Le revenu médian est défini de façon simple : la moitié des ménages ont des revenus supérieurs à ce médian, et l’autre moitié des ménages des revenus inférieurs. Pour la France, en 2005, en arrondissant le nombre de ménages à 30 millions, cela donne :
| 15 millions de ménages ont des revenus < à 2 100 € |
| Revenu médian = 2 100 €/mois |
| 15 millions de ménages ont des revenus > à 2 100 € |
En Europe, un ménage est classé comme pauvre si son revenu est inférieur à 50 % (ou à 60% selon les auteurs) du revenu médian des ménages du pays. Selon la règle des 50 %, environ 1,6 million de ménages sont classés comme « pauvres » en France en 2005, mais 3 millions en prenant un taux de 60%.
Chaque année, l’augmentation du Smic prend en compte l’inflation et la croissance de l’économie, et bénéficie souvent du fameux « coup de pouce » supplémentaire. Résultat : de 1993 à 2005, la proportion de Smicards parmi les salariés est passée de 8,2 à 16,8 %. Sur la période 2001-2005, la progression a été particulièrement rapide, notamment pour aligner les neuf Smic-35 heures sur le plus favorable. Données avec le taux de 50% :

Données 2005 avec le taux de 60% :
| 3 millions de ménages ont des revenus inférieurs à 1 050 € | Seuil de pauvreté = 1050 €/mois | 12 millions de ménages ont des revenus inférieurs à 2100€ et supérieurs à 1050€ | Revenu médian = 2100 €/ mois | 15 millions de ménages ont des revenus supérieurs à 2100 € |
Quand le Smic augmente plus vite que la richesse nationale, une partie des nombreux ménages dont les revenus étaient légèrement inférieurs au revenu médian voient leurs revenus dépasser ces 2 100 €. Le revenu médian va alors mécaniquement augmenter, par exemple à 2 200 €, et le seuil de pauvreté passe à 1 100 €. Ce relèvement du « seuil de pauvreté », ne fait pas augmenter la pauvreté « réelle ». On se borne à étendre la qualification de « pauvres » à des personnes dont les revenus sont, par exemple, indexés sur l’inflation et dont le niveau de vie est inchangé. Définir la pauvreté statistique en référence à un niveau de revenu (50 % du médian) plutôt qu’en référence à un niveau absolu (N euros) présente des avantages, mais à condition que cet indicateur ne soit pas utilisé pour manipuler l’opinion quand il donne des résultats visiblement erronés.


