, entre autres, un partenariat étroit entre l’ANPE et le réseau des Assédic.

L’auteur

Jean-Michel Bélouve est diplômé d’une grande école de management. Sa carrière le conduira aux postes de direction dans des entreprises puis dans des établissements publics régionaux. C’est de cette expérience professionnelle variée, qu’il tire son analyse des politiques de l’emploi et plus particulièrement du fonctionnement du service public de l’emploi. L’auteur a voulu partager sa pratique de la gestion de l’entreprise pour faire des recommandations pour une plus grande efficacité de Pôle Emploi.

Allant au-delà de cette recommandation, les gouvernements successifs s’orientèrent progressivement vers la fusion pure et simple, décidée par le président Sarkozy (loi du 13 février 2008). La fusion sera effective au 1er janvier 2009.

Fusionner deux entreprises n’est pas simple ! Que dire de la difficulté d’opérer une telle fusion lorsque l’une des entreprises, l’ANPE, est un établissement public bureaucratique à structure pyramidale, employant 30 000 agents, dont 27 000 sont assimilés fonctionnaires, alors que l’autre structure est une fédération de 30 associations privées, les Assédic, largement autonomes dans leur gestion interne, employant 14 000 salariés sous contrat de droit commun ? Nous avons là deux systèmes de cultures très différentes, l’un calqué sur l’administration française, l’autre de type privé, gouverné par des collèges décentralisés associant paritairement les partenaires sociaux.

Une fusion difficile et controversée

Mais le projet gouvernemental va plus loin encore. Il prévoit que la très grande majorité des agents issus des deux structures exerceront le même métier, celui de « référent unique », associant les compétences des actuels conseillers de l’ANPE et des agents de prestation des Assédic.

Les deux structures disposent de personnels de haut niveau de culture et de formation, car leurs recrutements, très sélectifs, sont alimentés par des flux inépuisables de candidats extrêmement nombreux.

Lorsque les rumeurs de fusion se sont précisées, de nombreux membres du personnel de l’ANPE envisageaient favorablement la perspective de bénéficier de rémunérations aussi élevées que celles de leurs futurs collègues.

La délicate question des rémunérations

C’est qu’aux Assédic, on gagne en moyenne 35 % de plus qu’à l’ANPE. Un agent de prestation Assédic avec vingt ans d’ancienneté perçoit environ 35 000 € par an, ce qui est plus qu’enviable, alors que le conseiller ANPE ne touche en moyenne que 25 000 € après vingt ans de carrière. Las, il leur faut déchanter.

À la fusion, chacun conservera son statut et son salaire. Il faudra attendre la conclusion d’une nouvelle convention collective pour que les agents ANPE puissent choisir entre le nouveau statut privé, avec des salaires réévalués, ou garder leur statut public et leur salaire de fonctionnaire moins payé.

La présidence de la République veut que cette convention soit signée d’ici septembre 2009. Les directions générales de l’ANPE et de l’Unédic, plus réalistes, envisagent un délai de dix-huit mois. Certains parlent de plusieurs années. Pendant tout ce temps, des agents gagneront, à travail égal, 30 % de moins que d’autres collègues, ce que les syndicats ANPE ne veulent accepter à aucun prix.

De nombreuses incohérences

La fusion est particulièrement angoissante pour les cadres des deux structures. En effet, si les Assédic emploient deux fois moins de personnel que l’ANPE, elles ont en revanche deux fois plus de cadres ! Les impératifs de synergie veulent que là où coexistent une agence locale pour l’emploi et une agence Assédic, on ne conserve qu’une seule structure et un seul directeur.

La conclusion est évidente, tous ceux qui sont actuellement cadres ne retrouveront pas de responsabilités équivalentes. Le principe admis depuis le début des tractations est de répartir les postes d’encadrement sur une base 50/50 entre les deux structures. Jusqu’ici, les directions se sont longuement affrontées sur ce problème, non résolu à ce jour, et ont pris du retard dans l’examen de toutes les autres questions posées par la fusion.

Et déjà on envisage des postes inédits de « chargés de missions spéciales » et autres placards ! En désespoir de cause, il a été décidé de mettre tous les postes d’encadrement en disponibilité pour un mouvement général en janvier 2009. Un beau jeu de chaises musicales dans une période où le chômage devrait bondir avec la fin de nombreux CDD non renouvelés du fait de la crise.

L’informatique n’est pas à la hauteur

Un autre problème épineux est constitué par l’informatique indigente qui sert à l’accompagnement des demandeurs d’emploi par l’ANPE. Le logiciel, Gide 1 bis, date de 1982 ! Il a été développé par l’Unédic qui en concède l’utilisation à l’ANPE moyennant rétribution.

Il s’agit d’une application archaïque, anti-ergonomique et surtout, totalement inadaptée aux formes nouvelles des emplois d’aujourd’hui. Gide 1 bis se révèle impropre à saisir correctement les mouvements des personnels intérimaires et temporaires.
Les listes de demandeurs d’emplois imprimées par les agents de l’ANPE, pour satisfaire les besoins de recrutement ou d’envoi en formation, sont souvent bien garnies en personnels indisponibles, car momentanément salariés.

Non seulement cette bizarrerie fausse les statistiques du chômage depuis longtemps, mais elle complique sérieusement le travail des agents ANPE et mécontente les employeurs qui ont tendance à conclure, à tort, à l’incompétence de ces agents.

Consciente de ce problème, la direction générale de l’ANPE avait commandé en 1997 un nouveau logiciel, baptisé Géode, qui devait résoudre tous les problèmes et être mis en service en 2001. Ce programme, dont le budget de départ était de 22,8 millions d’euros et qui au final a coûté 135,5 millions d’euros, n’a été mis en service expérimental qu’en 2004 et a été purement et simplement abandonné quelques mois plus tard, après s’être révélé totalement inapproprié au service attendu. Et depuis, rien n’a été fait.

Le Pôle Emploi démarrera en janvier 2009 avec le vieux logiciel de 1982 !

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Suite de cet article :
Quelle mission pour le service public de l’emploi ?
En conclusion, l’impuissance publique !


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Pôle Emploi

bonjour, je me permets ce mail suite à la bonne surprise due à la lecture de votre article. Je suis "agent" pôle  (...) Lire la suite

fusionella - 10/03/09 17:59

fusion à marche forcée

Oui tous les syndicats de pôle emploi dont le SNAP (Syndicat National du Personnel) dénoncent la fusion à marche forcée,  (...) Lire la suite

lolo13 - 26/02/09 21:36

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