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Le Premier ministre a choisi Éric Besson, secrétaire d’État, pour évaluer les ministres. Cette situation est assez cocasse et cela pour plusieurs raisons. M. Besson fait partie du gouvernement, il sera donc chargé d’évaluer ses propres collègues. Le travail sera effectué surtout par des fonctionnaires des grands corps de l’inspection même si M. Besson pourra recruter cinq spécialistes du privé (mais que peut-on faire avec seulement cinq personnes du privé lorsqu’il s’agit de voir comment sont dépensés des dizaines de milliards d’euros ?). Par ailleurs, comment se prononcer objectivement sur les ministres et leurs politiques en l’absence de la société civile du processus d’évaluation et lorsque l’on sait que l’administration est la seule source d’information statistique ?
Dans une interview accordée au Journal du Dimanche (du 20 janvier), Éric Besson a affirmé que « les seuls juges des ministres étaient le président de la République et le Premier ministre ». Or ce postulat est discutable. D’après la Constitution, les vrais juges sont les députés qui malheureusement n’ont pas vraiment les moyens suffisants pour « noter » nos ministres. En Grande-Bretagne par exemple, ce sont 900 personnes qui travaillent au sein du NAO (National Audit Office) pour évaluer les politiques publiques et les dépenses de l’État. Cet organisme dépend exclusivement du Parlement britannique.
L’évaluation des ministres ? Une excellente idée si elle est faite par un organisme dépendant du Parlement.


