La Poste allemande, qui s’appelle maintenant Deutsche Post World Net pour souligner sa vocation mondiale était, en 1989, dans un état exsangue, comparable à celui de La Poste en chiffre d’affaires (12 milliards €), mais en perte considérable. Aujourd’hui, elle va distribuer près d’1,1 milliard € à ses actionnaires, son chiffre d’affaires s’affiche à 63,5 milliards (20,5 pour La Poste) et est réalisé à près de 60% à l’international (16% pour La Poste). DPWN emploie 520.000 personnes, La Poste, bien que 3ème employeur français, n’en emploie que 300.000, 10% de moins en 2006 par rapport à 2005. Et que dire de TNT, la Poste néerlandaise, dont le statut, ainsi que celui de son personnel, est depuis 1989 entièrement privé, et dont la santé financière est insolente ? Combien de Français savent notamment que TNT est le premier opérateur de transport de colis et documents pour entreprises sur le sol de leur propre patrie ?
Malgré tout, La Poste relève la tête, et c’est à la concurrence qu’elle le doit. Commentant les résultats 2006, son Président Jean-Paul Bailly répondait à un journaliste lui demandant comment il allait faire pour prolonger les progrès de l’entreprise : « tout d’abord, en garantissant la performance de nos services face à la concurrence ». C’est en effet sous l’aiguillon de cette dernière que se modernise La Poste, dont l’inadaptation au monde actuel, et notamment à son urbanisation, devenait proverbiale. Sans la concurrence comme celle de TNT ou de DHL qui lui a fait perdre des parts de marché dans les services aux entreprises, aurait-elle commencé cette adaptation ?
En 2011 tombera le dernier bastion du monopole, à savoir le courrier de moins de 50 grammes, et ce sera très bien pour le consommateur qui continuera quand même à bénéficier des avantages du service public (présence sur tout le territoire et péréquation des tarifs) comme le prévoit Bruxelles.
C’est encore grâce à la concurrence que la Poste doit son développement dans les domaines hors courrier (express, colis et services financiers), qui sont sa principale source de croissance et de bénéfices, et aussi à l’international, pour une part encore trop modeste.
C’est enfin la Commission de Bruxelles qui a autorisé la reprise par l’Etat en 2006 de l’énorme dette, plus de 50 milliards en cumulé, de La Poste à l’égard de ses retraités : aide d’Etat certes, dit la Commission, mais qui doit être autorisée pour permettre à l’opérateur de se débarrasser d’un boulet qui aurait interdit tout développement.
Vous trouverez le dossier complet de l’iFRAP : "Pour l’ouverture des services publics à la concurrence" dans son intégralité dans la revue Société Civile n°79
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