
Agnès Verdier-Molinié : Estimez-vous que les méthodes actuelles d’évaluation des enseignants-chercheurs sont satisfaisantes ?
Jean-Robert Pitte : Non, elles sont peu satisfaisantes, car l’évaluation n’est pas dans la culture française, hélas. Personne ne se remet en cause soi-même et donc ne s’autoévalue. Les Conseils scientifiques des universités, CNU, AERES, comités nationaux du CNRS, etc. laissent beaucoup à désirer du fait des petits arrangements entre amis et règlements de comptes qui tiennent trop souvent lieu d’évaluation réelle. Par ailleurs, les Français ne se soumettent pas assez au regard des étrangers.
AVM : Comment sont-ils évalués concrètement ?
JRP : Par les organismes que j’évoque ci-dessus, mais ils ne le sont réellement qu’à l’occasion de demandes de promotions.
AVM : En quoi la réforme du décret de 1984 qui déchaîne la colère des enseignants-chercheurs répond-t-elle, selon vous, à la nécessaire évolution de l’enseignement et de la recherche à l’université ?
JRP : Parce que chacun doit donner le meilleur de lui-même et, par conséquent, accepter le regard d’autrui, de sa hiérarchie en particulier, sur sa manière de servir. Que le Président d’une université se préoccupe du meilleur usage possible des forces vives de son université me semble le bon sens même. On l’attend de n’importe quel fonctionnaire responsable d’un service, pourquoi pas dans l’enseignement supérieur universitaire ?
AVM : Comment l’évaluation des enseignants-chercheurs étrangers se passe-t-elle chez nos voisins européens ?
JRP : De manière beaucoup plus systématique, précise et objective au nord de l’Europe, à la manière américaine ou d’Extrême-Orient, comme en France au sud de l’Europe qui ne possède pas les meilleures universités du monde…
AVM : Quelles sont les garanties envisageables pour éviter l’arbitraire que d’aucuns annoncent comme inévitable avec une évaluation placée, en dernière responsabilité, au niveau du président d’Université ?
JRP : L’existence de conseils d’UFR, de facultés et de doyens, de conseils scientifiques et d’administration en formation restreinte aux enseignants, sans oublier les étudiants qui sont censés dans le système européen LMD évaluer les enseignements qu’ils suivent. Aucun président ne peut décider seul de l’évaluation et des promotions de ses collègues. Le CNU doit aussi dire son mot.
AVM : En quoi la concurrence entre les professeurs et les universités serait-elle bénéfique selon vous ?
JRP : Pour stimuler un secteur de notre enseignement supérieur qui vit un peu trop facilement sur sa bonne conscience, ses certitudes, la haute idée qu’il a de lui-même. Nous devons davantage réfléchir à notre utilité réelle en matière de création du savoir, de transmission, de valorisation et, bien sûr, d’insertion professionnelle de nos étudiants diplômés.
Ce que vous présentez comme des évaluations sont en fait des actions professionnelles tout à fait normales et indispensables à l'exercice de (...) Lire la suite
JRBig - 20/02/09 12:42
Je voudrais savoir où ce Monsieur a vu que les enseigants-chercheurs étaient payés à ne rien produire ? Sait-il (...) Lire la suite
MCH - 18/02/09 23:58
Dire que les enseignants-chercheurs ne sont pas ou peu évalués est un presque mensonge. La situation est bien plus complexe et (...) Lire la suite
FD - 18/02/09 23:54
Bien sûr, il faut que les universités soient plus autonomes. Que les prof-chercheurs soient suivis dans leur "performance". (...) Lire la suite
LE - 18/02/09 10:44
Il est grand temps que les universités se réforment et notamment le statut des enseignants-chercheurs, souvent payés pour (...) Lire la suite
faivet - 18/02/09 6:44


