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   Société Civile n°76    14 janvier 2008

Eric Brunet

Journaliste de droite : un tabou français

"dans les écoles, il y a une idéologie, un vocabulaire qui sont empreints de cette culture de gauche néo-marxiste"



Trois questions à Eric Brunet, auteur de Être de droite, un tabou français , Albin Michel, 2006.

Comment le livre a-t-il été perçu à sa sortie ?

Au début, aucun relais. Puis Internet l’a lancé grâce au bouche-à-oreille sur certains sites de libéraux, de l’UMP ; beaucoup de blogs ont repris le livre. La presse s’en est désintéressée et l’a présenté de façon caricaturale. Je suis passé chez Fogiel où il m’a dit que les médias ne sont pas majoritairement à gauche et il a présenté un reportage clairement orienté. Il y avait face à moi 6 personnes de gauche. Je suis passé pour le parano de service. Là où je les ai tous eus, c’est que je suis sympathique, les gens savent que je ne suis ni raciste ni riche. J’ai mis les rieurs dans mon camp. J’ai réussi à avancer et peu à peu je suis devenu la coqueluche des émissions de télé, Fogiel, Ruquier, Bern… Un type de droite, ça gêne beaucoup. Autant un patron de droite pourra avoir un journaliste à gauche. L’inverse est impossible. Pour un rédacteur en chef de gauche, avoir un mec de droite est difficile. J’ai voulu défendre des salles de rédaction un peu plus plurielles, y’en a marre du conformisme. La rédac la plus à gauche, c’est RTL. Les salles de rédac qui ne foisonnent pas, ça m’emmerde.

Pourquoi les journalistes sont-ils à gauche ?

La vraie réponse de toute façon est induite car notre système de valeurs est comme ça. Le journaliste est un peu bohème, enquêteur, c’est un type qui a une culture orientée à gauche, contre l’autorité, contre l’ordre. La droite représente l’autorité, le pouvoir. C’est idiot, mais c’est comme ça. À l’école de journalisme j’étais le seul de droite. Les 32 autres sont quasiment tous dans des partis politiques de gauche et encartés. L’un était au PS et il m’appelait le facho. Ces types sont à gauche car le socio-style type de journaliste est rebelle, hostile à l’autorité, on n’est pas dans l’idéologie mais dans la sociologie comportementale. Chez tous les pros, dans les écoles, il y a une idéologie, un vocabulaire qui sont empreints de cette culture de gauche néo-marxiste. C’est la culture du « no pasaran ». Le journaliste doit lutter contre les fonds de pension, contre les labos pharmaceutiques et contre le mal incarné. En France, on est dans cette idéologie.

Y a-t-il un enseignement de gauche ? Pourquoi ?

À l’école, on nous enseigne des trucs de gauche. Il y a vingt ans les profs étaient coco. Globalement toujours incarnation de l’un par rapport à l’autre. Très difficile, car la lecture de la société est de gauche. En seconde lecture, on se rend compte qu’une école offre une image de la société que propose le monde. On n’est pas dans une lecture bête, mais une élite est fabriquée à gauche. Ce n’est pas la vision moderne que l’on trouve ailleurs…

Cet article fait partie du dossier "Presse française : Les causes du déclin"

Guillaume Dumant

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