La Banque de France dépense 10 Mds de francs de plus par an que ses homologues anglaise et canadienne
10 Mds de plus que la Banque d’Angleterre
11 Mds de plus que la Banque du Canada
Pourquoi ? La performance des Banques Centrales n’est pas liée aux recettes - dues pour l’essentiel aux monopoles dont elles bénéficient - mais bien à la gestion de leur masse salariale, puisque les frais de personnel comptent pour la moitié des dépenses totales des Banques Centrales.
Les frais de personnel sont pour la Banque de France :
8 fois supérieurs à ceux de la Banque d’Angleterre
21 fois supérieurs à ceux de la Banque du Canada.
10 fois plus de personnel à la Banque de France qu’à la Banque du Canada
| Effectifs fin 1998 | Nombre de succursales | |
|---|---|---|
| Banque du Canada | 1700 | 5 |
| Banque d’Angleterre | 2660 | 12 |
| Banque de France | 17 329 | 211 |
| Source : Rapport annuel des 3 banques - 1998 | ||
Nota : afin de permettre des comparaisons entre les différentes banques sur une même période, l’effectif retenu pour la Banque d’Angleterre est l’effectif moyen sur l’année.
Au total, la Banque de France a fermé début les années 1990 à peine 10% de ses succursales et a dû stopper net.
Pour la seule année 1997, la Banque d’Angleterre a fermé 4 succursales, soit 25% en une seule année. En 1998, la Banque d’Angleterre a réduit ses effectifs de 380 personnes et a transféré 460 personnes à la Financial Services Authority (FSA), ce qui fait qu’elle ne disposait plus à la fin de l’année que de 2660 personnes.
Banque de France / Banque d’Angleterre
Une comparaison des effectifs édifiante :
fois plus de personnel pour imprimer les billets
9 fois plus pour l’analyse monétaire, statistique et l’analyse des entreprises
10 fois plus pour la circulation des billets, les règlements bancaires, la gestion du réseau.
| (numéros des "métiers" de la Banque de France) | Banque de France | Banque d’Angleterre |
|---|---|---|
| Impression des billets (métier 1) | 1 600 | 680 |
| Analyse monétaire, statistiques et analyse des entreprises (5 et 10) | 2 470 | 280 |
| Circulation des billets, règlements bancaires, gestion et animation du réseau (2, 3, 11) | 5 992 | 600 |
| Réglementation bancaire, contrôle et surveillance des banques (8, 9, 16 PO2) | 496 | 460 |
| Gestion des titres (7) | 188 | 110 |
| Affaires internationales et mise en oeuvre de la politique monétaire (4 et 6) | 688 | 120 |
| Comptabilité, budget, ressources humaines, audit interne (12, 13, 16 sans PO2) | 1 148 | 220 |
| Immobilier et sécurité (14) | 937 | 350 |
| Informatique | 560 | 200 |
| Communication (17) Détachements, congès spéciaux, absences longue durée, organismes sociaux | 45 + 254 + 262 = 571 | 100 |
| TOTAL | 14 650 | 3 120 |
| Sources : Plan d’entreprise 1999 de la Banque de France ; rapport annuel de la Banque d’Angleterre | ||
Note méthodologique
La Banque de France exclut de son plan d’entreprise les personnes absentes ou en formation, ainsi que les agents de surveillance (1 213 personnes) et "autres personnels" (420). C’est pourquoi ne sont pris en compte pour la Banque de France que 14 650 agents sur les 17 238.
A noter, les 460 personnes travaillant à la Banque d’Angleterre dans le secteur "réglementation bancaire, contrôle et surveillance des banques" ont été transférées en cours d’exercice à la FSA (Financial Services Authority).
Le secteur "circulation des billets, règlements bancaires, gestion et animation du réseau" inclut pour la Banque d’Angleterre les marchés de devises, mais exclut les 12 agences régionales, dont l’effectif (environ 50 personnes) est compris dans le secteur "analyse économique".
Le secteur "Affaires internationales et mise en oeuvre de la politique monétaire" concerne pour la Banque d’Angleterre, la gestion des réserves de devises, la formation et l’assistance à des banques centrales étrangères, les opérations internationales (notamment TARGET, gros règlements bancaires en euros en temps réel).
Imprimer un billet coûte 3 fois plus cher en France qu’en Grande-Bretagne
| Nombre de billets fabriqués (milliards par an) | Coût de revient pour 1 billet fabriqué | |
|---|---|---|
| Banque de France | 1,3 | 1 franc |
| Banque d’Angleterre | 1,2 | 29 centimes |
| Source : Rapports Annuels des 2 banques - 1998 | ||
Un Comité d’entreprise qui fait mieux que celui d’EDF : 23.000 francs par an et par personne
Le cas d’EDF est bien connu. Son comité d’entreprise est doté d’un budget de 2,3 Mds de francs assis sur une taxe de 1% sur le chiffre d’affaires de l’entreprise que se partagent toutefois les 141.000 employés d’EDF, ce qui par agent ne fait que 16.000 francs.
Le record est battu, puisque les budgets "socio-culturels" représentent 166 millions de francs auxquels s’ajoutent les 234 millions de francs de budgets à la disposition des délégués syndicaux, soit au total une moyenne de 23.000 francs par personne employée par la Banque.
A la retraite, le personnel touche 80% du dernier salaire après 40 ans d’activité
| Prestation moyenne par an (1993) | |
|---|---|
| Banque de France | 117.000 francs |
| Régime Général | 61.000 francs |
| Source : S. Hamayon, M. Rouquès, "Le financement des systèmes de retraite", 1997, collection prospective, p 59. | |
Les retraites sont calculées sur la base de 2% du dernier salaire par année de présence, soit 80% de ce salaire après 40 années de présence. Mais, le personnel bénéficie généralement d’une promotion dans sa dernière année de présence.
A cette base s’ajoutent :
un supplément appelé la "bénévolence", qui varie suivant les individus, et atteint en moyenne 12% de la retraite de base
des "allocations spéciales"
une allocation voyage
des majorations pour enfants élevés
ou pour ancien combattant.
Bibliographie (Principaux ouvrages)
Rapport Annuel de la Banque du Canada 1998.
Rapport annuel de la Banque d’Angleterre 1998.
Rapport annuel de la Banque de France 1998.
Plan d’entreprise 1999 de la Banque de France.
Rapport de la Commission des Comptes de la Sécurité Sociale.
Bilans sociaux de la Banque de France.
Le financement des systèmes de retraite, Hamayon et Rouquès, 1997.
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