Fondation iFrap

La Fondation iFRAP : Think Tank dédié à l'analyse des politiques publiques, laboratoire d'idées innovantes

Le 5 décembre 2005 par Claire Perset

Environnement, Agriculture et Énergie
  • Partager cette page
  • Ecrire un commentaire Réagir

Les retards de la SNCF



Depuis le décret du 13 septembre 1983, la SNCF est titulaire d’une obligation de ponctualité : elle doit déposer les passagers à l’heure, qu’il s’agisse des trains de grandes lignes ou des trains de banlieue.

Et pourtant les retards sont fréquents. D’ailleurs la SNCF fut condamnée le 1er février 1995 par le Tribunal de grande instance de Paris pour des retards à répétition sur la ligne Elancourt-Paris, jugement confirmé en appel quelques mois plus tard.

La SNCF fut à nouveau condamnée par la Cour d’appel de Paris le 4 octobre 1996.

Non seulement ces retards à répétition constituent un désagrément important pour les usagers mais en plus ils coûtent cher à la SNCF et donc au contribuable. Ainsi en 2001, le coût des retards du TGV Méditerranée représentait déjà 6 millions de francs seulement 1 mois après son entrée en service ! Ce montant correspond aux dédommagements attribués après une demi-heure de retard.

Selon L’Expansion, ce chiffre représente environ 10 millions d’euros par an pour l’entreprise publique.

Malgré l’obligation de ponctualité et les condamnations, la SNCF est toujours en retard.

Comme on le voit sur ce tableau, le taux de retards a légèrement baissé de 2003 à 2004, mais il n’y a pas de quoi se réjouir puisqu’on revient en fait au même taux que 2002 pour les TER et à un taux de 1,1% plus élevé pour le Transilien, taux qui dépassent très largement, toutes catégories confondues, ceux de 1996. Non seulement il n’y a aucune progression à long terme mais on peut même parler de régression manifeste.

Les retards de la SNCF1996200220032004
Grandes lignes (retards supérieurs à 14 mn) 5,0 % 6,3 % 6,8 % 5,8 %
TER (retards supérieurs à 5 mn) 6,8 % 8,8 % 10,6 % 8,8 %
Transilien (retards supérieurs à 5 mn) 6,7 % 8,4 % 9,8 % 9,5 %

Plus concrètement :

- Il y a 4750 Transilien par jour, soit 1 733 750 par an, soit environ 164 706 Transilien en retard en 2004.
- Il y a environ 5885 TER par jour, soit 2 148 025 par an, soit environ 189 026 TER en retard en 2004.
- Il y a environ 1200 trains grandes lignes par jour, soit 438 000 par an, soit environ 25 400 trains grandes lignes en retard en 2004.

L’obligation de ponctualité n’est donc pas respectée par la SNCF dont on comprend mieux pourquoi les coûts des retards s’élèvent à plus de 50 milliards d’euros en moyenne chaque année. Ces coûts payés par l’entreprise publique sont en fait payés par l’État donc par les contribuables. On en arrive à ce non-sens : les contribuables comblent le coût des retards de la SNCF, le préjudice est indemnisé par la victime.



Ecrire un commentaire Réagir

Média

Mediapart | Faut-il germaniser notre modèle social ?

16 mai 2012

Mediapart | Faut-il germaniser notre modèle social ?

Le blog de Mediapart publie une tribune d’Alain Vermeersch revenant sur l’Allemagne, souvent (...)

RMC | Grandes Gueules - Gouvernement de J-M Ayrault

16 mai 2012

RMC | Grandes Gueules - Gouvernement de J-M Ayrault

Mardi 16 mai 2012 de 10h à 12h30, Agnès Verdier-Molinié, directeur de l’iFRAP était l’invitée des (...)

Europe et International | 16 mai 2012

Pourquoi le Traité de stabilité européen sera ratifié par la France

Réforme de l’État et des Institutions | 22 mars 2012

100 Jours pour réformer la France

Société Civile

La revue de la Fondation iFRAP

Universités : Premier bilan de l'autonomie

n°123 3 mai 2012

Universités : Premier bilan de l’autonomie

La loi LRU (loi relative aux libertés et responsabilités des universités) du 10 août 2007 a eu (...)