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Société civile n°88 - Le 15 février 2009 par Agnès Verdier-Molinié

Évaluation

Évaluation

Dossier : Parachutes dorés et retraites-chapeau

En ces temps de crise, plus que le montant des rémunérations ou même l’octroi de stock-options, ce sont les parachutes dorés et les retraites chapeau qui retiennent l’attention. Ces avantages que les mandataires dirigeants d’entreprises peuvent obtenir postérieurement à leurs fonctions suscitent l’indignation générale, un profil bas pour certains, l’interventionnisme pour d’autres. Le chef de l’Etat a demandé au MEDEF et à l’AFEP de rédiger un code de déontologie dont l’application est en réalité (...) Lire la suite

Évaluation est un mot ironiquement à la mode en 2009 mais pas pour de bonnes raisons.

Le 29 janvier dernier, les syndicats et leurs gros bataillons du secteur public défilaient dans la rue pour le pouvoir d’achat, certes, mais aussi pour demander que l’on stoppe la RGPP (Révision générale des politiques publiques), premier pas du Gouvernement vers une meilleure évaluation des politiques publiques devenue, selon nos syndicats du public, un « vaste chantier de démolition des services publics ». « En vérité, la RGPP n’existe qu’au nom du sacrosaint dogme du libéralisme qui veut toujours plus de liberté d’entreprendre, donc toujours moins d’intervention de la chose publique » nous disent les appels intersyndicaux à la grève générale.

Toujours en janvier, les enseignants du primaire refusent de faire passer à leurs élèves de CM2 des tests qui auraient pu être utilisés, selon eux, pour « une mise en concurrence des écoles » et … des maîtres, et qui « remettrait en cause un des fondements de l’école publique ».

Le 10 février 2009, enseignants-chercheurs et étudiants foulent aussi le pavé contre le projet de décret de la ministre de la Recherche, Valérie Pécresse, qui vise à faire évaluer les enseignants-chercheurs au niveau du président d’université. Ils préfèrent d’opaques procédures administratives qui reviennent à rémunérer les enseignants à l’ancienneté et non au mérite.

Déjà en octobre 2008, les syndicats publics, FSU pour la fonction publique d’État et SNUI-Sud-Trésor pour les impôts, s’étaient opposés à l’idée d’une prime au mérite arguant que « la logique du mérite individuel oppose les personnels entre eux » et qu’« une rémunération au mérite serait dangereuse et injuste ».

Refus de l’évaluation et de toute concurrence est devenu, sous couvert de défense du service public, un leitmotiv dans le secteur non marchand. Leurs personnels auraient-ils quelque sous-performance à cacher pour être aussi inquiets chaque fois que se profilent notations, primes au mérite, tests ou audits de leurs services ? Cela semble évident.

Raison de plus pour ne pas se laisser influencer par ces revendications anti-évaluation et évaluer de plus belle, afin que l’utilité de nos dépenses publiques soit clairement identifiable.





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