Évolution du secteur de la machine-outil ces dernières années
Le tableau ci-dessous, issu des statistiques du CECIMO (Comité européen pour la coopération des industries de machines-outils), montre l’évolution entre 2000 et 2007 des chiffres d’affaires, de l’import, de l’export et de la consommation apparente des principaux producteurs européens (chiffres en millions d’euros).
| Allemagne | Italie | Suisse | Espagne | France | |
|---|---|---|---|---|---|
| Prod. 2000 | 7560 | 4163 | 2257 | 932 | 861 |
| Prod. 2007 | 9444 | 5330 | 2574 | 1048 | 838 |
| Export 2000 | 4293 | 1932 | 1920 | 483 | 533 |
| Export 2007 | 6688 | 2969 | 2574 | 622 | 577 |
| Import 2000 | 1875 | 1441 | 408 | 496 | 1344 |
| Import 2007 | 2692 | 1403 | 558 | 509 | 889 |
| Cons. 2000 | 5142 | 3672 | 745 | 947 | 1672 |
| Cons. 2007 | 5448 | 3764 | 924 | 935 | 1150 |
Les chiffres sont effrayants : non seulement la France est le seul pays qui a vu sa production diminuer pendant cette période, mais en plus elle représente aujourd’hui moins de 10 % de l’Allemagne, moins de 20 % de l’Italie, sans parler de la Suisse.
Mais ce qui est encore plus grave, c’est la consommation du pays en machines-outils qui est représentative de toutes les industries mécaniques, au sens large : cette consommation a baissé de plus de 30 % entre 2000 et 2007 et représente aujourd’hui 20 % de la consommation allemande et un tiers de la consommation italienne ! Quand on connaît l’importance, chez nous, de l’automobile, de la construction aéronautique et de leurs sous-traitants, on conçoit aisément ce qui reste pour l’industrie mécanique proprement dite, et particulièrement l’industrie des biens d’équipement ; nous reviendrons plus loin sur ce point.
Pour fixer les idées, la production mondiale était, en 2007, de 52 226 millions d’euros, les principaux producteurs étant le Japon avec 10 553, l’Allemagne avec 9 444, la Chine avec 7 362, puis l’Italie avec 5 330, la Corée du Sud, Taïwan, les USA n’arrivant qu’en septième position, avec 2 611, à peine devant la Suisse avec ses 2 574.
Concernant la consommation, la Chine arrive de loin en première position, avec 11 802 millions d’euros, devant l’Allemagne avec 5 448, les États-Unis avec 4 627, puis l’Italie (!), le Japon et la Corée du Sud. Et, au risque de me répéter, cette consommation est un excellent indicateur de la puissance industrielle.
À noter également qu’en 2007, le PIB de l’Allemagne était de 3 281 milliards de dollars (soit 39 313 $ par habitant) et le PIB français de 2 515 milliards de dollars (soit 41 266 par habitant)… et que le solde de la balance commerciale était de 264 milliards de dollars pour l’Allemagne et de – 36 pour la France.
Pour en revenir à la machine-outil, le tableau ci-dessous, également extrait des statistiques du CECIMO, donne les effectifs et le nombre d’entreprises du secteur dans les 5 mêmes pays que le premier tableau.
| Pays | Nb. d’entreprises | Effectifs | Effectifs moyens |
|---|---|---|---|
| Allemagne | 350 | 66 369 | 190 |
| Italie | 375 | 28 560 | 76 |
| Suisse | 91 | 12 200 | 134 |
| Espagne | 111 | 5 546 | 50 |
| France | 89 | 6 096 | 68 |
Un mot encore pour le grand absent de ce top 5, l’Angleterre. Cette dernière a clairement fait le choix de la finance, des services et des nouvelles technologies, ce qui n’est pas le cas chez nous.
Il est intéressant pour comprendre les performances respectives de la France et de l’Allemagne, de distinguer les causes lointaines, puis de revenir sur l’époque du grand déclin (fin des années soixante-dix et années quatre-vingt) et de se poser la question : y a-t-il des remèdes ?
Suite de ce dossier :
Les causes lointaines de la crise de la machine-outil française











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