Seulement voilà : jusqu’à la semaine dernière on n’avait pas encore abordé le nerf de la guerre. Comme les caisses sont vides, le financement (partiel) du RSA va provenir d’une taxe de 1,1 % sur les revenus du capital, à savoir les revenus d’assurances vie, les revenus d’actions et les revenus fonciers. Mais les revenus des livrets, A en particulier, seraient exclus, ce qui est en soi extrêmement contestable dans un contexte de concurrence entre les divers placements, et favorise le financement du logement social au détriment des investissements dans les entreprises.
Des millions de Français se sentent déjà concernés par cette nouvelle taxe et ne comprennent pas la cohérence du discours gouvernemental : comment expliquer, quand on a été élu sur le projet de faire baisser le taux de 4 points les prélèvements obligatoires, la création d’une nouvelle taxe sur les capitaux qui participent au financement des entreprises et aux compléments de retraites des Français ? Pour les revenus concernés, la taxation passe de 29% à 30,1%, soit une augmentation - et non une diminution ! - de près de 4 points de la fiscalité existante, ce qui n’est pas aussi négligeable que le Gouvernement le prétend.
Fallait-il financer le RSA par une telle taxe ? Le Gouvernement, qui avait initialement prévu de redéployer la prime pour l’emploi (4, 2 milliards d’euros en 2007) au profit des plus défavorisés, a reculé devant les réactions. Car cette prime profite à plus de la moitié des salariés français puisqu’elle étend ses effets largement au-dessus du revenu médian. Le Gouvernement a manqué de courage politique en refusant ce redéploiement, alors que depuis longtemps s’étaient élevées les critiques, notamment de la Cour des Comptes, sur l’inefficacité de la prime pour l’emploi, devenue au fil des années un simple complément de rémunération pour la plupart, complément certes apprécié, mais inefficace pour favoriser l’emploi en raison de sa trop grande dispersion.
Le Sénat, en conclusion de sa mission d’information, se félicite de la mise en place du RSA et de sa méthode de financement. Toutefois, il précise avec une aimable hypocrisie que la taxe en question ne devrait avoir qu’une durée de vie « transitoire de trois ans » pour être ultérieurement gagée sur des « économies budgétaires » ! Voyez donc à titre d’exemple la CRDS, créée en 1996 pour une durée de 13 ans pour l’amortissement de la dette sociale (l’équivalent de 30 milliards d’euros à l’époque), prolongée depuis jusqu’en 2021 pour l’amortissement d’une dette maintenant égale à près de 100 milliards d’euros…
Pour privilégier le pouvoir d’achat des classes dites moyennes, nous voici donc maintenant devant une nouvelle couche du mille-feuille de l’assistance sociale, dont l’efficacité sur l’emploi, qui devrait être une priorité, est plus que douteuse : un milliard et demi d’euros changera-t-il la donne, comparé aux 4,2 milliards de la prime pour l’emploi dont l’objectif initial a été perdu de vue ? D’autant plus que le mécanisme du RSA, au motif de vouloir réduire la pauvreté, privilégie l’emploi à temps partiel et risque d’aboutir à une nouvelle trappe à inactivité ainsi qu’à une incitation pour les employeurs à embaucher de préférence à des niveaux et durées d’emploi qui bénéficient le plus des aides d’Etat. Réduction de la pauvreté, réduction des effets de seuil liés à la reprise de l’emploi, maintien du pouvoir d’achat, à vouloir courrir trop de lièvres à la fois on se prive des moyens nécessaires à ses ambitions tout en tombant dans le travers de l’augmentation des prélèvements obligatoires.
