Fondation iFrap

Reconnue d'utilité publique, la Fondation iFRAP analyse depuis 1985 l'efficacité des politiques publiques et des administrations afin de proposer des réformes concrètes
Société civile n°96 - Le 15 novembre 2009 par Bernard Zimmern

Le Comité d’évaluation et de contrôle : quel espoir ?

Le Comité d'évaluation et de contrôle : quel espoir ?

Dossier : Budget, dépenses, déficit, dette : quel contrôle de l’Assemblée ?

Les Français leur confient des milliards d’euros d’argent public, les budgets de l’État et de la Sécurité sociale passent dans leurs mains et, pourtant, les députés, quoique au cœur de la problématique des deniers publics, sont depuis longtemps les grands absents du contrôle de la dépense. Résultat : des déficits qui filent et une dette toujours plus lourde. Le budget 2010 que l’Assemblée a voté consacre cette situation puisque, sur un budget de 285 milliards d’euros, le déficit prévu est de 116 milliards. (...) Lire la suite

Depuis 1999 avec la sortie de notre dossier « Rapport aux contribuables : vers un NAO à la française », nous avons fait du contrôle de la dépense publique par le Parlement l’un des objectifs essentiels de l’iFRAP.

On n’a jamais vu en effet un organisme se rénover de l’intérieur et si les Audits de modernisation de Jean-François Copé, ministre du Budget, ou la RGPP du président Sarkozy ont leurs mérites, il est illusoire d’espérer de ces initiatives, qui sont des coups de poing, plus que ce que peut produire un coup de poing, un « blip » ténu et temporaire sur la courbe des dépenses. Les Anglais ont compris de longue date que la seule méthode qui marche est celle de la goutte d’eau - celle qui finit par creuser la pierre -, le contrôle continuel des dépenses publiques avec ses trois étages : enquête en profondeur, déposition publique des responsables sur la base de l’enquête, recommandations au gouvernement qui doit accepter ou refuser sous trois mois. Appliqué depuis près de cent ans en Grande-Bretagne, le dispositif a fait ses preuves. Si, chaque année, les économies annoncées ne sont pas très spectaculaires, avec seulement de l’ordre d’un milliard d’euros annoncé, les 52 enquêtes et séances publiques annuelles créent la pression que la fonction publique française réclame à cors et à cris lorsqu’il s’agit de contrôler les contribuables.

Avec quelques dizaines d’années de retard, l’Assemblée nationale vient enfin de créer le Comité d’évaluation et de contrôle. Sera-t-il un nouvel échec comme l’Office parlementaire d’évaluation des politiques publiques de 1995 ou saura-t-il prendre son envol ?

Avec un budget d’un million d’euros qui le rend incapable de mener les contrôles lui-même, saura-t-il atteindre la masse critique en s’appuyant massivement sur la Cour des comptes qui est prête à le seconder ?

Le dossier de ce numéro fait le point des écueils qui attendent une barque, portant encore nos modestes espoirs.





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