"Redonner espoir" est bien le sujet car le moral des personnels des hôpitaux publics est au plus bas. L’hôpital public aujourd’hui c’est : un fort mécontentement, un absentéisme record, des grèves à répétition et une insatisfaction qui touche la totalité du personnel (infirmières, internes, sages-femmes, administratifs, techniciens, directeurs, chirurgiens et médecins des hôpitaux). Tous souffrent.
Pourtant, les dépenses consacrées à l’hôpital croissent chaque année plus que la richesse nationale, les effectifs sont en augmentation très rapide (950.000 employés, soit plus 35 % depuis 1980), les horaires de travail ont été réduits (35 voire 32 heures contre 39). Et l’activité -plus complexe- n’est qu’en faible croissance grâce aux nouveaux traitements, à la réduction des durées d’hospitalisation et à la vitalité des cliniques et hôpitaux mutualistes.
Seuls de graves dysfonctionnements du système peuvent expliquer cette situation paradoxale de l’hôpital public. Mais, puisque "l’hôpital bouge encore", pourquoi entreprendre une réforme de fond ? semble dire l’ordonnance. A l’hôpital, la France investit sans réformer en profondeur. Nouvelle gouvernance, investissements du plan hôpital 2007, tarification à l’activité, pôles d’activité, toutes ces "micro-avancées" partent d’une bonne démarche pour arriver souvent, sur le terrain, à des applications minimalistes.
C’est sans doute ce qui fait dire à Monsieur André Pors, Directeur de l’hôpital de Roanne : "La sclérose a envahi les divers aspects de la vie hospitalière." (…) "Le mot sclérose choque. C’est une triste maladie, dont le petit Larousse donne une définition figurée : "incapacité à évoluer, à s’adapter à une nouvelle situation par manque de dynamisme, par immobilisme, par vieillissement". Ne croirait-on pas que cette définition a été écrite pour nos structures hospitalières ? (…)
Le 23 mars 2005, l’iFRAP a été à l’initiative d’un colloque autour des professeurs Bernard Debré, député de Paris, Paul-Henri Cugnenc, député de l’Hérault et Philippe Even, sur le thème de "Hôpital public : quel avenir ?". Ce colloque a permis d’établir un bilan des failles de notre système d’hospitalisation. L’objet de ce dossier est de reprendre ce bilan et d’émettre les propositions de l’iFRAP pour réformer l’hôpital public.

Bernard Debré et Paul-Henri Cugnenc disent l’urgence d’une réforme profonde des hôpitaux. Alain Coulomb, fort des 1700 établissements publics et privés qu’il a audités ou fait auditer, en a confirmé l’urgence. Tous expliquent que, pour y arriver, il faut d’abord bousculer des forteresses. Deux bastions en particulier : CGT et FHF.
Face aux problèmes qui plombent les hôpitaux publics, d’autres structures cherchent, explorent, se battent et trouvent leurs solutions. Les 4 témoignages suivants proviennent de responsables travaillant dans des environnements très différents. Aucune solution n’est parfaite, mais tous témoignent que les espaces de liberté et de responsabilité dont ils disposent sont indispensables à la qualité de leurs soins, à la réussite de leur établissement et même à leur épanouissement professionnel.
Le constat est désormais unanime : l’hôpital public est aujourd’hui une machine immobile. Pour réformer l’hôpital public, nos propositions s’imposent devant les difficultés décrites par ses responsables. Elles sont simples, mais exigeantes car elles allient liberté et responsabilité et surtout prennent en compte le fait que sans alternative à la gestion publique, l’hôpital public peut certes encore bouger mais ne peut rebondir.
Cet article est une synthèse (ou un extrait) du Dossier de notre mensuel Société Civile.
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