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   Société Civile n°79    8 avril 2008

Les bienfaits de la concurrence dans les services publics

La preuve par La Poste

La Poste vient de publier un communiqué vainqueur annonçant pour la première fois des bénéfices d’exploitation proportionnellement supérieurs à ceux de son homologue allemand, et le versement à son actionnaire l’Etat d’un dividende, d’un montant de 141 millions d’euros. Il y a lieu de se réjouir, mais aussi de rester modeste, considérant le chemin qui reste à parcourir.

La Poste allemande, qui s’appelle maintenant Deutsche Post World Net pour souligner sa vocation mondiale était, en 1989, dans un état exsangue, comparable à celui de La Poste en chiffre d’affaires (12 milliards €), mais en perte considérable. Aujourd’hui, elle va distribuer près d’1,1 milliard € à ses actionnaires, son chiffre d’affaires s’affiche à 63,5 milliards (20,5 pour La Poste) et est réalisé à près de 60% à l’international (16% pour La Poste). DPWN emploie 520.000 personnes, La Poste, bien que 3ème employeur français, n’en emploie que 300.000, 10% de moins en 2006 par rapport à 2005. Et que dire de TNT, la Poste néerlandaise, dont le statut, ainsi que celui de son personnel, est depuis 1989 entièrement privé, et dont la santé financière est insolente ? Combien de Français savent notamment que TNT est le premier opérateur de transport de colis et documents pour entreprises sur le sol de leur propre patrie ?

Malgré tout, La Poste relève la tête, et c’est à la concurrence qu’elle le doit. Commentant les résultats 2006, son Président Jean-Paul Bailly répondait à un journaliste lui demandant comment il allait faire pour prolonger les progrès de l’entreprise : « tout d’abord, en garantissant la performance de nos services face à la concurrence ». C’est en effet sous l’aiguillon de cette dernière que se modernise La Poste, dont l’inadaptation au monde actuel, et notamment à son urbanisation, devenait proverbiale. Sans la concurrence comme celle de TNT ou de DHL qui lui a fait perdre des parts de marché dans les services aux entreprises, aurait-elle commencé cette adaptation ?

En 2011 tombera le dernier bastion du monopole, à savoir le courrier de moins de 50 grammes, et ce sera très bien pour le consommateur qui continuera quand même à bénéficier des avantages du service public (présence sur tout le territoire et péréquation des tarifs) comme le prévoit Bruxelles.

C’est encore grâce à la concurrence que la Poste doit son développement dans les domaines hors courrier (express, colis et services financiers), qui sont sa principale source de croissance et de bénéfices, et aussi à l’international, pour une part encore trop modeste.

C’est enfin la Commission de Bruxelles qui a autorisé la reprise par l’Etat en 2006 de l’énorme dette, plus de 50 milliards en cumulé, de La Poste à l’égard de ses retraités : aide d’Etat certes, dit la Commission, mais qui doit être autorisée pour permettre à l’opérateur de se débarrasser d’un boulet qui aurait interdit tout développement.

Vous trouverez le dossier complet de l’iFRAP : "Pour l’ouverture des services publics à la concurrence" dans son intégralité dans la revue Société Civile n°79

Pour vous procurer le dossier complet, appelez l’iFRAP au 01 42 33 29 15 ou envoyez nous un courriel

Bertrand Nouel

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