
Tout d’abord pour prendre la mesure du problème, quelques chiffres sont nécessaires : les niches fiscales sont au nombre de 507 en France, pour un poids avoisinant les 73 milliards €, mais cette répartition est en définitive très inégale. Seules les 123 premières niches représentent en définitive les 70 premiers milliards. 76% des niches ne représentent que 3 milliards, habituels cadeaux faits à toute une clientèle politique : exonération de taxe foncière et de taxe sur la propriété non-bâtie pour les pertes de récoltes ou de bétail (72 millions €) ou exonération d’IR pour les souscriptions aux sociétés de financement de la pêche artisanale (SOFIPECHE), voire abattement supplémentaire sur l’IR pour les résidents dans les DOM/TOM.
Ensuite, il faut remarquer que sur les 24% des niches fiscales les plus coûteuses, les niches dites horizontales ou passives sont de loin les plus importantes. Ces niches représentent des dispositifs dérogatoires pour lesquels les bénéficiaires sont totalement passifs : éligibles, ils en bénéficieront presque automatiquement. Elles s’apparentent à des dépenses budgétaires classiques déguisées sous la forme de cadeaux fiscaux qui n’entrent pas dans le budget, ainsi en est-il par exemple de la prime pour l’emploi (pour 4,2 milliards) ou de la majoration d’une demi-part supplémentaire du quotient familial pour parents isolés (1,62 milliard). Le reste des niches sont actives, et demandent au contraire pour en bénéficier la construction de montages fiscaux complexes. Ce sont ces dispositifs qui sont particulièrement sur la sellette.
Nombreuses sont les voix qui se font entendre dans l’Administration fiscale, au Parlement et au Gouvernement pour un plafonnement global des niches. A contrario, nous montrons dans notre enquête que certaines niches fiscales (pour environ 20 milliards d’euros) développent l’emploi et les impôts induits. Ainsi, la niche TVA à 5,5% dans la rénovation d’habitations achevées depuis plus de deux ans, a un coût réel bien inférieur à celui prêté officiellement par l’administration de 5,4 milliards €. Cette niche ne coûterait réellement que quelques centaines de millions et aurait contribué à créer près de 90 000 emplois supplémentaires.
Ce lien entre niches fiscales et création de richesses et d’emplois a été repéré depuis longtemps et parfaitement exploité par nos voisins canadiens et américains qui possèdent un nombre de niches qui, bien qu’étant inférieur au nôtre a des volumes très supérieurs : en 2003, au Canada les niches représentent l’équivalent de 75% du montant des impôts collectés, le volume des niches est de 40% aux Etats-Unis contre 20% en France.
En clair, le volume de nos niches en France est faible par rapport au Canada et au Etats-Unis qui s’en servent pour créer de la croissance et pour remplacer des dépenses budgétaires non régaliennes. Plutôt que d’un plafond global, nos niches fiscales auraient besoin d’évaluation de leur efficacité. Car si on mesure bien leur impact, elles peuvent être un fantastique outil de croissance et de réforme de l’Etat, car certaines subventions pourraient être remplacées par des réductions d’impôts à condition de baisser en proportion les dépenses budgétaires.
D’autres pays l’ont compris avant nous : les niches fiscales peuvent être l’arme budgétaire moderne à condition de les orienter vers la création de richesses, notamment vers la création d’entreprises et d’emplois marchands et à condition de remplacer par des niches certaines dépenses budgétaires. Pourquoi se priver de l’arme économique qu’est la politique fiscale ?
Monsieur le Député, J'ai 68 ans et je suis ingénieur des Travaux Publics. Je connais le bâtiment pour y avoir travaillé depuis 1965. J'ai été (...) Lire la suite
merou des iles - 23/09/08 19:57
Votre article est clair et pertinent. En effet, les niches sont avant tout un outil de croissance. L'Etat demande à des investisseurs de réaliser (...) Lire la suite
Domien - 23/09/08 12:08
Spécialisé en fiscalité immobillière j'ai un jour rencontré Monsieur Jacques Barrot pour lui expliquer que dans le processus de la loi Malraux (...) Lire la suite
Viellard Eric - 23/09/08 10:31
On incite des épargnants à faire ceci. Ensuite on change les règles. Les épargnants sont évidemment floués. (...) Lire la suite
jean-benoît - 22/09/08 23:14
Cher Monsieur, Il s'agit de l'évaluation proposée par la DGI. Nous sommes bien conscient du problème que constitue le chiffrage de certaines (...) Lire la suite
Samuel-Frédéric Servière (iFRAP) - 22/09/08 21:07
Bonjour, Je me suis vu retirer cet avantage en 2005. J'ai dû payer de l'ordre de 600€. 1,6 million d'€ corespondrait à 2,6 millions de contribuables (...) Lire la suite
Bouchard - 22/09/08 21:07


