Créées après-guerre avec une philosophie mutualiste très proche du collectivisme, les SAFER, Sociétés d’Aménagement Foncier et de l’Espace Agricole, porteraient bien le nom de "Safer-khozes" en hommage à leurs grandes sœurs de l’Est. Préempter les terres, les exploiter, les découper, les distribuer, sont l’apanage de nos SAFER pour le malheur du monde agricole et rural. Ces filles de l’après-guerre ont beau se draper dans la vertu que leur confère leur "mission d’intérêt général", personne n’est plus dupe de leurs décisions arbitraires.
Les SAFER remplissent une mission de Service Public et l’Etat leur a délégué des pouvoirs très importants, quasiment le pouvoir de rendre la justice entre plusieurs demandeurs. Dans chacune des SAFER, deux Commissaires du gouvernement, représentant l’un le ministère de l’Agriculture, l’autre le ministère des Finances, doivent contrôler la légalité des opérations. Le Code Rural SAFER décrit la complexité des procédures mises en place entre acheteur, vendeur, notaire, SAFER et services de l’Etat, pour le traitement de ces centaines de milliers de dossiers. En pratique, les enquêtes de terrain et les dossiers sont réalisés par les techniciens des SAFER et les fonctionnaires ne sont en position de véritablement intervenir que dans des cas tout à fait exceptionnels.
[1] A la demande de la FNSAFER, voici le texte complet des propositions du Médiateur (PRL AGR 83-02) : Baux précaires consentis par les "SAFER" aux preneurs de biens acquis par elles en attendant la rétrocession de ces biens (émise le 21 décembre 1983). La loi numéro 60.808 du 5 août 1960 a autorisé les SAFER à prendre toute mesure conservatoire pour le maintien des biens acquis en état d’utilisation et de production, pendant la période transitoire nécessaire à leur rétrocession. L’article 17 de cette loi prévoit que les SAFER peuvent consentir à cet effet les baux nécessaires "qui ne sont pas soumis aux règles résultant du statut des baux ruraux, en ce qui concerne la durée, le renouvellement et le droit de préemption".
Or il semble que les SAFER aient pris l’usage d’étendre abusivement les restrictions législatives. Elles proposent en effet des baux dénommés "conventions d’occupation précaire", qui enlèvent au preneur tous les droits résultant du statut des baux ruraux, et notamment le droit à indemnité auquel ils pourraient prétendre pour les améliorations effectuées. Ces clauses sont incontestablement illégales.
Il semble à ce propos évident que conserver par-devers soi le montant de la plus-value apportée à un terrain préempté constitue une opération difficilement conciliable avec le but non lucratif d’un organisme comme une SAFER.
C’est pourquoi le Médiateur a suggéré qu’une circulaire du ministère impose en la matière une convention-type, stipulant notamment qu’à défaut de rétrocession au preneur à titre précaire, celui-ci puisse recevoir une indemnité correspondant à la plus-value éventuellement apportée au terrain préempté.
[2] A la demande de la FNSAFER, voici le texte complet des propositions du Médiateur (PRL AGR 83-03) : Comportement des SAFER. Leurs rapports avec le Médiateur (émise le 31 décembre 1983). Dans nombre de cas portés à la connaissance du Médiateur, les but assignés par la loi aux SAFER pour procéder à la rétrocession de terrains préemptés : amélioration des structures agraires, mise en culture des terres, installation de jeunes agriculteurs, ne semble pas être respectés.
Les conditions de la réctrocession sont ainsi souvent ignorées, tant en ce qui concerne les attributeurs (ils ne sont pas toujours agriculteurs à titre principal et ne résident pas toujours sur le territoire de la commune), que l’usage fait des terres acquises par rétrocession (la mise en valeur agricole des terrains n’est pas toujours réalisée conformément aux critères retenus). Les réclamants se composent essentiellement de jeunes agriculteurs désireux détendre leur exploitation, et d’agriculteurs plus âgés qui souhaitent procurer à plusieurs de leurs enfants des exploitations d’une surface convenable.
Le Médiateur éprouve d’ailleurs les plus grandes difficultés à obtenir des informations complémentaires quand il s’adresse à ces SAFER, qui agissent parfois comme si elles n’étaient soumises à aucun contrôle. Il est difficile, dans ces conditions, de pousser à fond l’instruction des réclamations qui les mettent en cause.
En conséquence la proposition analysée suggère au ministre d’examiner :
[3] "Les SAFER évitent qu’une caste de gens riches s’accaparent les terres", était ce que Société Civile avait cru comprendre lors de son entretien avec la FNSAFER. La FNSAFER ne reconnaît pas avoir tenu ces propos.
[4] La FNSAFER précise que la loi interdit à un administrateur d’être membre de plus de 5 conseils d’administration. Cependant Société Civile a trouvé que le rapport de gestion 2001 de la SAFER de Bourgogne liste Monsieur Rolland Braud, directeur général des Terres d’Europe comme administrateur de 7 SAFER (Lorraine, PACA, Rhône-Alpes, Poitou-Charentes, Aquitaine-Atlantique, Bretagne, Réunion).
Je suis jeune installé en agriculture dans une petite commune de l'Aude, et je peux vous dire que je ne fais pas partie de la France (...) Lire la suite
Jérémie PARNAUDEAU - 07/11/09 11:52
Merci de nous informer sur une dictature de plus, un semblant de secte protégée !
xavier - 26/09/09 23:13
Je tiens à témoigner, en tant que particulier. Je fais l'acquisition de moins d'un demi-hectare de terrain destiné à mettre quelques brebis. (...) Lire la suite
he - 05/02/09 18:18
Je suis en mesure de conforter votre article étant moi-même à l'aube de porter en justice un dossier de réattribution safer.
VM - 14/12/08 14:53
Votre article intitulé "Les SAFER-Khozes" accessible au public sur le site Internet, contient de très nombreuses inexactitudes (...) Lire la suite
Antoine de Boismenu Directeur de la FNSAFER - 15/10/03 12:32


