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  9 décembre 2008

Libérer les Urgences hospitalières


Patrick Pelloux, président du syndicat des médecins urgentistes est un excellent communicant. Mais, après les nombreuses réformes et augmentations des moyens accordés aux Urgences hospitalières publiques depuis 10 ans, le doute commence à s’installer : ces plaintes permanentes, ce nouveau mouvement de grève sont-ils justifiés ?
Si oui, le problème peut-il être résolu par plus de moyens ?

En 2006, un ministre, un député et un directeur d’hôpital ont voulu en avoir le cœur net. Ils ont fait auditer les Urgences de l’hôpital Beaujon. Les consultants n’avaient peut-être pas une expérience approfondie de l’hôpital, mais ils ont observé les allées et venues des malades et du personnel hospitalier. Sur le film passé en accéléré cela ressemblait à "Panique dans une fourmilière".
Sans augmentation des moyens, l’application de leurs recommandations et de celles des personnels ont réduit de moitié le temps d’attente des malades et augmenté la satisfaction des salariés.
Les leçons de cette expérience n’ont malheureusement pas été généralisées aux autres services hospitaliers d’Urgence, même pas à ceux dépendant de la même organisation, les Hôpitaux de Paris (APHP).

La méthode de l’audit est utile, mais il en existe une autre gratuite et durable, c’est la comparaison. Des cliniques privées assurent déjà volontairement des services d’Urgence à travers toute la France. Mais l’administration limite drastiquement le nombre de cliniques autorisées à ouvrir un tel service.
En Languedoc Roussillon, les dossiers de 4 cliniques sont bloqués par l’administration. Si des Urgences privées existent en Région parisienne (Hôpital Privé d’Antony, Polyclinique Chirurgicale de Champigny, Clinique d’Aulnay…), aucune clinique n’assure ce service à Paris.

D’un côté, des hôpitaux qui se plaignent d’avoir à assurer les urgences : « Le fardeau est lourd, la tâche est immense , elle s’alourdit chaque jour davantage » nous disent les urgentistes, de l’autre, des cliniques privées qui le veulent, la solution semble simple.
Pourquoi l’administration bloque-t-elle ces dossiers ? Réponse : de peur que l’hôpital public ne perde encore plus de parts de marché. Grâce à ses Urgences, l’hôpital, en position de monopole, est assuré de pouvoir traiter dans ses services les malades qui y arrivent. Une fois qu’il a été pris en charge aux Urgences d’un hôpital, il est très difficile de faire transporter un malade dans un autre établissement.

En tant que citoyen, impossible de savoir si les revendications des Urgentistes sont justifiées. Mais comme dans tous les autres domaines, c’est la comparaison entre les performances des différents opérateurs qui permettra une évaluation objective. Pour les soins programmés, on a le choix et les résultats sont clairs : la plupart des hôpitaux doivent s’adapter s’ils veulent survivre. Pour les soins non-programmés (les Urgences), là encore, la comparaison doit jouer. Alors pourquoi bloquer les dossiers de demandes d’ouverture de services d’urgences privés à Paris ou dans le Sud quand la tâche est un tel fardeau insurmontable pour l’hôpital public ?


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