
Le 20 juin 2006, le Ministre de la santé a confirmé que « En juillet 2007, chaque Français aura son DMP comme prévu ». Le même jour dans la même salle, le fonctionnaire responsable du DMP a été plus prudent « Au printemps 2007 l’outil industriel DMP sera disponible mais cela ne veut pas dire que les 60 millions de Français auront leur DMP ». La constitution des dossiers se fera progressivement », sans qu’on sache à quel rythme. Comme l’iFRAP l’avait fait en 2003, de nombreux experts et responsables politiques sont allés à Londres enquêter sur leur DMP. Pourquoi le DMP anglais, parti deux ans avant le nôtre, ne sera-t-il opérationnel qu’en 2010-2012 ?
« Les deux projets n’ont rien à voir l’un avec l’autre » se défend le Ministère de la santé sans expliquer en quoi ils diffèrent. On le croit volontiers quand on regarde les coûts. En France, on aura dépensé pour le DMP au maximum 10 Millions € en 2005, 100 en 2006 et de 150 en 2007, soit 260 M € au total. Le Royaume-Uni a prévu un budget de 10 Milliards €, soit 40 fois plus.
Si on comprend bien, le DMP français de 2007 va consister en un ramassis de toutes les données informatiques qui existent ici ou là dans les cabinets médicaux, les hôpitaux et à la CNAM. Ces données sont largement incompatibles et ne seront pas organisées pour être facilement accessibles : le ministère a recensé 141 logiciels différents pour les seuls postes de travail des médecins libéraux et la situation est la même dans les hôpitaux. S’il faut que les médecins trient dans le Dossier Médical pour trouver ce qui pourrait éventuellement les intéresser, le DMP ne sera pas utilisé. Le temps moyen d’une consultation étant de 20 minutes, difficile d’en passer 15 à farfouiller dans un DMP livré en vrac.
Dans son discours sur la santé, Nicolas Sarkozy a recommandé de prendre le temps nécessaire, mais de réussir ce magnifique projet. C’est sans doute ce qu’exigeaient les 2 précédents directeurs du DMP qui ont quitté le navire…
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