Notre système est devenu fou : il faut maintenant donner de l'argent public issu de l'impôt, pour compenser la perte de revenu que va connaître (...) Lire la suite
Picsou75 - 02/09/08 20:39
J'ai 45 ans, et je fais partie des imbéciles gogos qui ne sont pas partis dans les années 90 et que l'on ponctionne à mort et qui au passage (...) Lire la suite
alyssa - 02/09/08 19:09
la prime pour l'emploi ; c'est effectivement un salaire complémentaire payé par la société et qui n'encourage, en aucun cas, même au contraire, (...) Lire la suite
marion - 02/09/08 12:25
En fait la définition du seuil de pauvreté utilisée en France, et notamment par Martin Hirsch est maintenant passée (sans explication...) à (...) Lire la suite
Bertrand Nouel (iFRAP) - 02/09/08 11:45
Qu'est ce que la pauvreté? L'administation, jamais en reste de formules mathématiques, définit les personnes pauvres comme étant celles qui (...) Lire la suite
violette14 - 02/09/08 11:45
Après les prélévements obligatoires CSG, RDS, etc... en voilà un de plus et le petit épargnant que je suis va en prendre plein ... Je suis contre (...) Lire la suite
sylled - 02/09/08 11:43
nouvelle taxe = vieille recette............... mr sarkozy ne nous avait pas habitués à ce genre de cuisine ........... on n'a plus envie d'en (...) Lire la suite
jcdavid - 02/09/08 11:03
Je dis dans mon article qu'il fallait avoir le courage de recentrer la PPE. Or la PPE n'est pas un revenu du travail, même si elle est liée (...) Lire la suite
Bertrand Nouel (iFRAP) - 02/09/08 9:59
Je suis habituellement d'accord avec la quasi totalité de vos articles... Comment auriez-vous financé le RSA ? Par une cotisation sur les revenus (...) Lire la suite
MARTIN S - 02/09/08 9:59
Le financement du RSA par le revenu des systèmes d'épargne non plafonnés, est un moindre mal. Je doute que beaucoup de Français vivent des revenus (...) Lire la suite
Leclercq - 02/09/08 6:30
Le mode de financement prévu pour le RSA est aberrant, je suis entièrement de votre avis. En fait les choses sont beaucoup plus graves que ce (...) Lire la suite
Michel J - 01/09/08 23:38
Pour une fois que l'on sait qu'une taxe vise à réduire la fracture sociale, je ne peux qu'approuver. Certes, ce sont encore les classes moyennes (...) Lire la suite
yan - 01/09/08 23:25
Encore une fois, nous sommes pris pour des vaches à lait. L'Etat donne de l'argent aux riches et même très riches et vient pomper dans les (...) Lire la suite
pascal - 01/09/08 23:09
je suis adhérent de l'UMP et continue de soutenir notre Président ce qui ne veut pas dire que je partage l'intégralité de ses décisions. je comprends (...) Lire la suite
delfaux - 01/09/08 21:37
Réfléchissons un peu ... Il n'y aura jamais de limite à l'empilement des taxes. C'est un principe de la thermo-dynamique: il y a plus de pression (...) Lire la suite
Benoît - 01/09/08 21:19
L'assurance vie, placement préféré des Français, qui finance les 1200 milliards d'euros de déficit de l'Etat,(hors provisions pour retraites (...) Lire la suite
violette14 - 01/09/08 21:14
Dans leur grande majorité, les bénéficiaires du RSA devraient logiquement être des anciens RMistes; Ne pourrait-on pas financer le RSA avec les (...) Lire la suite
phildab - 01/09/08 20:58
Le bien fondé du RSA n'est pas contestable. Son financement par contre est INADMISSIBLE. L'Etat doit faire 60 milliards d'économies, ce qui (...) Lire la suite
François L - 01/09/08 19:43
Le totem de l'assistanat: c'est la taxe finale…………p'ov France : Comment va-t-on financer le RSA ? C'est très simple. Sans coup férir, la rupture (...) Lire la suite
gele - 01/09/08 19:33
En fait, M. SARKOZY est un adversaire des épargnants, et n'est à l'aise qu'avec les socialistes, les alter-quelquechose, les vedettes du sport (...) Lire la suite
Vincent N - 01/09/08 19:15


