La France et le Royaume-Uni sont deux pays comparables : une population sensiblement identique, le même pourcentage du produit national brut venant de l’industrie et des services, le même passé d’État-nation centralisé depuis 1 000 ans, deux puissances nucléaires, membres permanents du Conseil de sécurité et deux anciennes puissances coloniales. Tout nous rapproche. Une grande différence toutefois : d’un côté de la Manche, le plein-emploi britannique depuis près de 15 ans (taux de chômage entre 4,5 et 5,5% sur la période) de l’autre, le sous-emploi français avec un taux de chômage élevé et chronique depuis 30 ans. Le Cercle d’outre-Manche a pour objectif de faire du « benchmarking » entre la France et la Grande-Bretagne pour mieux comprendre le modèle britannique et voir dans quelles mesures la France pourrait s’en inspirer. Les Britanniques, pas plus que les Français, n’aiment le changement ou la réforme. Lorsque la réforme leur a été imposée à la fin des années 1970 par Margaret Thatcher et suivie par John Major et Tony Blair, les Britanniques ont compris que la réforme ne pouvait se faire que de manière permanente. Nous avons tendance en France à faire une réforme pour 25 ans. Il y a alors des craquements terribles, des batailles, des manifestations et la réforme est ensuite oubliée. La grande leçon du modèle britannique consiste au contraire à réformer de manière continue avec une évaluation régulière de la réforme afin d’en mesurer les effets et de l’améliorer le cas échéant. Lorsque nous avons lancé nos travaux en 2004, il était difficile d’évoquer en France le « modèle » britannique, perçu alors comme « ultra-libéral » et inapplicable en France. Le tabou concernant ce modèle vient de tomber récemment. Certaines des propositions faites dans les trois premiers rapports du Cercle d’outre-Manche [1] font aujourd’hui l’objet d’un large consensus en France et d’une mise sur agenda gouvernemental (divorce économique sans faute entre employeur et employé, fusion ANPE/Unedic sur le modèle des Jobcentres britanniques, dialogue social sans intervention gouvernementale ou encore incitation des particuliers à investir dans les jeunes entreprises). Force est de constater que les visites à Londres de ministres ou leaders d’opinion se font de plus en plus fréquentes. Bien que le Royaume-Uni connaisse ses soucis (déficit de la balance commerciale, érosion de la Livre et incertitude financière), il existe toujours un laboratoire d’idées à 2 heures d’Eurostar de Paris. La France, qui a des atouts considérables (réseaux de transport et système de santé plus performants, main d’œuvre mieux formée), peut rattraper et dépasser le Royaume-Uni si elle parvient à réformer et à adapter son « software », c’est-à-dire son environnement économique et entrepreneurial.
A la question « Comment faire rentrer en France les talents expatriés ? », le Cercle d’outre-Manche propose notamment une mesure simple, claire et symbolique : le retour en France d’un expatrié français ne saurait être déclencheur d’un contrôle fiscal.
Première mesure : la flexibilité du marché du travail
Deuxième mesure : une administration partenaire
Troisième mesure : la fin du ménage à trois dans le dialogue social
Quatrième mesure : la création d’entreprise, inciter les particuliers à investir dans les jeunes entreprises
Cinquième mesure : faire de l’anglais une priorité nationale
[1] “Sous-emploi français, plein-emploi britannique : un paradoxe bien peu cordial” (Novembre 2004) ; “My neighbour is rich” (Octobre 2006) ; “6 mois, 6 mesures pour que la France repasse devant le Royaume-Uni” (Juin 2007).


