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Le 29 avril 2008 par Bertrand Nouel

Emploi et Entreprises
Syndicats et Social
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Institution du revenu de solidarité active (RSA)

Quand il faut déshabiller Pierre pour habiller Paul

Voici près d’un an que l’iFRAP tente d’intéresser ses lecteurs à la prime pour l’emploi, cet impôt négatif conçu à l’origine (2001) pour être une incitation à prendre ou reprendre un emploi, mais devenu au fil des années un treizième mois accordé à tous les salariés au Smic et de façon dégressive jusqu’à 1,6 Smic, soit actuellement à 8 millions de personnes. Le complément de salaire, jusqu’à près de mille euros par an, est d’autant plus appréciable qu’il est par définition net de tout prélèvement social et fiscal. Nous avions attiré l’attention sur l’effet de cette prime, qui, en toute vérité économique, doit être ajoutée au Smic pour le calcul des minima sociaux, ce que personne n’est apparemment prêt à reconnaître. Nous avions notamment calculé qu’en accomplissant trois heures supplémentaires par semaine, les salariés au Smic percevant la prime pour l’emploi à son maximum, recevaient l’équivalent des fameux 1.500 euros nets qui ont occupé la scène pendant la campagne présidentielle.

Le Président vient d’annoncer que l’institution du RSA allait s’accompagner d’un « redéploiement » de la prime pour l’emploi vers les plus pauvres, donc en en diminuant de façon importante le nombre d’attributaires. Du coup, ceux qui sont lésés redécouvrent brusquement les vertus d’une prime qu’ils avaient pudiquement oubliée, et les syndicats montent au créneau au prétexte que l’on est en train de déshabiller les Pierre « modestes » pour habiller les Paul « pauvres ».

On connaissait les classes pauvres et les classes moyennes, voici maintenant, au milieu, les classes modestes. On ne s’étonnera guère que les syndicats s’intéressent à ces dernières, qui constituent leur clientèle, plutôt qu’aux pauvres dont l’Etat sarkosyste est finalement le seul défenseur. Mais en recentrant ainsi les minima sociaux sur les plus nécessiteux, ce qui est quand même logique, on ne saurait non plus s’étonner que la politique de redistribution consiste à déshabiller Pierre pour habiller Paul, ce qui est par définition toujours le cas. Certains rétorqueront qu’il reste à déshabiller les Pierre « riches ». Mais ce strip-tease là est difficile quand les prélèvements obligatoires dépassent 44% du PIB, et les dépenses publiques atteignent 54% de ce même PIB.



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